Revue de presse Asie - 4 février 2016

Secrets chinois dévoilés, présidence birmane nommée en mars et meurtre raciste en Inde

Les forces japonaises d’autodéfense
Les forces japonaises d’autodéfense ont reçu l’ordre de détruire le missile nord-coréen s'il devait menacer la sécurité du Japon. Copie d'écran du Japan Times, le 4 février 2016.

Asie du Nord-Est

Chine : le frère d’un dirigeant disgracié réfugié aux Etats-Unis aurait révélé des secrets d’Etat

South China Morning Post – La situation de Ling Wancheng et ses révélations présumées doivent donner des sueurs froides aux dirigeants chinois, si l’on en croit le South China Morning Post. Le quotidien hongkongais reprend ce jeudi 4 février des informations parues sur le site The Washington Free Beacon. En effet, les services secrets américains connaîtraient aujourd’hui les secrets les mieux protégés de l’Empire du Milieu et de ses hauts dirigeants tels que les « procédures en cas d’attaques nucléaires », les plans des « principales installations tant militaires que politiques des membres du parti communiste chinois et notamment de la résidence de Zhongnanhai ».

Ses secrets seraient tellement précieux que selon les dires du journal américain – repris in extenso par leurs confrères hongkongais -, des agents des services secrets chinois agissant sous couverture sur le sol américain auraient tenté de capturer ou de tuer le déserteur. Ling Wangcheng aurait obtenu toutes ses informations par le biais de son frère Ling Jihua, ancien chef de la direction générale du Comité central du parti communiste chinois (PCC). Ce proche de l’ancien président Hu Jintao est aujourd’hui en détention dans le cadre du vaste mouvement de purge et de « lutte contre la corruption » lancé par Xi Jinping. Au moment de son arrestation et de sa mise en examen, son petit frère aurait alors fuit aux Etats-Unis avec en sa possession plus de 2 700 documents internes sensibles. Ces documents représenteraient « les informations les plus précieuses jamais obtenues par un transfuge chinois depuis ces trente dernières années ». Les portes-paroles des agences de renseignement américaines (FBI, CIA et Sécurité intérieure) ainsi que celui de la Maison Blanche se sont abstenus de tous commentaires sur la question.

Corée du Sud : Séoul promet de détruire le missile nord-coréen

The Korea Herald – La situation se tend inexorablement entre tous les pays voisins de la Corée du Nord au devant de l’annonce faite par Pyongyang de lancer un satellite d’observation qui cacherait en réalité le lancement d’un missile balistique intercontinental (ICBM) d’une portée de 13 000 km. Selon le Korea Herald, Séoul a ainsi réagit par la voix du porte-parole de son ministre de la Défense : « Nous renforçons actuellement notre défense aérienne et nous sommes prêts à intercepter tout missile ou tout débris qui tomberait sur le sol coréen. Nous prendrons toutes les mesures d’autodéfense appropriées selon l’éventail et l’entendue des possibles dommages ». De son côté, le ministre japonais de la Défense Gen Nakatani a ordonné aux troupes d’autodéfense nippone de « détruire tous les objets qui pourraient menacer de tomber sur le territoire national », selon des propos rapportés par le Japan Times

Japon : Sharp pourrait se faire racheter par le Taïwanais Foxconn

The Japan Times – Le groupe Sharp serait sur le point d’accepter l’offre de rachat du groupe taïwanais Foxconn (ou Hon Hai Precision Industry Co.), plutôt que celle d’un fonds étatique nippon, précise aujourd’hui le Japan Times. Depuis 2012, la firme, qui connaît en effet de sérieuses difficultés financières (voir notre article sur le sujet), semble ainsi sur le point d’accepter l’offre taïwanaise de rachat de 600 milliards de yens (près de 5 milliards de dollars), au détriment de l’offre d’Innovation Network Corporation of Japan de l’ordre de 300 milliards de yens.

Hong Kong : embauche de faux amoureux pour passer le Nouvel An chinois en famille

South China Morning Post – Alors que les festivité du Nouvel an chinois commencent (le réveillon est ce dimanche 7 février), les célibataires hongkongais ont trouvé une solution pour le moins originale afin de ne pas se voir harasser de question sur leur vie personnelle : l’embauche de faux compagnons. Ainsi, contre un salaire de 250 HK dollars l’heure (soit environ 28 euros), de nombreuses compagnies proposent ce service d’un nouveau genre. Pour autant, prévient le South China Morning Post, ce n’est pas un travail de rêve car les interdictions sont nombreuses et les attentes énormes. Ainsi, pour les nouveaux compagnons « les mains doivent impérativement rester dans leurs poches : aucun bisou ne sera toléré et aucune marque d’affection hors d’une accolade ». De même, les « horaires de travail ne sauraient être fixés à l’avance et il est préférable de savoir jouer au mah-jong et de tenir l’alcool ». Toutes les candidatures seront néanmoins examinées, précise Xania Wong cofondatrice de l’application Jobdoh qui propose le service ; d’autant que « de nombreuses personnes ont déjà fait acte de candidature ».

Le Partenariat transpacifique signé à Auckland, la Chine prend acte

Xinhua – Voici une placide réaction chinoise. La signature du Partenariat transpacifique, le fameux TPP, à Auckland ce jeudi entre 12 Etats emmenés par les Etats-Unis aurait pu déclencher l’ire de la Chine, qui en est exclue à dessein par Washington. Le TPP, qui doit encore être ratifié par les parlements de chaque pays signataire, regroupera aux côtés des Etats-Unis, dans une vaste zone de libre-échange en Asie-Pacifique, le Japon, le Vietnam, la Malaisie, Singapour, Bruneï, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, le Mexique, le Pérou et le Chili.

« Le TPP est un accord important, a réagi froidement le ministère chinois du commerce. La Chine l’étudie et le travail d’évaluation est en cours. Nous espérons que les divers accords de libre-échange en Asie-Pacifique se compléteront et contribueront de concert au commerce, à l’investissement et à la croissance économique ». Dans le même temps, Pékin est en train de mettre sur pied sa propre Zone de Libre-Echange de l’Asie-Pacifique (FTAAP). Sans les Américains, bien sûr.

Asie du Sud-Est

Birmanie : la nomination du président pas avant mars, selon Aung San Suu Kyi

Myanmar Times – Est-ce un repli stratégique ? La leader de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) a paru temporiser sur sa quête de la présidence birmane. Dans une conférence de presse rapportée par le Myanmar Times, Aung San Suu Kyi a annoncé que les nominations du président et du vice-président pourraient intervenir seulement le mois prochain : « La deadline est pour mars, donc ne soyez pas impatients. Nous vous informerons en temps voulu. » Après la victoire écrasante de son parti aux législatives de novembre, la « Dame de Rangoun » doit convaincre les militaires (qui détiennent toujours 25% des sièges au parlement) de réformer la constitution du pays. Cette dernière empêche toujours la nomination d’un ou d’une présidente dont l’époux ou les enfants ont un passeport étranger ; ce qui est le cas d’Aung San Suu Kyi.

Thaïlande : la junte accentue sa pression sur les médias étrangers

Bangkok Post – Le régime de Prayuth Chan-ocha continue de se durcir. Et cela passe par la gestion de son image internationale : la presse étrangère est dans le collimateur avec de plus en plus de journalistes dont le permis de travail n’est pas renouvelé. C’est l’inquiétude soulevée ce jeudi par le Foreign Correspondents Club, après le non renouvellement de visa d’un dessinateur de presse français – l’information est tombée hier. Depuis longtemps installé à Bangkok, Stéphane Peray, plus connu sous le nom de « Stephff », travaillait notamment pour le journal local The Nation. Il était connu pour ses cartoons critiques du gouvernement depuis le coup d’Etat de mai 2014.

Hier mercredi, selon, le site Khaosod English, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a fait savoir que son visa n’avait pas été renouvelé pour des raisons « administratives » et non « politiques » : Stéphane Peray aurait fourni un dossier « partiel », avec seulement des dessins parus dans la presse étrangère.

L’Indonésie réaffirme son soutien à l’indépendance de la Palestine

The Jakarta Post – Joko Widodo veut une place pour son pays dans le conflit israélo-palestinien. Le président indonésien n’a pas seulement réaffirmé son soutien à une Palestine indépendante. Pour affermir son rôle, il propose d’accueillir à Jakarta le prochain sommet de l’Organisation de Coopération islamique (OIC), qui avec 57 Etats-membres sur 4 continents, se veut le porte-voix du monde musulman. « Le sommet devait initialement se tenir au Maroc mais le pays a dit ne pas être prêt, a déclaré « Jokowi ». J’ai donc demandé à notre ministre des Affaires étrangères d’exprimer la disponibilité de l’Indonésie pour accueillir ce sommet. »

Asie du Sud

Inde : le scandale s’amplifie autour du crime raciste près de Bangalore

Firstpost – C’était dimanche soir, mais l’affaire est loin d’être étouffée. La mort d’une jeune femme tanzanienne et deux voitures brûlées dans une attaque raciste caractérisée à Hessarghatta, une banlieue de Bangalore, fait tâche. D’autant que la plainte n’avait pas été enregistrée par la police de prime abord – ce qui n’est pas une première, souligne le site indien Firstpost. Dans les affaires d’agressions racistes, les policiers indiens espèrent souvent noyer le poisson. Sauf que l’affaire tombe extrêmement mal pour le ministre-en-chef de l’Etat indien du Karnataka, dont Bangalore est la capitale. En effet, ce dernier a récemment dépensé beaucoup d’argent pour prouver que le Karnataka était une terre accueillante pour les investisseurs du monde entier.

Pakistan : la grève à la compagnie arienne PIA se poursuit et coûte très cher

Dawn – 1,8 milliards de roupies, soit 23 millions d’euros. C’est le montant des pertes de la Pakistan International Airlines (PIA) alors que la grève des employés de la compagnie contre le plan gouvernemental de privatisation se poursuit pour la 3ème journée d’affilée. Ce mardi 2 février, les manifestations à l’extérieur de l’aéroport de Karachi ont viré à l’affrontement sanglant avec la mort de deux salariés de PIA. « Ce jour-là, nous avons perdu 1 milliard de roupies », a compté le porte-parole de la compagnie, Danyal Gilani, à l’occasion d’une conférence de presse.

Le Sri Lanka célèbre son indépendance avec l’hymne national en tamoul

The Indian Express – C’est un geste fort du président sri-lankais pour la réconciliation. A l’occasion du 68ème anniversaire de l’indépendance du pays, le gouvernement a levé l’interdiction officieuse d’interpréter l’hymne national en langue tamoule. Ce jeudi, l’hymne a donc été chanté en cingalais et en tamoul, malgré le boycott de l’opposition. Un coup symbolique fort pour le président Sirinisa, qui depuis son élection en 2015 veut réintégrer les Tamouls dans la société sri-lankaise, après 26 ans de guerre civile. Le conflit entre le gouvernement de l’ex-président Rajapaksa (qui n’a pas été invité aujourd’hui) et les Tigres de Libération de l’Îlam Tamoul avait fait 100 000 morts.
Par Joris Zylberman et Antoine Richard, avec Anda Djoehana Wiradikarta à Paris