Revue de presse Asie - 1er février 2016

Parlements historiques à Taïwan et en Birmanie, Banque centrale chinoise et virus Zika en Inde

En Birmanie, le premier parlement presque entièrement élu démocratiquement a fait sa rentrée aujourd'hui.
En Birmanie, le premier parlement presque entièrement élu démocratiquement a fait sa rentrée aujourd'hui. Aung San Suu Kyi, chef du parti majoritaire (Ligue nationale pour la Démocratie), est assise au premier rang. Copie d'écran de The Straits Times, le 1er février 2016.

Asie du Nord-Est

Chine : mais où est le chef de la Banque centrale ?

South China Morning Post – C’est la question que se pose le South China Morning Post : où est passé Zhou Xiaochuan, chef de la Banque centrale chinoise depuis 14 ans ? Habitué des plateaux télévisés, des conférences et des forums internationaux, cela fait maintenant plusieurs mois qu’il a disparu des écrans radars. Alors que la baisse du yuan inquiète les marchés, Zhou serait pourtant l’officiel le mieux à même « d’expliquer la politique monétaire de Pékin à un auditoire international ». Le quotidien hongkongais avance deux explications à son silence, qui serait dû soit à des « changements dans le processus chinois de décision politique », soit à « la volonté de la Banque centrale de contrôler les marchés ».

Japon : les survivants de Fukushima toujours hantés par les souvenirs

The Japan Times – Près de cinq ans après le 11 mars 2011, les souvenirs du tsunami japonais sont encore vifs. C’est ce que révèle une enquête menée par Kyodo News auprès de 300 habitants des préfectures littorales d’Iwate, Miyagi et Fukushima, dont les résultats ont été publiés dimanche. Parmi eux, 72,6% sont encore sous le choc et repensent « fréquemment » ou « parfois » à la tragédie. Certains souffrent d’insomnie ; d’autres, de culpabilité d’avoir survécu.

Taïwan : pour la première fois, le DPP prend officiellement le contrôle du parlement

Channel News Asia – Une alternance historique. Pour la première fois depuis 1949, date du repli de la République de Chine à Taïwan, le Parlement n’est officiellement plus dominé par le Kuomintang (KMT), parti nationaliste chinois. Les 113 députés élus le 16 janvier dernier ont en effet prêté serment aujourd’hui – parmi eux, 68 sont issus du Parti démocrate progressiste (DPP). Autre grande première, la nouveau président du Yuan législatif est, lui aussi, un élue du DPP : Su Chia-chuan remplace Wang Jin-pyng (KMT), qui occupait le perchoir depuis 17 ans. Parallèlement, un nouveau gouvernement est entré en fonction après la démission massive de ses membres au soir de l’élection.

Mer de Chine du Sud : les Etats-Unis accusés par Pékin de « remettre en cause l’ordre international »

The Straits Times – Démonstrations de puissance et messages d’alerte se succèdent en mer de Chine du Sud. Ce samedi, c’était au tour des Etats-Unis : au nom de la liberté de navigation, un destroyer lance-missiles américain a pénétré dans les eaux situées à moins de 12 miles marins de l’île Zhongjian, dans les Paracels – un archipel que Pékin occupe entièrement et sur lequel il revendique sa souveraineté (comme Taïwan et le Vietnam). La Chine a alors accusé les Etats-Unis de violer le droit chinois et le droit international. Une patrouille similaire avait été organisée par Washington il y a plus de trois mois dans les îles Spratleys et avait également suscité l’indignation de Pékin (voir nos revues de presse des 28 et 29 octobre 2015).

Asie du Sud-Est

Birmanie : premier parlement démocratiquement élu en 50 ans, Aung San Suu Kyi briguerait toujours la présidence

Channel News Asia – En Birmanie aussi, c’est au Parlement que s’écrit aujourd’hui l’histoire du pays. Pour la première fois depuis 50 ans, une majorité de parlementaires démocratiquement élus font leur entrée dans les deux chambres. Parmi les sièges soumis au suffrage universel en novembre 2015, 80% ont été remportés par la Ligue nationale pour la Démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi. Beaucoup des parlementaires qui les occupent sont néanmoins des « novices inexpérimentés », note Channel News Asia. La grande inconnue reste l’élection du président par le Parlement : Aung San Suu Kyi, que la Constitution empêche d’occuper le poste, n’aurait néanmoins pas renoncé à briguer la magistrature suprême… The Irrawaddy rapporte que la Prix Nobel de la Paix, en quête d’une révision constitutionnelle, aurait évoqué le sujet ce week-end avec le chef des armées. Il lui en effet impossible de composer sans les militaires, qui occupent encore 25% des sièges au Parlement.

Indonésie : plusieurs organes anti-corruption sont nécessaires dans le pays

Jakarta Globe – Alors que le gouvernement indonésien étudie la possibilité de limiter à une seule le nombre d’agences anti-corruption dans le pays, les ONG et les analystes tirent la sonnette d’alarme. Sous couvert d’efficacité, cette proposition encombrerait en fait la Commission pour l’Eradication de la Corruption (KPK), qui manque de personnel et ne pourrait à elle seule traiter l’ensemble des affaires du pays. Les opposants au projet souhaiteraient mettre l’accent sur le fonctionnement des agences existantes, de façon à les rendre plus efficaces.

Malaisie : la Suisse met à jour des transferts frauduleux impliquant le fonds 1MDB

The Malaysian Insider – Le fonds d’investissements malaisien 1MDB encore dans la tourmente. Ce week-end, le procureur général suisse a déclaré détenir des « preuves flagrantes » de « transactions illégales » et de « méfaits » impliquant des entreprises d’Etat malaisiennes et 1MDB – le tout estimé à environ 4 milliards de dollars : « Nous avons mis à jour des éléments révélant des transferts de fonds suspects impliquant 1MDB via des institutions financières suisses, a-t-il déclaré, et nous pensons qu’il est très important de les partager avec les autorités malaisiennes. » Ces dernières se sont déclarées prêtes à coopérer.

Thaïlande : les spectacles de Dieudonné annulés

Khaosod – Dieudonné déclaré indésirable en Thaïlande, selon le site Khaosod. Sous pression du ministère thaïlandais des Affaires étrangères qui répondait à une demande des ambassades d’Israël et de France à Bangkok, un club de l’île de Phuket, dans le sud de la Thaïlande, a annulé deux shows prévus fin janvier avec le comédien Dieudonné M’bala M’bala. La veille de l’annulation, le club avait été visité par la police. Sautant son escale thaïlandaise, le comédien est parti directement à Hong Kong, ou il a été détenu pendant quinze heures à son arrivée.

Asie du Sud

L’Ouest indien vulnérable au virus Zika

The Times of India – Faut-il craindre une épidémie de virus Zika en Inde ? Les régions littorales à l’ouest du pays constitueraient un terreau favorable à son expansion, relève le Times of India. En cause : les carences de l’hygiène publique et le manque de réaction gouvernementale – pas de centre de dépistage, pas de contrôle dans des aéroports, pas de plan d’action en cas d’épidémie. D’autant plus que bon nombre d’Indiens voyagent en Amérique du Sud, zone la plus touchée par le virus. Ce ne serait donc qu’une question de temps avant que le pays ne soit touché. Un médecin cité par le quotidien déclare ainsi que de nombreux citoyens de retour d’Amérique du Sud signalent des poussées de fièvre, dont il n’est « pas encore possible de déterminer les causes »

Attaques de Pathankot : le Pakistan demande plus de preuves à l’Inde

The Indian Express – Les résultats de l’enquête seront bientôt publiés – mais en attendant, le gouvernement pakistanais demande au ministère indien des Affaires étrangères d’apporter des éléments supplémentaires sur l’attaque de Pathankot (Inde), survenue le 2 janvier. Les cinq numéros de téléphone fournis par New Delhi ont été étudiés par Islamabad, sans succès : censés avoir servi à passer des appels du Pakistan à l’Inde dans le cadre des attentats, ils étaient enregistrés sous de « fausses identités ». La source pakistanaise interrogée par le quotidien Dawn et reprise par The Indian Express s’est ainsi refusée de commenter la potentielle responsabilité du groupe islamiste armé Jaish-e-Mohammed, préférant attendre les conclusions de l’enquête bilatérale.

Sri Lanka : arrestation du fils de l’ancien président

The Straits Times – C’est le deuxième membre de la famille de l’ancien président sri-lankais Mahinda Rajapaksa à être arrêté sous la nouvelle équipe dirigeante. Son fils, Yoshitha Rajapaksa, a été interpellé hier dimanche pour blanchiment d’argent. Il sera détenu pendant au moins 14 jours à Colombo, la capitale. Ses deux frères font également l’objet d’enquêtes pour corruption. Cela faisait plusieurs semaines que l’opinion publique sri-lankaise accusait le nouveau gouvernement de volontairement « traîner des pieds » sur ces dossiers, indique The Straits Times.
Par Joris Zylberman et Alexandre Gandil, avec Arnaud Dubus à Bangkok et Clea Chakraverty à Paris