Revue de presse matières premières - 7 janvier

Chute des prix du pétrole, bauxite en Malaisie et riz indonésien

Charbon exploité par Bhpbilliton en Australie.
Charbon exploité par Bhpbilliton en Australie. Copie d'écran de Indo Asian Commodities, le 6 janvier 2016.

ENERGIE

Chine : la turbulence des marchés fait s’effondrer les prix du pétrole

Reuters – Les prix du pétrole ont dégringolé ce jeudi de plus de 5% à un niveau que l’on n’avait pas connu depuis le début des années 2000. En cause, le yuan en perte de vitesse et la deuxième suspension de séance de la semaine des bourses chinoises, qui ont plongé les places asiatiques dans la tourmente. Selon les analystes, le bras de fer actuel entre l’Arabie saoudite et l’Iran a également été baissier pour les marchés du brut.

Le charbon a encore de l’avenir selon l’AIE

Indo Asian Commodities – L’AIE, l’Agence Internationale de l’Energie, a revu à la baisse ses projections sur cinq ans concernant la demande globale de charbon, après dix ans de forte croissance, mais prévoit toujours une hausse malgré la chute des prix et le ralentissement en Chine. « Avec une réduction voire un déclin de la consommation chinoise sur les cinq prochaines années, la croissance de la demande sera soutenue essentiellement par d’autres pays asiatiques comme l’Inde et les membres de l’Asean », estiment les experts de l’AIE dans leur rapport. Selon ce rapport, le charbon va conserver un rôle significatif dans le mix énergétique, même si la tendance mondiale est à la réduction des gaz à effet de serre. Plus de 41% de l’électricité provient actuellement du charbon. Une part qui d’après l’AIE se maintiendra à 37% d’ici 2020.

La Russie reprend le « grand jeu » de l’énergie en Asie centrale

Asia Times – Le 4 janvier dernier, Gazprom a signifié à TurkmenGaz sa décision d’interrompre les importations de gaz turkmène. Motif invoqué par les Russes : la situation volatile sur le marché international du gaz ainsi que des raisons financières. Simultanément, Gazprom a annoncé son intention d’accroître les importations de gaz en provenance d’un autre fournisseur en Asie centrale, l’Ouzbékistan. Une posture globale qui consiste à renforcer la pression sur Ashgabat, principal concurrent de Moscou dans le « grand jeu » des gazoducs en Asie centrale.

METAUX

La Malaisie suspend sa production de bauxite

Reuters – Le gouvernement de Kuala Lumpur suspend l’exploitation minière du bauxite pour une durée de trois mois à compter du 15 janvier. Une décision justifiée par des motifs environnementaux et qui pourrait mettre à mal les réserves chinoises de l’ingrédient de fabrication de l’aluminium. Ces deux dernières années, l’exploitation du bauxite par la Malaisie n’a eu de cesse d’augmenter, soutenue par la forte demande de la Chine qui est le premier producteur mondial d’aluminium. L’absence d’une réglementation précise a suscité de vives protestations en Malaisie, face au désastre environnemental provoqué par l’exploitation intensive du bauxite, dont de sérieux problèmes de contamination des eaux.

L’Indonésie envisage de réviser ses règles sur l’exportation de concentrés de métaux

Bloomberg – L’Indonésie pourrait assouplir ses règles concernant l’exportation de concentrés de métaux, suite à l’effondrement des prix des métaux, tout en maintenant une interdiction sur les expéditions de minerai brut. Jakarta a interdit en janvier 2014 pour une durée de trois ans l’exportation de minerai brut dont le nickel et le bauxite. Depuis lors, les métaux de base ont plongé dans la foulée du ralentissement chinois. Selon un expert cité par le Financial Times, « il était inévitable que la limite de 2017 sur l’exportation du minerai brut soit annulée et la question la plus intéressante est désormais de savoir si le gouvernement indonésien remettra également en cause l’interdiction actuelle d’exportation des minéraux métalliques, notamment le bauxite et le nickel ».

Transports de métaux : un groupe chinois prend le contrôle de Henry Bath

Financial Times – China Materials Storage and Transportation Development Company (CMSTD), société de logistique qui appartient à l’Etat chinois, va débourser plus de 60 millions de dollars pour acquérir 51% du capital du britannique Henry Bath, l’un des leaders mondiaux du stockage et du transport de métaux. La Chine ne possède pas d’entrepôts de stockage certifiés par le London Metal Exchange, dont Henry Bath est un membre fondateur. En 2012, le LME a été racheté par Hong Kong Exchanges and Clearing, la holding de la Bourse de Hong Kong. Si la Chine est le plus gros consommateur mondial de la plupart des matières premières, et a fait progresser ses marchés domestiques concernant le commerce du minerai de fer ou de l’aluminium, ses entrepôts continuent de susciter la vigilance.

AGRICULTURE

Le riz indonésien est le plus cher de l’Asean

Tempo – Le prix du riz indonésien est le plus élevé au sein des membres de l’Asean. C’est ce qu’affirme le responsable de l’approvisionnement de Perum Bulog, l’agence de gestion logistique indonésienne chargée de la réglementation du commerce des produits alimentaires. Une situation qu’il estime pénalisante pour l’Indonésie, dans le cadre du marché commun de l’Asean mis en place depuis le 31 décembre. En outre, le gouvernement de Jakarta paye déjà les subventions les plus élevées dans le secteur du riz à travers toute l’Asie du Sud-Est.

Les marchés des matières premières redoutent l’arrivée de La Niña

Financial Times – Le phénomène climatique El Niño le plus perturbateur en presque vingt ans, auquel on peut imputer la sécheresse en Asie, pourrait se transformer en un phénomène climatique inverse de refroidissement dès la seconde moitié de 2016 avec La Niña, selon le bureau australien de météorologie. Conséquence directe, de très fortes pluies sont à prévoir en Thaïlande, Indonésie et Nouvelle-Guinée. Outre la volatilité qui devrait frapper les marchés agricoles de ces pays, les secteurs du caoutchouc, du charbon et de l’étain pourraient aussi être affectés.

L’Inde autorise l’importation sans taxes de 5 millions de tonnes de maïs

Economic Times – La production de maïs en Inde étant appelée à chuter pour la deuxième année consécutive à cause de la sécheresse, le gouvernement a autorisé la société d’Etat PEC à importer 5 millions de tonnes de maïs sans taxe, afin de répondre à la demande de l’industrie de l’amidon et de la volaille. Les dernières importations de maïs en Inde remontent à 1991. Le pays étant habituellement un gros exportateur de maïs en Asie du Sud-Est, la chute annoncée de sa production affectera le volume global de ses exportations.

Par Nicolas Sanders