Revue de Presse Asie – 5 octobre 2015

Corruption à Hong Kong, cessez-le-feu birman et blocage indien au Népal

Donald Tsang, ex-chef de l’exécutif hongkongais (2005-2012), doit répondre d’accusations de corruption. Copie d’écran du South China Morning Post, le 5 octobre 2015.
Donald Tsang, ex-chef de l’exécutif hongkongais (2005-2012), doit répondre d’accusations de corruption. Copie d’écran du South China Morning Post, le 5 octobre 2015.

ASIE DU NORD-EST

Hong Kong : soupçonné de corruption, l’ancien chef de l’exécutif libéré sous caution

South China Morning Post – Il s’est présenté « la conscience tranquille » devant la Cour. Donald Tsang, ancien chef de l’exécutif de Hong Kong entre 2005 et 2012, devait répondre de deux accusations de corruption : la location d’un appartement à tarif préférentiel à Shenzhen auprès d’un magnat chinois des médias qui cherchait à obtenir une licence d’exploitation à Hongkong, et l’octroi d’un titre honorifique à l’architecte d’intérieur qui aurait dû s’occuper de la décoration de l’appartement. Le South China Morning Post propose une rétrospective de l’audience qui s’est conclue par la libération sous caution de Donald Tsang. Il devra néanmoins se présenter à nouveau devant la Cour le 13 novembre prochain.

Corée : Pyongyang libère un étudiant sud-coréen

The Korea Herald – La Corée du Nord continue de souffler le chaud et le froid. Le régime de Pyongyang a indiqué qu’il libèrerait aujourd’hui un étudiant sud-coréen de l’Université de New York, accusé d’avoir traversé illégalement la frontière sino-nord-coréenne en avril. Cette annonce devrait apaiser les relations intercoréennes, en dents de scie depuis quelques mois. Les tensions liées aux échanges de tirs du mois d’août s’étaient calmées après des négociations et la reprise des rencontres entre familles séparées par la guerre de Corée (1950-1953). Des tensions ravivées avec l’annonce par Pyongyang d’un nouvel essai nucléaire, en vue des 70 ans du Parti des Travailleurs de Corée…

Japon : le numéro de sécurité sociale envoyé par mail, crainte du piratage des données personnelles

The Japan Times avec Kyodo – C’est une loi controversée qui entre en vigueur aujourd’hui au Japon. “My Number law” vise à identifier chaque citoyen nippon avec un numéro à 12 chiffres, ce qui doit permettre de regrouper toutes les informations détenues sur lui par les administrations centrales et locales (impôts, sécurité sociale, dommages et intérêts, etc.) – et donc « d’optimiser l’efficacité administrative » du pays. Mais certains craignent que des informations personnelles ne puissent être piratées et divulguées plus facilement avec un tel système.

Taïwan : la candidature de Hung Hsiu-Chu (KMT) encore et toujours remise en question

Taipei Times – Une chose est sûre : Hung Hsiu-Chu, la candidate investie par le KMT, le parti au pouvoir, pour l’élection présidentielle de janvier 2016, est loin de faire l’unanimité. Largement distancée par Tsai Ing-wen la candidate du parti d’opposition dans les sondages, ses chances de victoire paraissent bien maigres, ce qui inquiète les pontes du KMT. Ainsi l’un des membres de son comité permanent, Chiang Shuo-ping, a-t-il proposé d’organiser un congrès afin de déterminer si Hung Hsiu-chu doit être maintenue en tant que candidate… à trois mois des élections. « Ce n’est pas parce qu’elle est mauvaise, explique-t-il. On peut simplement dire qu’elle manque de charisme pour s’attirer un maximum de voix, contrairement à Ma Ying-jeou », l’actuel président. A cela, Hung Hsiu-chu a simplement répliqué qu’elle respectait « la liberté d’expression » de Chiang.

ASIE DU SUD-EST

Birmanie : un accord national de cessez-le-feu sous 10 jours

Myanmar Times – Véritable avancée ou fausse victoire ? Le Myanmar Times reste à moitié convaincu par la signature d’un accord national de cessez-le-feu le 15 octobre entre le gouvernement central de Naypyidaw et 8 groupes ethniques, sur les 15 initialement en négociation. Les groupes signataires, note le quotidien birman, se concentrent autour de la frontière thaïlandaise ; ceux du Nord-Est, à la frontière avec la Chine, ont préféré se retirer du processus. Néanmoins, le représentant du gouvernement central a indiqué que « la porte restait ouverte » et que leur refus n’entraînerait pas d’attaque par l’armée régulière. Le président Thein Sein, à la tête du gouvernement civil depuis 2011, s’était engagé à obtenir un accord multilatéral de cessez-le-feu avec l’ensemble des groupes ethniques avant les élections de novembre. L’accord a minima qui sera finalement signé la semaine prochaine ne devrait donc pas jouer en la faveur de son parti, continue d’analyser le Myanmar Times : il s’agit d’une promesse à demi tenue. A lire, notre dossier en cartes : « Birmanie : l’unité impossible ? »

Thaïlande : le poseur de bombe du port dans le viseur de la police

Bangkok Post – L’explosion avait eu lieu quelques heures après celles du sanctuaire Erewan (le 17 août), mais n’avait fait aucun blessé. La police est sur les traces du poseur de bombe du port de Sathon, à Bangkok. Identifié comme Zubair Abdullah, « l’homme au t-shirt bleu » aurait fui vers la Malaisie. C’est en tout cas ce qu’ont indiqué les passeurs détenus dans le pays, qui ont affirmé le connaître. Ce n’est pas la première fois que Bangkok se tourne vers Kuala Lumpur dans le cadre de l’enquête : mi-septembre, 3 suspects avaient déjà été arrêtés en Malaisie (voir notre revue de presse du 14 septembre).

Indonésie : la police appelée à libérer des femmes « accusées d’être lesbiennes »

The Jakarta Post – Elles s’étaient enlacées en public le 28 septembre. Deux jeunes femmes de 18 et 19 ans ont été arrêtées dans la foulée par la police de la charia, à Banda Aceh (au nord de Sumatra) : elles sont soupçonnées d’être lesbiennes. Une affaire dont s’est emparée Human Rights Watch. L’ONG souligne que la décision de la police locale est « contraire aux droits de non-discrimination et aux libertés individuelles consacrées par la constitution indonésienne et par le droit international ». Une position que réfute le chef du Conseil législatif de la province d’Aceh, selon lequel « les règlementations locales ont été débattues et il n’existe aucune contradiction avec la loi nationale ». Les deux jeunes femmes risquent jusqu’à 100 coups de fouet et plus de 9 ans de prison.

ASIE DU SUD

Inde : critique du système éducatif

Scroll.in – Le site indien d’information Scroll.in propose une analyse critique du système éductatif du pays. Depuis l’indépendance de l’Inde, l’éducation est progressivement passée des mains des « pédagogues » à celles des « politiciens, des bureaucrates et des institutions religieuses et culturelles ». Cela empêche à l’éducation de remplir son rôle premier, qui est d’apprendre aux individus à penser par eux-mêmes de façon « logique, analytique, personnelle voire créative ». Sans parler des faibles budgets alloués au secteur.

Népal – Inde : reprise progressive des échanges

Kathmandu Post – Retournement de situation en Asie du Sud. L’Inde, qui affirmait n’avoir jamais ordonné le « blocage » en approvisionnement vers le Népal suite au vote de la nouvelle constitution, a pourtant déclaré qu’elle allait de nouveau autoriser les exportations vers le pays… La rupture des échanges commerciaux a été catastrophique pour Katmandou. Il faut désormais faire la queue pendant deux jours pour obtenir de l’essence à la pompe, et les prix des taxis ont triplé. Le Népal paie ainsi le prix de son ultra-dépendance : les 2/3 des produits qu’il consomme proviennent d’Inde. En fait, New Delhi aurait décidé d’employer le levier commercial pour faire céder son voisin, dont la nouvelle constitution votée la semaine dernière n’accorderait pas assez de place à la minorité des plaines frontalières avec l’Inde.
Mais malgré l’annonce du gouvernement indien, la situation reste confuse sur le terrain. Dans un second article, le Kathmandu Post note que l’entreprise Indian Oil Company a refusé de remplir entièrement les pétroliers népalais venus se faire ravitailler ce week-end, à la frontière. Les autorités centrales ne lui auraient pas encore donné le feu vert.

ASIE CENTRALE

Ouzbékistan : la femme la plus âgée au monde est (peut-être) ouzbèke

Radio Free Europe – Elle aurait 119 ans. Radio Free Europe publie un petit reportage vidéo sur Momojon Romanova, une Ouzbèke dont les papiers d’identité font remonter la naissance en 1896. Une date qui reste à vérifier, puisque les archives de son pays de naissance, le Khanat de Khorezm, sont indisponibles. Si cela est prouvé, Momojon Romanova serait donc la femme la plus âgée du monde, battant le record de l’Américaine Susannah Mushatt Jones (née en 1899).

La rédaction d’Asialyst