Société
Les noix de la colère

L'héritière de la Korean Air est sortie de prison

Capture d’écran de Yonhap News le 22 mai 2015.
Cho Hyun-ah a droit à une deuxième chance, même si elle a eu recours à la violence contre des membres de l’équipage. Les propos sont du juge numéro 1 de la Cour d’appel de Séoul, qui a donc décidé d’acquitter partiellement ce vendredi l’ancienne vice-présidente de la compagnie aérienne Korean Air (KAL). Le juge a noté également un « changement interne » depuis que Mme Cho, 40 ans, a commencé à purger sa peine, le fait qu’elle n’a pas de casier judicaire, qu’elle a démissionné de son poste à la tête de la compagnie et qu’elle est mère de jumeaux de 2 ans, rapporte l’Agence Associated Press

Condamné en première instance à un an de prison ferme pour avoir enfreint les règles de sécurité et modifier le plan de vol d’un Boeing en partance de New-York et à destination de Séoul, l’héritière de Korean Air voit sa peine réduite à 10 mois d’emprisonnement avec sursis. Les faits survenus le 5 décembre dernier ont fait le tour du monde. Un appareil de la compagnie nationale coréenne est au roulage sur le tarmac de l’aéroport JF Kennedy de New-York. En première classe, Mme Cho trouve son apéritif mal servi. Des noix de macadamia lui sont proposées dans leur sachet et non dans un bol. Mme Cho se fâche et demande au chef de cabine de s’excuser à genou, avant, selon ce dernier, de le frapper avec le manuel de bord. Elle exige surtout un retour de l’appareil à la porte d’embarquement pour débarquer une partie du personnel de bord, rappelle l’agence Yonhap.

Ce gros caprice à 40 ans de la fille du patron de la Korean Air, a profondément choqué l’opinion coréenne déjà remontée contre les « fils et les filles de » dirigeants de chaebols, les conglomérats sud-coréens. L’appareil était en train de rouler, le tribunal de première instance avait donc considéré que l’appareil était « en vol » et que le plan de vol avait été modifié. Mais pour la Cour d’appel, le retour de l’avion au parking « ne constitue pas un changement » du plan de vol et « la prévenue n’avait pas l’intention de saper la sécurité de l’avion ». Tête baissée, habillée d’un long manteau noir à la sortie du tribunal, Mme Cho s’est frayée un chemin au milieu d’une forêt de caméras et de micros, sans dire un mot.

Par la rédaction d’Asialyst