Dans son dernier livre « Surveiller et punir en Chine, Laogai et technosurveillance de 1946 à nos jours » aux éditions La Découverte, le sinologue français Jean-Philippe Béja nous donne à réaliser à quel point la technologie permet aux autorités chinoise de renforcer encore l’omniprésence de la surveillance de la population. « Les camps n’ont pas disparu à la mort de Mao Zedong », souligne-t-il. « Après l’arrivée de Xi Jinping en 2012, le Laogai [camp de réforme par le travail], est utilisé au Xinjiang pour faire des Ouïghours des « citoyens modèles ». Adossé à un dispositif de technosurveillance de grande ampleur, il reste un instrument essentiel du Parti depuis quatre-vingts ans. »