Chronique indienne
Voyage vers le monastère de Lamayuru au Ladakh en moto Enfield
Nous ne savions pas, en partant pour le Ladakh, que nous irions jusqu’à Lamayuru.
Nous avions formulé le projet d’aller de Delhi à Leh, capitale du Ladakh, à moto, avec la fameuse Royal Enfield – modèle Bullet de 500 CC – qui équipe l’armée Indienne. Celle qui permit naguère au Père Ceyrac de relier durant des années les collèges Jésuites dont il avait la charge.
Nous avions formulé le projet d’aller de Delhi à Leh, capitale du Ladakh, à moto, avec la fameuse Royal Enfield – modèle Bullet de 500 CC – qui équipe l’armée Indienne. Celle qui permit naguère au Père Ceyrac de relier durant des années les collèges Jésuites dont il avait la charge.
Je me lance dans l’aventure avec Guillaume, un ami de trente ans – consultant émérite, motard aguerri, aventurier sans frontière. Guillaume est pressé, il n’a que quinze jours à consacrer à ce voyage à moto, dont mes amis Indiens m’ont dit qu’il est difficile : « Le Ladakh à moto, c’est compliqué. Dix heures de moto par jour pendant trois semaines. Plusieurs cols à près de 5000 mètres, des lacets et des virages vertigineux – à ne pas rater si on veut éviter de conclure trop vite son karma. Des surfaces de toutes sortes – terre, cailloux, sable, bitume, nids de poule, torrents à traverser. Des éboulis qui coupent la route, il faut alors attendre que l’armée Indienne vienne déblayer. Et puis il faut s’acclimater à l’altitude, les migraines sont fréquentes les premiers jours. Certains n’y résistent pas et doivent renoncer. Les motos aussi toussent et doivent être réglées pour l’altitude. »
Prudent, je propose que nous disposions d’une logistique solide. Nous négocions avec Mister Nanna – organisateur retors de randonnées en Enfield – une jeep Mahindra qui nous suivra partout avec notre équipement : tente et matériels de bivouac, réserves de nourriture et ustensiles de cuisine. Avec un chauffeur et un jeune mécanicien, Sanjey. Au moment de quitter notre appartement de Mayur Vihar, nous réalisons qu’il y a un invité à bord de la Jeep. Un petit homme au visage de montagnard et aux yeux bridés – « He is the cook ! » nous dit Mister Nanna. « Same price – no worry » ajoute-t-il. Nous sentons l’embrouille – mais pressés de partir acceptons la nouvelle recrue sans trop discuter.
Quittant allègrement le centre de Delhi, nous passons le Red Fort et laissons les Civil Lines sur notre gauche. Pensant bien faire je fonce tout droit, me trompe de route et bien sûr, nous perdons la jeep. Tout rentre dans l’ordre au bout de quelques heures, nous retrouvons la jeep sous un des ces fly-over – échangeurs urbains si laids, jamais finis, qui servent de toit aux mendiants de la grande ville.
Pluies diluviennes dans la plaine du Gange
C’est alors que les premières pluies de mousson commencent à nous arroser. Nous conduirons trois jours, de Delhi à Manali via Chandigarh et Simla, plus de 500 kilomètres sous une pluie incessante. Au début c’est amusant – ça rafraîchit, la route indienne se transforme en vaste piscine, on s’asperge comme des gamins. Au bout de quelques heures, c’est moins drôle, on ne voit rien derrière les camions Tata qui vous éclaboussent avec entrain. Il faut bien les doubler, ce qui est assez délicat. Le deuxième jour est pire. Nous arriverons à Simla sous un déluge de pluie après dix heures de route. Affalés enfin dans notre chambre d’hôtel, nous demandons des radiateurs électriques pour sécher nos vêtements transformés en éponges. Trempés jusqu’aux os, nous nous interrogeons sur la suite du voyage. Guillaume est furieux et veut laisser tomber.
Nous décidons finalement de nous reposer une journée à Manali, de préparer les motos pour l’altitude et d’aller au moins jusqu’au Rohtang la – le premier col qui ouvre la porte du Ladakh à près de 4.000 mètres d’altitude – le grand passage que nous devinons là haut au dessus de nous.
Les hauts plateaux du Ladakh
Le départ vers le Rohtang – à 7h00 du matin sous des nuages menaçants – est beaucoup plus tendu que celui de Delhi. Nous allons découvrir les premiers lacets de montagne – la première ascension vers 4 000 mètres et peut-être les fameux maux de tête.
Cette première ascension s’avère somptueuse. Nous traversons toutes les couches de la montagne – des pentes cultivées aux forêts d’épineux puis aux alpages et à l’univers minéral de la haute montagne. Le trafic – des camions Tata, des convois militaires et des jeeps – est conséquent mais pas trop lourd. Nous apprenons à doubler au bon moment, évitant le côté du vide, coupant si possible dans un virage, sans oublier de klaxonner bien fort. La pente dépasse souvent les 10%. On monte à moto comme dans un ballet rythmé par un tempo lent, celui des virages où l’on penche de gauche à droite – de droite à gauche, entre deux accélérations et freinages.
Au-dessus de nous le ciel est brumeux, on aperçoit quelques aigles planant majestueusement en spirales. La température baisse rapidement. Voici le plateau du Rohtang. Je me tâte pour savoir si j’ai mal au crâne, si mon souffle est coupé. De part et d’autre de la route, il y a des tentes de nomades qui proposent des boissons chaudes, de la nourriture et des souvenirs. Au-delà, sur des pentes rocailleuses, quelques ânes, des petits chevaux et des moutons broutent la maigre végétation qui subsiste. Nous prenons un chai (thé) bienvenu en constatant les débuts de migraine, un essoufflement certain, des gestes plus lents. Il faut prendre tout de suite des pilules pour la tête. Mais le Rohtang a été plutôt clément – nous n’avons pas eu droit aux tempêtes de neige qui ont fait sa mauvaise réputation – et lui auraient donné son nom qui veut dire « corps empilés» en dialecte local.
Sur l’autre versant du Rohtang – miracle – c’est le grand beau temps qui s’installe. Un ciel d’azur, une très forte luminosité, 20°C de plus en quelques minutes. Il faut passer aux lunettes de glacier et, pour ce qui me concerne, à l’écran total et à une sorte de keffieh pour protéger ma peau de roux, accoutrement que je ne quitterai plus sous mon casque. Le Rohtang est vraiment la porte du Ladakh, le passage du monde Hindouiste au monde Tibétain, des pentes verdoyantes du nord de l’Inde à un univers minéral de haute montagne.
Nous mettrons trois jours pour rejoindre Leh en passant trois autres cols de haute altitude, le Baralacha la (4 892 m), le Lungalacha la (5 059 m) et le Tanglang la (5 325 m). Entre ces cols, nous allons accélérer – foncer à près de 100 Kms/heure sur un très haut plateau – 4 000 mètres d’altitude – entouré d’aiguilles et pentes vertigineuses. Un paysage lunaire sous un soleil intense le jour et un froid mordant en fin de journée. Nous ferons une étape insolite au bord d’un lac de haute altitude que nous avons repéré à quelques kilomètres de la route principale. Nous y arriverons par une route très ensablée qui exige un pilotage de surfer. Là, il n’y a vraiment plus personne – plus de ladakhis, plus de touristes, plus personne d’autre que nous et quelques marmottes. Nous dressons notre tente, le cuistot prépare du riz et du dal (légumineux traditionnel dans la cuisine indienne) tandis que notre meccano contrôle les motos. Voici qu’au soleil couchant nous apercevons une silhouette vacillante à l’horizon. C’est un cavalier surgi de nulle part, il s’approche lentement et passe devant nous, il trotte vers le bord du lac. Durant deux heures, il va remplir des sacs de sel qu’il ira vendre à trois jours de marche. Nous l’invitons à partager notre repas. La conversation est limitée, mais ça n’a pas d’importance, nous sommes là ensemble. Pour un instant d’éternité.
Autre rencontre insolite. Dans la descente du Tanglang la, nous allons devoir finir la route de nuit quand, dans le crépuscule d’une descente abyssale, nous dépassons deux cyclistes aux gestes ralentis – un homme et une femme – silhouettes noires filiformes perchées sur des vélos de course aux sacs minimalistes. Une heure après, nous arrivons enfin à l’étape, une grande tente circulaire, une sorte de grande yourte où des matelas sont disposés en cercle autour d’un feu et d’une cuisinière. Après un repas bien réconfortant, nous sombrons tout à fait épuisés dans une sorte de chuchotement … et quelques minutes plus tard, je crois entendre des voix dans mon rêve … en Allemand. Ce sont les cyclistes qui sont arrivés, morts de soif et de fatigue. Il n’y a plus de place pour eux. Elle s’écroule en suppliant qu’on lui laisse un lit, nous leur ferons une place en nous serrant un peu, solidarité bien naturelle entre routards. Ce sont des Berlinois, le parcours qu’ils font à vélo est plus dur que le tour de France. Elle, Beate, nous avouera qu’elle a perdu dix kilos en quinze jours et qu’on ne l’y reprendra plus. Lui, Franz, imperturbable, déclare qu’il reviendra l’année prochaine.
Sur la haute route de Manali à Leh, il n’y a pas vraiment de monastère, les cols sont ornés de quelques stupas, de cairns de pierre et de drapeaux de prière multicolores. D’où notre émerveillement lorsque nous découvrons le magnifique monastère de Hemis, construit au XVIIème siècle à quelque 50 Kms de Leh, au fond d’une gorge profonde. Hemis est le plus grand et le plus riche monastère du Ladakh. Il a de ce fait une certaine prééminence sur les autres monastères, bien connus des touristes pour son festival qui a lieu les 9ème et 10ème jours du cinquième mois du calendrier Tibétain – soit en juillet.
Lamayuru
Leh en été n’est plus un village, c’est un bourg international où se côtoient touristes et routards de tout poil, motards israéliens, trekkeurs Européens, marchands Kashmiris, masseurs et gurus de saison, sans oublier les innombrables organisateurs de trekking, rafting ou parapente. Nous avons la chance de résider dans une maison traditionnelle dont la pièce principale en hiver est la cuisine et chambre à coucher. Nous passerons trois jours à Leh. C’est là que nous entendons parler de Lamayuru, un monastère perché à environ 100 kilomètres de Leh – sur la route de Srinagar (Cachemire). Nous avons envie d’y aller cette fois sans logistique. D’autant que notre cuistot nous déclare qu’il quitte l’expédition.
On nous explique qu’il n’y a pas de station d’essence sur la route. Sans la jeep, il nous faudra prendre des bidons d’appoint. Nous partons à trois car Sanjay le mécanicien veut venir avec nous (ce qui dépannera bien un motard italien en panne d’embrayage). Surprise, à la station service de Leh, nous tombons sur un gigantesque embouteillage qui cerne deux pompistes totalement débordés. La situation est ubuesque, personne ne veut reculer pour laisser passer quelqu’un, chaque minute voit un nouvel arrivant s’encastrer dans le chaos. Nous décidons de faire la police – et commençons à mouliner des bras en hurlant sous nos casques – ça donne de l’autorité : « Stop ! you go back ! You first! No, you wait for your turn!! Ok, you now!! » En quelques minutes, un semblant d’ordre est restauré, nous pouvons remplir nos réservoirs et filer à l’anglaise.
La route suit la vallée de l’Indus et traverse quelques villages. Dans les vallées latérales, on aperçoit des champs cultivés souvent surmontés par un monastère. La route est assez longue – 100 kms au Ladakh, ça se fait en deux à trois heures. Il y a souvent des points de contrôle de l’armée. Il faut y montrer ses papiers, le tampon du poste précédent. Lors du dernier point de contrôle avant l’ascension vers Lamayuru, nous sommes arrêtés derrière un convoi militaire. Deux mini bus chargés de touristes nous rejoignent. En sortent des dames élégantes – on voit immédiatement que ce sont des Françaises chics – sans doute des Parisiennes des beaux quartiers. Elles viennent nous voir d’un pas nonchalant sous d’élégants chapeaux de paille Roland-Garros et des RayBans Dior.
« Oh! Des motards! Where are you coming from?
– Nous venons de … Delhi.
– Oh ! des Français qui viennent de Delhi ! Oh là là ! Tout ce chemin à moto ! Vous avez du courage ! » et d’ajouter :
« Nous, nous venons de Paris via Delhi en avion. Nous allons visiter quelques monastères et puis nous allons faire un trek avec un guide. C’est fôormidable ! »
« Oh! Des motards! Where are you coming from?
– Nous venons de … Delhi.
– Oh ! des Français qui viennent de Delhi ! Oh là là ! Tout ce chemin à moto ! Vous avez du courage ! » et d’ajouter :
« Nous, nous venons de Paris via Delhi en avion. Nous allons visiter quelques monastères et puis nous allons faire un trek avec un guide. C’est fôormidable ! »
Cette rencontre inopinée avec nos distinguées compatriotes m’enseigne au moins une chose. Dans les coins les plus reculés de l’Inde – là où il faut fournir un effort – on trouve toujours des Français (et des Italiens) de toutes conditions.
Mais il faut vite partir car le convoi militaire s’ébroue, il vaut mieux les doubler très vite et s’engager dans les lacets en tête. Je passe devant et entame une montée en solo qui restera gravée dans ma mémoire. Je n’ai jamais vu une route en lacets aussi longue, aussi sinueuse, aussi minérale, aussi vertigineuse. Il n’y a pas beaucoup de monde, seulement quelques camions qui s’étirent lentement les uns derrière les autres. La montagne est gris anthracite, traversée par le ruban argenté de la route en lacets. Je plonge par courts instants le regard en bas, vers le précipice insondable, une chute dépasserait les mille mètres. J’entrevois en bas des sortes de scarabées qui semblent scintiller sur un ruban de papier à cigarette dans une houle de sable noir. Ce sont des camions, là bas, tout en bas.
Voici enfin Lamayuru, point ultime de notre voyage au Ladakh. C’est un grand monastère, une construction tibétaine typique en torchis blanc, des bâtiments plutôt massifs coiffés d’une terrasse et de stupas visibles de loin – construits sur un piton rocheux à 4 500 mètres d’altitude, au milieu d’un grand cirque ceint au loin de neiges éternelles. Le monastère domine un petit village construit sur des pentes escarpées, au fond de la vallée coule un petit torrent.
« Yung-dung Thapa Ling » plus connu sous le nom de monastère Yuru appartient à la lignée Drikung de l’ordre Kagyüpa. C’est le plus ancien et le plus grand monastère du Ladakh, il date du Xème siècle. La légende dit que le grand maître Naropa qui méditait sur un minuscule bout de terre au milieu d’un lac, émit le vœu de voir construire un monastère à cet endroit. Quelques temps plus tard, le lac s’assécha et un monastère fût érigé.
Aujourd’hui – selon les guides – le monastère hébergerait 200 moines et lamas dont 50 enfants moines. Les enfants y sont accueillis dès l’âge de 4 ans. Les hivers sont très rudes à Lamayuru, il y fait jusqu’à – 40° durant trois mois : décembre, janvier et février. Les moines n’ont pas de chauffage. Le repas principal se compose de riz et de légumes. Ils n’ont jamais de viande ni de produits laitiers. Ils dorment par terre, souvent sans matelas, à plusieurs dans une même pièce, ça tient plus chaud.
En fait nous voyons peu de moines en ce début du mois d’août. On nous dit qu’ils sont en vacances dans leurs familles. Ceux que nous rencontrons ne dégagent pas vraiment une impression de charisme mystique. Ils sont là comme des gardiens de musée, discrets, un certain air d’ennui, mais plutôt aimables. Nous visiterons toutes les salles de prière et de réunion des moines puis ferons consciencieusement le tour des moulins à prière sur la terrasse. En sortant du monastère, nous remarquons deux jeunes moines accroupis sur un muret, ils ont une vingtaine d’années, ils regardent vaguement curieux nos motos. Guillaume décide de les aborder :
« Bonjour, vous êtes moines ici ?
– Oui.
– Vous êtes contents d’être moines ?
– Non.
– Pourquoi ?
– Nos familles nous ont placés ici quand nous avions cinq ans. On ne nous a pas demandé notre avis.
– Vous faites quoi au monastère ?
– Des prières en commun dans le temple, de la méditation, et puis l’étude des textes bouddhiques.
– Vous avez des vacances ?
– Oui, une fois par an, on peut retourner dans nos familles pour un mois, en été.
– Et en hiver ?
– On reste ici.
– Vous dormez en dortoir ?
– Non, un vieux moine est chargé de l’instruction de trois ou quatre enfants moines. Il s’occupe de tout, l’instruction, la vie au monastère, les repas et récréations, et il dort avec eux.
– Dans un dortoir ?
– Non, dans une petite cellule. Un vieux moine et trois jeunes dorment dans la même cellule. En hiver, il peut faire moins 40°C, alors on se serre ensemble pour avoir moins froid.
– Qu’est ce qui est bien au monastère ?
– L’étude des textes bouddhiques, c’est quand même intéressant. »
« Bonjour, vous êtes moines ici ?
– Oui.
– Vous êtes contents d’être moines ?
– Non.
– Pourquoi ?
– Nos familles nous ont placés ici quand nous avions cinq ans. On ne nous a pas demandé notre avis.
– Vous faites quoi au monastère ?
– Des prières en commun dans le temple, de la méditation, et puis l’étude des textes bouddhiques.
– Vous avez des vacances ?
– Oui, une fois par an, on peut retourner dans nos familles pour un mois, en été.
– Et en hiver ?
– On reste ici.
– Vous dormez en dortoir ?
– Non, un vieux moine est chargé de l’instruction de trois ou quatre enfants moines. Il s’occupe de tout, l’instruction, la vie au monastère, les repas et récréations, et il dort avec eux.
– Dans un dortoir ?
– Non, dans une petite cellule. Un vieux moine et trois jeunes dorment dans la même cellule. En hiver, il peut faire moins 40°C, alors on se serre ensemble pour avoir moins froid.
– Qu’est ce qui est bien au monastère ?
– L’étude des textes bouddhiques, c’est quand même intéressant. »
Après cette courte interview, nous emporterons encore de Lamayuru l’image des concrétions de Moon Land. Sur la route du retour – une piste nous amènera au fond de la vallée – le vent et l’érosion des neiges ont transformé la montagne en concrétions meubles, beiges, grises, mordorées, on dirait une procession de capucins marchant en file indienne dans la montagne. Entre ces capucins et nous, un précipice de deux milles mètres. C’est vraiment lunaire !
Décidément le voyage de Lamauyru est un peu une métaphore de la découverte de l’Inde. Plus longue, plus rude que prévue, une longue marche faite de rencontres inopinées, d’imprévus déroutants et de visions féeriques. Et la méditation ? Elle n’est pas forcément là où on la cherche, pas forcément au monastère. Mais plus souvent dans la vision des paysages grandioses de la très haute montagne. Et dans le cœur de celui qui marche.
Par François-Xavier Croisy
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