Société
Les Français en Asie par le PetitJournal.com

Vous connaissiez le rickshaw, voici le trishaw de Birmanie

Un birman court dans une rue de Rangoon, tandis qu'un conducteur de trishaw transporte des cartons. 29.02.2016. Crédits : AFP / ROMEO GACAD
Cent kilos qui se déplacent au ralenti dans la circulation dantesque de Yangon… Une tortue géante ? Non, un trishaw, un vélo assorti d’un side-car (d’où son nom birman, « sai-kaaa »), dans lequel le cycliste transporte de tout, et même au-delà… Personnes et marchandises empruntent quotidiennement ce moyen de transport ancien et si authentiquement birman que son efficacité, son prix et sa simplicité l’ont couronné roi de la ville.
U Chit Tin Oo a 53 ans et il est conducteur de trishaw depuis qu’il a 16 ans. Son vélo-porteur, il l’a hérité de son père, qui lui a transmis comme un bijou de famille : « Je suis propriétaire de mon vélo puisque mon père en était lui-même propriétaire. Il faut savoir que neuf, un trishaw coûte entre 400 000 et 500 000 K. Et encore sous la junte, le prix pouvait aller jusqu’à 700 000 K. » Ce moyen de locomotion très pratique se retrouve un peu partout en Asie du Sud-Est. Or, le vélo-porteur birman se distingue de ses confrères régionaux par quelques particularités. Il ne comporte pas de banquette à l’arrière du conducteur mais plutôt deux sièges disposés de telle sorte que les passagers se retrouvent dos à dos. Un troisième passager peut également grimper sur le siège arrière à même la bicyclette. Dans la Birmanie britannique, ce véhicule, introduit en 1930 à Mandalay, est devenu très populaire en terme de transport. Il est facile d’utilisation et sa taille permet d’emprunter les ruelles les plus étroites.
U Chit Tin Oo, 53 ans, conducteur de trishaw Crédits : Lepetitjournal.com

Un emploi en héritage

Si U Chit Tin Oo possède son trishaw, tous ses collègues ne sont pas propriétaires. « Quand tu es locataire, tu dois payer 1 000 K par jour. À mon avis, il est préférable d’être propriétaire car il n’y a pas d’imprévu mais c’est un investissement sur du long terme. Regarde, moi, 37 ans après mes débuts, je suis toujours en selle sur le même engin », s’amuse-t-il. Il sillonne les rues sur son tricycle douze heures par jour, de 9h à 21h. Le travail est épuisant, les journées longues et les pauses bien méritées. « Les jeunes pédalent tant qu’ils le peuvent pour gagner le plus d’argent possible », indique l’homme aux mollets musclés, avant d’ajouter, « il y a de ça quelques années, j’arrivais encore à suivre le rythme, mais maintenant je me suis rangé », En moyenne, un conducteur de trishaw gagne 6 000 à 8 000 K par jour. « Ceux qui repoussent la fin de leur service au maximum peuvent espérer se faire 10 000 K par jour », informe U Chit Tin Oo. Même si la négociation est un passage obligé, les petites courses coûtent généralement 300K et les plus grandes – jusqu’à 30 minutes de « distance » – atteignent 1 000 K. Évidemment, le prix diffère selon le nombre de passagers. Remorquer une personne ne demande pas le même effort que d’en remorquer trois. Cela va de soi !
Trishaw. Crédits : Lepetitjournal.com
Lire la suite chez notre partenaire Lepetitjournal.com
A propos de l'auteur
LePetitjournal.com
Lepetitjournal.com est un quotidien dédié à la communauté des Français expatriés et des francophones. Créé en 2001 au Mexique, il offre un mix d'informations générales et locales dans 61 villes du monde. Gratuit et indépendant, le site web regroupe des rubriques thématiques (actu, santé, culture, économie, …) et des infos par ville (bons plans, agenda, sorties, petites annonces…). Depuis 2013, Lepetitjournal.com est aussi l’organisateur des Trophées des Français de l’étranger, qui récompense les parcours exceptionnels de Français vivant à l’étranger lors d’une soirée prestigieuse au Quai d’Orsay. Par ailleurs, Lepetitjournal.com a lancé à la rentrée 2016 un coffret surprise de produits français : la Bleu Blanc Box. Le concept ? Recevoir tous les mois, où que l’on soit dans le monde, une sélection de produits culturels, alimentaires ou bien-être.