Culture
Photo-reportage

Portfolio : les Népalais au rythme de la fête du Dashain

Le tika se donne aux cadets dans la famille, mais également aux beaux-parents ou aux voisins et amis qui passent pour cette cérémonie..
Le tika se donne aux cadets dans la famille, mais également aux beaux-parents ou aux voisins et amis qui passent pour cette cérémonie. (Copyright : Juliette Buchez)
Le Dashain, la célébration la plus importante du calendrier hindou au Népal, s’est achevé le 15 octobre. Cette fête qui s’étale sur quinze jours déplace chaque année des milliers de personnes à travers le pays. Les Népalais rendent alors visite à leur famille à l’occasion des rituels les plus importants. Lors d’un séjour au Népal en 2014, Juliette Buchez avait pu partager ce moment à Masel, petit village à quelques kilomètres de Gorkha, dans le centre du pays. Retour en images sur cette célébration dans les campagnes.
Voir la série photo :
Fin de journée à Masel. La balançoire vient d’être dressée. Tous les jeunes du village se regroupent autour de la structure. (Copyright : Juliette Buchez)

Fin de journée à Masel. La balançoire vient d’être dressée. Tous les jeunes du village se regroupent autour de la structure. (Copyright : Juliette Buchez)

Les journées s’écoulent au rythme du soleil et des repas. Les enfants jouent dans la cour devant la maison, tandis que les femmes s’affairent en cuisine. (Copyright : Juliette Buchez)

Les journées s’écoulent au rythme du soleil et des repas. Les enfants jouent dans la cour devant la maison, tandis que les femmes s’affairent en cuisine. (Copyright : Juliette Buchez)

C’est dans cette maison que se retrouvent plusieurs générations de la même famille. La cuisine est à part. Les enfants du village rendent constamment visite à leurs amis venus de Katmandou. (Copyright : Juliette Buchez)

Huitième jour du Dashain. Dans la maison voisine, on sacrifie une chèvre. (Copyright : Juliette Buchez)

Huitième jour du Dashain. Dans la maison voisine, on sacrifie une chèvre. (Copyright : Juliette Buchez)

Les chèvres sont dans un premier temps décapitées puis dépecées par les hommes de la maisonnée, aidés de quelques voisins. (Copyright : Juliette Buchez)

Les chèvres sont dans un premier temps décapitées puis dépecées par les hommes de la maisonnée, aidés de quelques voisins. (Copyright : Juliette Buchez)

Neuvième jour du Dashain. Dans tout le village, les sacrifices se préparent. Quelques hommes savent tuer les bêtes correctement. On attend leur passage. (Copyright : Juliette Buchez)

Rina a une mère japonaise et un père népalais. Ils sont tous trois venus du Japon à Masel pour participer ensemble, pour la première fois, à cette fête. Elle n’assiste pas au sacrifice. (Copyright : Juliette Buchez)

Hari, l’un des pères de famille présents dans la maison est parti aider ses voisins. Pendant ce temps-là, d’autres hommes participent au dépeçage. Ils repartiront avec quelques morceaux. (Copyright : Juliette Buchez)

Pendant deux jours, le plat de dal bhat se garnit de viande de chèvre. Généralement végétarien, ce plat traditionnel du Népal se compose d’un curry de légumes, d’une soupe de lentilles et de riz. (Copyright : Juliette Buchez)

Dixième jour du Dashain. Dans la matinée, les aînés apposent le tika (mixture à base de riz, de yaourt et de poudre rouge) sur le front de leurs cadets. (Copyright : Juliette Buchez)

Les veuves en revanche ne peuvent recevoir le tika. (Copyright : Juliette Buchez)

Le tika se donne aux cadets dans la famille, mais également aux beaux-parents ou aux voisins et amis qui passent pour cette cérémonie. (Copyright : Juliette Buchez)

Rina, qui n’est pas habituée à ce rituel, le vit assez mal. (Copyright : Juliette Buchez)

A l’issue de cette cérémonie, les fronts des plus jeunes sont couverts de la mixture. C’est alors le moment que choisissent souvent les familles venues d’ailleurs pour regagner leur domicile. (Copyright : Juliette Buchez)

 
 
Une série photo réalisée par Juliette Buchez à Mazel, près de Gorkha au centre du Népal, en 2014.

Contexte

A l’approche des jours les plus célébrés du Dashain, la fête la plus importante de l’année au Népal, les routes qui rayonnent autour de Katmandou sont encore plus chargées qu’à leur habitude. Les uns se rendent dans la capitale, les autres la quittent, tous vont visiter leur famille. Lorsque l’on abandonne le tumulte de la ville pour celui des routes, c’est pour assister au spectacle fascinant des véhicules dont beaucoup transportent les animaux qui seront sacrifiés dans les jours à venir.

A l’origine, le Dashain commémore la victoire des dieux sur les démons qui semaient la terreur sur Terre. Les Népalais rendent alors un culte important à la déesse Durga, la déesse mère, dont l’invocation avait permis au seigneur Ram, le roi mythique de l’Inde antique, de vaincre Ravana, le roi des démons.

Le Dashain est l’une des plus longues célébrations au Népal puisqu’elle s’étend sur quinze jours durant lesquels plusieurs rites sont pratiqués en fonction du calendrier hindou. Certaines dates sont ainsi plus célébrées que d’autres comme les huitième, neuvième et dixième jours. C’est souvent lors de ces trois jours que les familles installées à l’étranger, à Katmandou ou ailleurs en profitent pour retrouver leurs aînés dans les campagnes. Si les célébrations, notamment les sacrifices, sont particulièrement impressionnantes à Katmandou, elles n’en restent pas moins suivies dans l’ensemble du pays.

A la campagne, on dresse de grandes balançoires de bambou à l’entrée des villages. Elles attirent immédiatement les enfants qui n’arrêtent plus de se balancer, même au passage de quelques voitures. A l’occasion du huitième ou du neuvième jour (derniers jours de la bataille des dieux sur les démons), chaque famille sacrifie une chèvre. Les hommes qui ont la compétence nécessaire pour décapiter ou préparer la bête font le tour des maisons. Les voisins s’entraident.

Le soir et les jours qui viennent, le dal bhat, le plat emblématique du Népal généralement végétarien, s’agrémente de quelques morceaux de chèvre qui ont mijoté pendant des heures dans la cuisine tenue par les femmes de la maisonnée.

Le dixième jour est appelé Dashami. Les aînés apposent le tika (une mixture à base de riz, de yaourt et d’une poudre de couleur rouge) sur le front et le jamara (une pousse d’orge) sur la tête de leurs cadets en signe de bénédiction. On donne également quelques roupies népalaises à son cadet.

Si le Dashain ne se termine que cinq jours plus tard avec la pleine lune, c’est souvent à l’issue de ce rituel que les familles qui ont fait le déplacement pour voir leurs aînés reprennent la route après un dernier dal bhat et de discrets au revoir.

J.B.

A propos de l'auteur
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Juliette Buchez est correspondante de Radio France International à Phnom Penh depuis septembre 2017. Diplômée du Centre Universitaire d'Enseignement du Journalisme (CUEJ) à Strasbourg, elle est passionnée par l'Asie du Sud-Est et en particulier le Cambodge et la Thaïlande, les questions de société et l'environnement. Elle a travaillé à A/R Magazine, Radio VL.