Revue de presse Birmanie - 22 septembre 2016

Birmanie : démolitions de mosquées et d'écoles coraniques dans l'Arakan

Au total 3000 bâtiments seraient menacés de démolition dans cette région en proie à de vives tensions communautaires entre bouddhistes et musulmans. Copie d'écran du Myanmar Times, le 22 septembre 2016.
Au total 3000 bâtiments seraient menacés de démolition dans cette région en proie à de vives tensions communautaires entre bouddhistes et musulmans. Copie d'écran du Myanmar Times, le 22 septembre 2016.
Myanmar Times – La décision ne calmera certainement pas les tensions dans l’État de l’Arakan. Le gouvernement de cette région de l’Ouest birman a annoncé la démolition prochaine de 3 000 bâtiments considérés comme illégaux. Parmi eux, une douzaine de mosquées ainsi que des écoles coraniques situées dans deux villes à majorité musulmane. L’Arakan est en proie à des tensions entre bouddhistes et musulmans depuis 2012. C’est dans cette région que vit la minorité musulmane Rohingya. Déclarés apatrides depuis mars 2015, ces derniers sont privés de tout droit et obligés de vivre dans des camps de fortune.

Pour les autorités de l’Arakan, la démolition des bâtiments est nécessaire pour mettre un terme à la multiplication des constructions illégales. Cette décision est d’ores et déjà vivement critiquée par la communauté musulmane qui affirme que les constructions visées par ces projets de destruction, sont elles-mêmes le fruit des répressions envers les musulmans. Selon Maung Bar, leader musulman de la ville de Maungdaw, des fermes et des maisons construites à la hâte lors des violences de 2012, qui avaient entraîné le déplacement de 140 000 musulmans, sont aussi menacées de démolition. À cette période, les mosquées avaient été fermées, un couvre-feu avait été établi et l’administration avait imposé une forme de loi martiale interdisant tout rassemblement de plus de cinq musulmans.

Cette annonce a eu lieu alors qu’Aung San Suu Kyi, Premier ministre de facto depuis la victoire de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie aux élections législatives de novembre dernier, a prononcé son premier discours à l’ONU. Souvent critiquée pour son manque de volontarisme à résoudre la question des Rohingya, elle y a défendu les efforts du gouvernement, rapporte Channel News Asia. La « dame de Rangoun » a ainsi mis en avant la nouvelle commission dirigée par Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU, dans l’État de l’Arakan (voir notre revue de presse du 9 septembre). « Nous sommes engagés pour trouver une solution qui amènera la paix, la stabilité et le développement de toutes les communautés dans l’État », a-t-elle déclaré.