Revue de presse Philippines - 13 septembre 2016

Philippines-Indonésie : Manille dément un "feu vert" à l'exécution de Mary Jane Veloso

Rodrigo Duterte a annoncé qu'il n'avait pas interféré dans les décisions de justice indonésiennes. Copie d'écran du Philippine Star, le 13 septembre 2016.
Rodrigo Duterte a annoncé qu'il n'avait pas interféré dans les décisions de justice indonésiennes. Copie d'écran du Philippine Star, le 13 septembre 2016.
The Jakarta Post« Respectez vos lois. Je n’interviendrai pas. » C’est en ces termes qu’assure s’être exprimé le président Rodrigo Duterte au sujet de l’exécution de Mary Jane Veloso lors d’un entretien avec son homologue indonésien, Joko « Jokowi » Widodo. Il réfute ainsi des propos rapportés hier lundi 12 septembre par Jokowi lui-même cité par les médias indonésiens : Duterte aurait donné son « feu vert » à l’exécution de la ressortissante philippine (voir notre revue de presse du lundi 12 septembre). Des paroles qui ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux philippins et indonésiens.

Les autorités de Manille ayant décidé de ne pas interférer dans la justice indonésienne, elles n’ont pas plus demandé la grâce de Mary Jane Veloso, dans le couloir de la mort depuis avril 2010, rapporte le Philippine Star. Accusée d’avoir transporté 2,6 kilogrammes d’héroïne, cette dernière s’est toujours défendue, plaidant ne pas savoir ce qui se trouvait dans son sac.

« Il n’y a pas à demander la clémence pour l’instant puisqu’aucune date d’exécution n’a été déterminée, a déclaré Ernesto Abella, porte-parole du gouvernement philippin. Si la Cour suprême indonésienne fixe une date, il sera alors temps de présenter des preuves de son innocence. » L’exécution de Mary Jane Veloso a été suspendue en avril dernier après qu’une enquête sur son potentiel employeur a été ouverte aux Philippines.

Rodrigo Duterte et Joko Widodo s’affairent à une lutte sans relâche contre le trafic de drogues dans leurs Etats. En 2015, 14 personnes suspectées d’être liées au trafic de drogues ont été exécutées en Indonésie dont deux Australiens, un Brésilien et un Nigérian. Aux Philippines, 2 000 personnes ont été exécutées depuis le début du mandat de Rodrigo Duterte le 30 juin dernier rappelle le Jakarta Post.