Revue de presse Birmanie - 1er Septembre 2016

Birmanie : tensions dès le début de la conférence de Panglong

Copie d'écran du Myanmar Times, le 1er septembre 2016
Les groupes ethniques armés et le gouvernement s'opposent dès le premier jour de la conférence de Panglong. Copie d'écran du Myanmar Times, le 1er septembre 2016
Myanmar Times – La conférence de Panglong déjà placée sous le signe des tensions. Les négociations entre les groupes armés ethniques et le gouvernement sur la mise en place de la « conférence de Panglong du XXIème siècle » étaient toujours en cours hier matin mercredi 31 août, date à laquelle le sommet était censée commencer.

Ces désaccords portaient entre autres sur la présidence de la conférence de cinq jours. Les organisations ethniques armées ont en effet réclamé un accord tripartite tandis que le gouvernement a d’une part refusé de céder mais aussi insisté sur le fait que 5 personnes nommées dirigeraient la conférence.

En outre, attisant le ressentiment des groupes ethniques armés, les grades militaires de leurs représentants ont été clairement omis des cartes de visite imprimées en amont de la conférence. Ils étaient bien sûr systématiquement précisés pour les membres de l’armée régulière birmane, Tatmadaw. Donnant d’emblée le ton lors de la cérémonie d’ouverture, le chef de la coalition UNFC (United Nationalities Federal Council) a fait remarquer, glacé, qu’il s’appelait certes « N’Ba, mais que d’ordinaire on s’adressait à lui en tant que général N’ba ».

Ces divergences ne datent pas d’hier. Lundi dernier le 29 août, trois groupes ethniques armés ont en effet été interdits de participer au sommet : la Myanmar National Democratic Alliance Army (MNDAA), la Ta’ang National Liberation Army (TNLA) et l’Arakan Army (AA). Raison invoquée : leur incapacité à parvenir à un accord avec l’armée, Tatmadaw, avant le début de la conférence. Les trois formations avaient en effet refusé de rendre les armes. Et hier mercredi, la veille même du début de la Conférence, le groupe armé de l’État de Wa (UWSA) avait quant à lui annoncé qu’il se retirait pour ne pas avoir été officiellement convié.

Pour la plupart des participants, qui s’accordent à penser que la conférence n’aboutira à aucune mesure concrète, Panglong devrait toutefois faire avancer le dialogue sur le processus de paix. Le signe le plus encourageant est la participation des organisations ethniques armées au sommet. Tous les groupes, exceptés la MNDAA, la TNLA et l’AA précédemment cités, y ont en effet envoyé leurs représentants. Selon l’analyste politique Min Zin, bien qu’aucun accord spécifique n’émergera de cette conférence, la participation d’autant de groupes est porteuse d’un symbole fort. Afin de mieux appréhender l’importance et les enjeux de la conférence de Panglong, lire notre article sur le sujet.

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