Revue de presse Népal - 29 juillet 2016

Népal : les victimes de la guerre civile désabusées par l'annonce du nouveau gouvernement

Les deux prochains Premiers ministres, Dahal puis Deuba, sont tous deux accusés d'avoir commis des atrocités pendant la guerre civile. Les familles de victimes craignent un échec de la justice transitionnelle. Copie d'écran du Népali Times, le 29 juillet 2016.
Les deux prochains Premiers ministres, Dahal puis Deuba, sont tous deux accusés d'avoir commis des atrocités pendant la guerre civile. Les familles de victimes craignent un échec de la justice transitionnelle. Copie d'écran du Népali Times, le 29 juillet 2016.
Nepali Times – Les deux responsables politiques qui dirigeront le Népal pour les deux ans à venir ont un point commun : ils sont tous deux accusés d’avoir commis des atrocités en temps de guerre. Soutenu par Sher Bahadur Deuba, président du parti Congrès Népalais (NC), le leader du parti communiste unifié du Népal (CPN) Pushpa Kamal Dahal devrait être élu Premier ministre par le Parlement la semaine prochaine (voir notre revue de presse du 27 juillet). Conformément à leur accord, Dahal démissionnera l’année prochaine pour laisser la place à Deuba.

Un duo controversé qui remet en question la justice transitionnelle pour le Nepali Times. Dhal était le commandant en chef de la guérilla qui a combattu lors de la guerre civile pendant 10 ans (1996-2006), au cours de laquelle 17 000 personnes ont péri. En avril, lorsque la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) a démarré l’enregistrement des plaintes, beaucoup de familles de victimes ont accusé Dahal. Quant à Deuba, il est également accusé de violations des droits de l’homme. Durant son deuxième mandat en tant que Premier ministre (juillet 2001 à octobre 2002), il avait déployé l’armée contre les insurgés et déclaré l’Etat d’urgence, une période marquée par les violations de droits de la personne. Dans les 50 000 plaintes déposées à la TRC, la plupart ont demandé des comptes à Dahal et Deuba pour les innombrables exécutions sommaires, disparitions forcées, viols et tortures infligées.

Pour le Nepali Times, il ne serait ainsi pas surprenant que Dahal, puis Deuba, profitent de leur mandat pour « trafiquer la loi Vérité et Réconciliation afin de se disculper ». De son côté, Suman Adhikari, membre du Conflict Victims’ Common Paltform, espère que le duo ne pourra pas échapper à la pression internationale : « Beaucoup reste à faire pour harmoniser la loi [Vérité et Réconciliation] avec la législation internationale. » Avec l’UML, parti politique le moins impliqué dans la guerre civile, écarté du pouvoir et l’alliance Dahal-Deuba aux portes du pouvoir, il faut craindre un potentiel report de la justice transitionnelle – « si elle ne disparait pas complètement », déplore le quotidien népalais.