Birmanie : Aung San Suu Kyi appelle l'ONU à la "prudence" sur les Rohingyas

Aung San Suu Kyi a présidé un meeting qui a rassemblé environ 20 agences onusiennes, où elles les a mis en garde sur la question des Rohingya dans l'Etat birman du Rakhine. Copie d'écran du "Myanmar Times", le 13 mai 2016.
Aung San Suu Kyi a présidé un meeting qui a rassemblé environ 20 agences onusiennes, où elles les a mis en garde sur la question des Rohingya dans l'Etat birman du Rakhine. Copie d'écran du "Myanmar Times", le 13 mai 2016.
Myanmar Times – La « dame de Rangoun » n’a pas hésité à poser ses limites, même en des termes encore peu clairs. Les participants d’un meeting présidé par Aung San Suu Kyi et qui a rassemblé environ 20 agences onusiennes sont « globalement satisfaits ». La ministre birmane des Affaires étrangères est généralement connue pour ses positions critiques vis-à-vis des institutions internationales. Cette fois-ci, celle qui est aussi « Conseillère d’Etat » (Premier ministre de facto) semble avoir écouté attentivement les points de vue des représentants. Mais elle lancé une mise en garde sur la question des Rohingya, cette minorité musulmane apatride résidant dans l’Etat birman du Rakhine à l’ouest du pays. Pour Aung San Suu Kyi, les agences de l’ONU doivent « faire attention » à ce qu’elles font dans cette région, sans donner plus de précision. Si elle a affirmé qu’il était toujours possible de résoudre la question du statut de ces communautés apatrides, malgré la loi sur la citoyenneté de 1982, puisqu’elle permet plusieurs niveaux de citoyenneté.

Dans le Rakhine, des centaines de milliers de musulmans apatrides font face à des conditions de vie désastreuses. Dans le pays, le débat tourne autour de la façon de les nommer. Les nationalistes condamnent fortement l’usage du mot « Rohingya » et les désignent sous le nom de « Bengali » pour bien signifier que ce sont des étrangers venus du Bangladesh voisin et non des Birmans.

Depuis son arrivée au pouvoir, la lauréate du Prix Nobel de la paix 1991 fait face a de nombreuses critiques de la communauté internationale pour son refus d’affronter publiquement le problème des Rohingyas. Récemment, la ministre s’est elle aussi positionnée contre l’usage du mot « Rohingya » par l’ambassade des Etats-unis. Le gouvernement birman est notamment « consterné » par un éditorial du New York Times, accusant Aung San Suu Kyi d’adopter une position « lâche ».