Revue de presse Asie - 25 mars 2016

Missiles chinois antinavires, Hanoi vexé par Taipei et ligne aérienne pakistanaise

Le Premier ministre chinois Li Keqiang (au centre), main dans la main avec les leaders des pays d'Asie du Sud-Est.
Le Premier ministre chinois Li Keqiang (au centre), main dans la main avec les leaders des pays d'Asie du Sud-Est. La Chine est-elle trop sûre d'elle-même dans la région ? Copie d'écran du Bangkok Post, le 25 mars 2016.

Asie du Nord-Est

South China Morning Post – La Chine a déployé une batterie de missiles antinavires à longue portée sur une des îles de l’archipel des Paracels. Une nouvelle relayée par IHS Jane’s Defence Weekly, un média spécialisé en géopolitique et en armement. Selon cette revue, une photo postée sur Weibo (le Twitter chinois) ce dimanche 20 mars est suffisamment sérieuse pour identifier une batterie de missiles sur l’Île Woody, appelée Yongxing en chinois. L’île est revendiquée par Taïwan et le Vietnam. Les différents experts considèrent que la démarche est « cohérente » du point de vue chinois : le matériel déjà sur place est compatible avec les missiles cités plus hauts, car ils utilisent les mêmes types de radars ; la position permettrait de défendre la zone économique exclusive chinoise et la base navale de Yulin. Mais Antony Wong Dong, spécialiste militaire de Macau affirme qu’il s’agit d’une menace à la sécurité maritime du Vietnam, et une violation du droit international.
Japan Times – C’est un jeune Japonais de 23 ans, dont le nom n’est pas cité qui a d’abord été arrêté par les forces turques de police avec plusieurs Syriens. Expulsé vers son pays, il est arrivé au Japon hier jeudi 24 mars au soir. Les médias turcs affirment qu’il était en contact avec l’Etat Islamique par le biais des réseaux sociaux, après examen des données de son téléphone. Un Syrien l’aurait convaincu de se joindre aux forces de l’EI. A Wakayama, la police japonaise a interrogé le jeune homme sur la base du code pénal, qui interdit aux individus de « mener une guerre contre un Etat étranger à titre personnel », mais aucun indice en ce sens n’a été trouvé. Répondant sur sa présence au sud de la Turquie, il a expliqué qu’il en avait « marre de vivre au Japon », et que son voyage avait pour but « un peu de changement.
BBC – Il n’y a pas de détail sur le lieu de cet essai militaire. Hilare sur la photo, Kim Jong-un a assisté à cette simulation visant à détruire la Maison Bleue, nom de la résidence présidentielle à Séoul. Le dictateur nord-coréen appelle les militaires à se tenir prêts à détruire le gouvernement de son voisin du Sud. De son côté, la présidente Park Geun-hye, a ordonné à l’armée de se tenir en alerte, mais déclare avec assurance que ces « provocations incessantes mèneront le Nord à sa perte ». Si ces derniers temps, la Corée du Nord réagit avec presque un tir de missile par jour aux sanction imposées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, les « provocations » de Pyongyang répondent aussi aux exercices militaires annuels entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.
La dernière attaque contre la Maison Bleue menée par Pyongyang remonte à 1968. La tentative d’assassinat du président de l’époque Park Chung-hee, père de l’actuelle dirigeante du pays, avait échoué, mais l’attaque avait fait près d’une quarantaine de morts.
South China Morning Post – Lee Po ne répondra pas aux questions des journalistes : il veut « tourner la page d’une nouvelle vie » et oublier le passé. Entre octobre et décembre de l’année dernière, Lee Po avait mystérieusement disparu avec 4 autres libraires associés dans la vente de livres critiques à l’égard du parti communiste chinois et interdits sur le continent. Lee à demandé à la police de Hong Kong de ne pas poursuivre d’enquête, et a affirmé ne pas avoir besoin d’aide. D’après ses déclarations auprès des médias proches de Pékin, Lee considère à présent que « la liberté d’expression n’autorise pas à mentir », et qu’il espère que « le commerce de livres interdits disparaîtra bientôt. »

Asie du Sud-Est

The Straits Times – Une centaine de bateaux ont été aperçus hier jeudi 24 mars dans la mer de Chine méridionale, pénétrant le territoire maritime malaisien, ont dénoncé les autorités de Kuala Lumpur. Un bombardier et trois vaisseaux de la Royal Malaysian Navy ont été envoyés pour vérifier l’infraction. Shahidan Kassim, qui dirige le département du Premier ministre, prévient que des actions juridiques contraignantes seront entreprises si les bateaux chinois « empiètent » sur la zone économique exclusive malaisienne. En réponse, la Chine a fait savoir qu’elle ne « comprend pas les détails » des revendications de Kuala Lumpur. Hong Lei, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré, lapidaire, qu’il s’agissait d’une « saison de pêche normale ». En tout cas, la situation ressemble fort à l’incursion de chalutiers chinois au large des îles Natuna, dans les eaux territoriales de l’Indonésie. Jakarta avait alors arrêté 8 pêcheurs chinois.
TuoiTre News – Une vingtaine de journalistes internationaux avait été invités par Taipei à visiter l’île d’Itu Aba dans les Spratleys ce mercredi 23 mars. Hanoi, qui revendique aussi l’archipel, a très peu apprécié. Hier jeudi 24 mars, le porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Le Hai Binh, a dénoncé une violation grave de son territoire. Pour lui, cette action « met en péril » la sécurité dans cette zone maritime ainsi que les relations entre les deux pays. Toute action, a-t-il averti, menée sans concertation dans les Paracels (Hoang Sa en vietnamien) et les Spratleys (Truong Sa) sera désormais tenue pour « illégale, nulle et non avenue. En janvier dernier, le président taïwanais sortant Ma Ying-Jeou s’était rendu en personne sur l’île d’Itu Aba. Hanoi avait fermement condamné une « violation de sa souveraineté.
The Bangkok Post – La Chine est-elle trop sûre d’elle vis-à-vis de l’Asie du Sud-Est ? C’est l’impression que l’on peut avoir, estime Thitinan Pongsudhirak dans le Bangkok Post, si l’on observe la posture de plus en plus agressive de Pékin en mer de Chine méridionale et son contrôle du débit du Mékong par la construction de multiples barrages sur le cours supérieur du fleuve. Certains pays en aval souffrant d’une terrible sécheresse, comme la Thaïlande, en sont à devoir remercier la Chine, quand celle-ci accepte d’ouvrir les vannes. Et la Commission du bas-Mékong, organisme autrefois respecté, est reléguée au rang d’outsider en ce qui concerne la gestion du grand fleuve asiatique. Mais les pays de la région pourraient commencer à se sentir agacés, avec en tête, la Birmanie, sous la houlette d’un nouveau gouvernement démocratique.

Asie du Sud

The Indian Express – Le père Tom Uzhunnali est porté disparu depuis une attaque menée par des islamistes radicaux le 4 mars dernier. Il vivait dans une maison de retraite au Yémen. 16 personnes dont 4 nonnes ont été tuées durant cette attaque. Les Soeurs franciscaines de Siessen avaient posté sur Facebook dimanche 20 mars, que le prêtre indien était torturé, laissant entendre qu’il serait crucifié pendant le Vendredi Saint, ce 25 mars. La rumeur macabre a circulé sur Internet depuis. On ne sait pas si Tom Ushunnali a été enlevé par l’Etat Islamique ou Al-Qaïda, qui est aussi présent au Yémen. Les Soeurs salésiennes de Bangalore, dont le père Ushunnali faisait partie déplorent ne pas avoir d’information à son sujet.
Dawn – Le Premier ministre Nawaz Sharif a présidé hier jeudi 24 mars une réunion stratégique visant à mettre en place une nouvelle compagnie aérienne compétitive au niveau international. Cependant, certains membres du gouvernement s’opposent à lui sur ce projet. Parmi eux, Asad Umar, mandaté pour redresser la surendettée Pakistan International Airlines (PIA), déclare que cette nouvelle compagnie aérienne est destinée à remplacer l’ancienne. Selon lui, certains employés de PIA seraient transférés dans la nouvelle entreprise, ce qui prouve une volonté de miner les initiatives de redressement.
Nepali Times – C’est un nouveau rôle que le Népal entend jouer entre la Chine et l’Inde. Le petit pays situé entre les deux géants asiatiques pourrait être un « point de rencontre entre eux, analyse Kanak Mani Dixit dans un éditorial du Nepali Times. Selon lui, les 10 accords bilatéraux fraîchement signés au China-Nepal Investment Forum sont une nécessité après un blocus de 5 mois imposé par l’Inde l’année dernière. Mais ceux-ci pourraient apporter des solutions bénéfiques au trois pays. Le développement des infrastructures pourrait désenclaver le Népal en le reliant au Tibet et à la zone du Gange. A cause de sa défaite au cours de la guerre indo-chinoise en 1962, New Delhi
reste très méfiant quant au développement d’infrastructures dans une zone montagneuse qui lui sert de rempart.

Par Joris Zylberman et Ryôma Takeuchi, avec Arnaud Dubus à Bangkok, Hubert Kilian à Taipei et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris