Revue de presse Asie - 24 mars 2016

Blessés japonais à Bruxelles, arrestations en Malaisie et Pakistanais en Russie

Bal Thakeray, fondateur et président du Shiv Sena, parti nationaliste hindou
Le groupe terroriste pakistanais LeT aurait tenté d'assassiner Bal Thakeray, fondateur et président du Shiv Sena, parti nationaliste hindou, décédé le 17 novembre 2012. Copie d'écran du site The Indian Express, le 24 mars 2016.

Asie du Nord-Est

Reuters – Xi Jinping va retrouver Barack Obama à Washington la semaine prochaine pour un sommet sur la Sécurité Nucléaire, le 31 mars et le 1e avril. Au programme : la crise nord-coréenne, la cyber-sécurité, et sans doute les tensions en Mer de Chine du Sud. Pékin approuve les sanctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies à l’égard de Pyongyang, mais s’oppose au projet de Séoul et de Washington d’installer un système de défense antimissile (THAD).

Du côté de Pyongyang, les « grandes manoeuvres » continuent. Un nouveau missile a été testé ce jeudi 24 mars, selon l’agence de presse officielle nord-coréenne, citée par le New York Times. La nouveauté vient qu’il s’agit de missiles lancés avec du combustible solide, qui réduit le temps de lancement et améliore la mobilité au sol du système, contrairement au combustible liquide utilisé précédemment. Les doutes persistent sur la réalité des « succès » technologiques dont Kim Jong-un s’auto-congratule. Pour autant, la Corée du Sud se tient en alerte.

South China Morning Post – Yu Takita (30 ans) et Minoru Hino (52 ans) ont survécu à l’attentat à la bombe dans la station de Maelbeek, ce mardi à Bruxelles. « Je tremble à l’idée que j’aurais pu mourir si j’avais été un mètre plus près de l’explosion », confie Minoru Hino à l’agence nippone Kyodo News citée par le Japan Times. Blessé au nez, au front et à la jambe, l’homme est employé de l’agence de voyage P.I. Travel. Il a eu plus de chance que Yu Takita, actuellement hospitalisé à Bruxelles et toujours dans le coma. D’après Yoshihide Suga, le Secrétaire général du Cabinet du Premier ministre, l’état de santé de ce dernier est malgré tout « stabilisé ».
Taipei Times – Un groupe de correspondants étrangers a été autorisé à visiter l’îlot d’Itu Aba, également appelé Île Taiping, sur invitation du gouvernement taïwanais. Cette île, partie intégrante de l’archipel des Spratleys, est convoitée par 4 pays : la Chine, Taïwan, les Philippines et le Vietnam. Taipei tente d’imposer son autorité par cette initiative, et de contrer l’argumentaire de Manille auprès de la cour d’arbitrage de la Haye. Les Philippines avaient affirmé que Itu Aba n’était pas un environnement propice à la vie humaine, ce que Taipei critique comme un « manque de connaissances du terrain ».
South China Morning Post – C’est en août dernier que Zhang Kai avait été arrêté par les autorités chinoises, alors qu’il s’apprêtait à rencontrer le rabbin David Saperstein pour discuter de la liberté de culte. Zhang Kai aurait apporté un soutien juridique à une centaine des communautés protestantes. L’association China Aid, basée au Texas, rapporte qu’il a été libéré hier mercredi 23 mars. Le lieu de sa détention n’a pas été dévoilé par la justice chinoise, qui avait rejeté les protestations émises par les Etats-Unis. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en 2012, 70 millions de chrétiens témoignent d’un durcissement de l’Etat chinois à leur égard. Plus de 200 juristes et militants ont été interpellés en juillet 2015, et une douzaine d’entre eux avaient alors été incarcérés. China Aid rapporte plusieurs centaines d’actes de vandalisme dans des lieux de culte protestants dans la province du Zhejiang.

Asie du Sud-Est

Free Malaysia Today – Ils sont soupçonnés d’appartenir à des cellules liées à l’Etat Islamique. C’est ainsi que le l’inspecteur général de la police malaisienne a expliqué leur arrestation. L’article de Free Malaysia Today ne donne pas plus de détails sur les circonstances de cette opération, précisant que des documents sensibles en leur possession ont été confisqués. La BBC précisé de son côté que les personnes arrêtées sont principalement des étudiants et des ouvriers. Le raid avait été organisé ce mercredi 23 mars, alors que la Fédération de Malaisie se lance dans une opération pour contrer la montée de l’extrémisme musulman. Une cellule anti-terroriste sera mise en place dans chaque Etat fédéré. L’inspecteur général de police Khalid Abu Bakar déclare que les attentats de Bruxelles prouvent la nécessité de ces mesures. La Malaisie est en état d’alerte après les attaques terroristes revendiquées par Daech à Jakarta le 14 janvier dernier. Les autorités malaisiennes rapportent plus de 160 arrestations de suspects depuis janvier 2015, et affirment avoir déjoué une attaque visant à enlever le Premier ministre Najib Razak.
Myanmar Times – La Dame de Rangoun doit « faire le ménage ». Telle est l’injonction du quotidien birman. Hier mardi 22 mars, les 18 ministres du prochain gouvernement ont été présentés au Parlement. Parmi eux, Aung San Suu Kyi sera en charge de 4 ministères, et pas des moindres : les affaires étrangères, le cabinet du président, l’éducation et la politique énergétique. Selon les experts, les deux derniers postes lui donnent la main sur des défis concrets pour l’avenir du pays, tandis que les deux autres postes, plus politiques, lui permettront d’influer sur les décisions du président.
The Jakarta Post – Ce sont 7,5 milliards de dollars qui ont été perdus sur 10 ans, déclare Bambang Brodjonegoro. Le ministre indonésien des Finances affirme que plus 2 000 entreprises étrangères sont coupables de « fraude fiscale ». Mais les personnes physiques sont aussi en ligne de mire : sur 5 millions d’étrangers possédant 2 à 3 sources de revenus, seuls 900 000 d’entre eux auraient payé correctement leurs impôts. Ce qui équivaudrait à une perte d’environ 700 millions de dollars. Le gouvernement de Jakarta souhaite améliorer les bases de données relatives aux contribuables, alors que le président Joko Widodo a fait augmenter le taux d’imposition de 11% à 15%.

Asie du Sud

The Indian Express – Le terroriste américano-pakistanais David Headley affirme qu’il était informé d’un complot contre Bal Thackeray, le nationaliste hindou décédé en 2012. Mais la personne en charge de cette « mission » pour le compte du groupe terroriste pakistanais Lashkar-e-Taiba (LeT) avait été arrêtée avant de la mener à bien. David Headley, aussi impliqué dans les attaques du 26 novembre 2008 à Bombay, a affirmé devant la cour de Mumbai que son groupe cherchait depuis longtemps une occasion pour attaquer le Shiv Sena, le parti hindou nationaliste radical. Mais il affirme plus grave : l’Autorité américaine de Contrôle des Stupéfiants aurait financé son voyage au Pakistan. De plus, il aurait un complice du nom de Tahawwur Rana, qui avait une activité liée à l’immigration aux Etats-Unis. Si elles sont fondées, ces déclarations pourraient nuire à la crédibilité du Pakistan dans sa lutte contre le terrorisme.
Dawn – Le ministère des Affaires étrangères « discute de la question avec l’ambassade de Russie à Islamabad ». Les 48 Pakistanais devraient être rapatriés d’ici ce jeudi soir 24 mars. Ils étaient en déplacement professionnels, d’après le porte-parole du ministère pakistanais. La Russie n’a pas encore donné d’explication à l’interpellation de ce groupe de traders. Des vidéos sur Internet montrent les Pakistanais parqués dans des petits espaces inconfortables de l’aréoport moscovite. Pour le quotidien Dawn, c’est le résultat du durcissement des mesures de sécurité en Russie après les attentats meurtriers à Bruxelles ce mardi 22 mars. Des ressortissants turcs auraient aussi été interpellés par les autorités russes.
Kathmandu Post – Les manifestants exigaient la vérité sur le traitement infligé à leurs proches. Ils étaient rassemblés ce jeudi 24 mars devant la résidence du Premier ministre népalais Sharma Oli, à l’occasion de la « Journée internationale pour le droit à la vérité en ce qui concerne les violations flagrantes des droits de l’homme et pour la dignité des victimes ». Une journée mondiale créée par les Nations Unies. Plusieurs de ces militants des droits de l’homme ont été arrêtés par les forces de l’ordre, et 5 d’entre eux ont été blessés. Il seront relâchés une fois que les manifestants auront quitté les lieux, a déclaré le superintendant adjoint de police Lokenda Shrestha. Parmi les organsiations présentes, la Conflicts Victims Common Platform, une association reconnue par les Nations Unies.
Par Joris Zylberman et Ryôma Takeuchi, avec Hubert Kilian à Taipei et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris