Revue de presse matières premières - 5 février 2016

Pétrole chinois en baisse, investissement indien dans le minerai de fer et colère indonésienne sur l’huile de palme

Fruits de palmier à huile en Indonésie
Fruits de palmier à huile en Indonésie. Copie d'écran du Jakarta Globe, le 2 février 2016.

ENERGIE

Pékin ferme ses mines de charbon… pour le Nouvel An chinois

Reuters – Une quinzaine de groupes miniers chinois vont suspendre leurs extractions et permettre aux mineurs de profiter des vacances du Nouvel An. L’interruption de la production pourrait renforcer les prix du charbon qui ont perdu près d’un tiers de leur valeur l’année dernière. La demande réduite et l’offre surabondante ont conduit à la déroute des prix, installant le secteur dans une crise durable, ont déclaré des mineurs dans un communiqué publié sur les sites des groupes miniers. La suspension des opérations pour quelques jours aura pour effet d’amoindrir la pression, relèvent-ils. D’habitude, les mineurs sont supposés poursuivre le travail durant les congés officiels, afin de garantir l’approvisionnement dans une période où les sources d’énergie connaissent un pic de consommation.

En Chine, la production de pétrole mise à mal par la baisse des prix

Bloomberg – La production de brut en Chine va baisser en 2016 entre 3% et 5% par rapport au record de 4,3 millions de barils par jour en 2015, selon un cabinet d’experts cité par Bloomberg. CNOOC, le plus important explorateur chinois de brut offshore, prévoit cette année de réduire conjointement sa production ainsi que ses dépenses en immobilisations. Le mois dernier, China Petroleum & Chemical Corp. Annonçait une baisse de sa production de pétrole et de gaz pour la première fois en 16 ans. Mais une production intérieure réduite empêche de suivre le rythme croissant de la consommation de carburant et de constituer des réserves de brut sans être dépendant des importations. Selon China National Petroleum Corp., l’approvisionnement extérieur de la Chine satisfait presque les deux tiers de la demande du pays.

METAUX

Le prix du fer menacé par la baisse de la production d’acier chinois

Bloomberg – Selon Goldman Sachs, les prix du minerai de fer déjà meurtris par une offre globale surabondante risquent d’être soumis à une pression supplémentaire, avec la décision chinoise d’accélérer les efforts de réduction de la capacité de production d’acier dans le pays, premier producteur mondial. En conséquence, Goldman Sachs a déjà revu à la baisse ses prévisions sur les prix du fer, en tablant sur une possible longue hibernation de l’industrie de l’acier, avec une estimation à 38 dollars la tonne de minerai de fer en décembre dernier contre 35 dollars pour 2017 et 2018. Aux yeux des experts, il est clair que la Chine devra poursuivre ses baisses de production d’acier.

En Inde et en Chine, Le prix de l’or tient les acheteurs à l’écart

Reuters – En Asie, la plupart des acheteurs physiques d’or se sont tenus en retrait cette semaine alors que le métal a vu son prix grimper à son plus haut niveau depuis octobre. Conséquence directe, les bijouteries en Inde ont proposé des rabais car il faut liquider les stocks achetés à bas prix en décembre. Mais les acheteurs indiens au détail attendent que le gouvernement Modi baisse les taxes sur l’importation d’or, dont la hausse n’a semble-t-il profité qu’à la contrebande de lingots. En Chine, la demande est restée léthargique à l’approche des vacances du Nouvel An lunaire, car les achats sont de toute façon réalisés plusieurs semaines en amont de cette période. Il faudra attendre le mois prochain selon les analystes pour entrevoir une activité plus fébrile dans la vente au détail en Inde comme en Chine.

Les gros investissements de l’Inde dans des usines de minerai de fer en Iran

Mining.com – Le groupe minier indien d’État KIOC pourrait investir une mise initiale de 59 millions de dollars pour construire en Iran un complexe de traitement du minerai de fer jusqu’au stade de la boulette. Le fabricant indien d’aluminium NALCO envisage de son côté d’investir 2 milliards de dollars dans la construction d’une fonderie en Iran. Selon Mehdi Karbasian, vice-ministre iranien de l’Industrie, des Mines et du Commerce, l’Iran compte déjà sur plus de 10 milliards d’intentions d’investissements de la part des Européens et des Chinois, pour le seul secteur minier.

AGRICULTURE

ChemChina veut avaler le Suisse Syngenta pour 43 milliards de dollars

CNBC – ChemChina (China National Chemical Corporation), immense conglomérat d’Etat de chimie, souhaite jeter son dévolu sur le Suisse Syngenta. En proposant un peu plus de 43 milliards de dollars, les Chinois font de ce deal la plus grosse acquisition jamais réalisée par une société chinoise. « Ce n’est pas une nationalisation chinoise », s’est défendu Michel Demaré, président du géant suisse de l’agroalimentaire. Le rachat ne vise pas à mutualiser des coûts mais à stimuler la croissance, l’innovation et Syngenta continuera à travailler comme aujourd’hui. »

L’Indonésie dénonce la taxe additionnelle française sur l’huile de palme

Jakarta Globe – Plus gros producteur mondial d’huile de palme, l’Indonésie ne veut pas entendre parler de la taxe additionnelle sur l’huile de palme récemment adoptée par le Sénat français et que Jakarta juge « arrogante » et « excessive ». Un amendement qui instaure une contribution additionnelle à la taxe spéciale sur les huiles de palme. Selon le gouvernement indonésien, l’argument écologique de la taxe additionnelle mis en avant par la France ne tient pas la route, car il ignore les réglementations mises en place par l’Indonésie dans le cadre de la protection de l’environnement et de la lutte contre la déforestation.

La Thaïlande va vendre pour 172 millions de dollars de riz à l’Iran

Straits Times / Reuters – La Thaïlande, qui est l’un des plus gros exportateurs de riz au monde, a conclu un accord avec l’Iran portant sur la vente de 300 000 tonnes de riz à Téhéran, pour un montant total avoisinant les 172 millions de dollars. Les premières expéditions devraient se faire d’ici 6 à 8 mois. L’annonce de cet accord intervient alors qu’une délégation d’hommes d’affaires thaïlandais est actuellement en Iran afin de renouer les liens commerciaux entre les deux pays, après la levée des sanctions américaines et européennes envers la République islamique.
Par Nicolas Sanders