Revue de presse Asie - 5 février 2016

Libraires hongkongais en Chine, icônes touristiques japonaises et journée de solidarité pour le Cachemire

les trois derniers libraires hongkongais dont aucune nouvelle n'avait été donnée depuis leur disparition, en octobre 2015
Les autorités chinoises ont affirmé hier soir détenir les trois derniers libraires hongkongais dont aucune nouvelle n'avait été donnée depuis leur disparition, en octobre 2015. Copie d'écran du South China Morning Post, le 5 février 2016.

Asie du Nord-Est

La Chine affirme détenir les trois derniers libraires hongkongais

South China Morning Post – Les cinq libraires hongkongais disparus sont désormais tous localisés… en Chine continentale. La police du Guangdong, province frontalière avec Hong Kong, a déclaré détenir les trois derniers libraires dont aucune nouvelle n’avait été donnée depuis leur disparition, en octobre 2015. Lui Por, Cheung Chi-ping et Lam Wing-kee sont sous le coup d’une enquête des autorités chinoises : officiellement, ils seraient impliqués dans le délit de fuite qu’a avoué récemment l’un des autres libraires – Gui Minhai – et accusés d’activités « interdites sur le continent ». Mais pour la police hongkongaise, cette annonce ne fait qu’accréditer la thèse du kidnapping par des agents chinois. Ce qui remet en question l’autonomie de l’ex-colonie britannique, pourtant garantie par son statut de « région administrative spéciale ». Le Parlement européen a d’ailleurs appelé aujourd’hui à la libération des cinq libraires, connus pour vendre des ouvrages critiques vis-à-vis du Parti communiste chinois, indique Reuters.

Le Japon va-t-il cesser de localiser les temples avec une svastika sur ses cartes touristiques ?

Japan Today – Dilemme culturel. En prévision des JO de 2020 et de l’afflux massif de visiteurs occidentaux, le Japon doit-il changer l’icône de localisation des temples bouddhistes sur ses cartes touristiques ? Les autorités craignent en effet que la svastika, appelée manji en japonais, ne soit confondue avec une croix gammée. De vives réactions se sont faites entendre de la part des internautes : certains soutenant la modification du pictogramme au profit d’une pagode à trois étages, d’autres accusant le gouvernement d’effacer une partie de la culture nippone pour éviter tout quiproquo avec les touristes occidentaux. Décision annoncée en mars.

Femmes de réconfort : le fonds de compensation japonais directement reversé aux victimes

The Korea Times – Les 8,5 millions de dollars versés par le Japon profiteront directement aux femmes de réconfort coréennes, a indiqué le ministère coréen des Affaires étrangères. Pas de monument ou d’événement commémoratif, donc – mais des compensations financières permettant notamment de couvrir leurs frais médicaux. Or pour certaines victimes, l’argent ne suffit pas à lui seul, rapporte le Korea Times. Car dans le cadre de l’accord trouvé entre Tokyo et Séoul fin décembre, le Japon n’a pas reconnu sa responsabilité légale dans la création et l’entretien du système des femmes de réconfort. Certaines d’entre elles risquent donc de refuser l’argent versé par le gouvernement nippon, estimant l’accord insatisfaisant.

Asie du Sud-Est

Malaisie : la France ouvre une enquête sur des pots-de-vins versés au Premier ministre

The Straits Times – Les procureurs de Paris viennent d’ouvrir une enquête officielle sur de possibles pots-de-vins versés à Najib Razak, le Premier ministre malaisien lorsque celui-ci était ministre de la Défense. Des dessous-de-table qu’il aurait touchés autour d’un contrat d’armement d’un montant d’1,2 milliards de dollars. Le but de l’enquête sera d’établir si le groupe français Thales International Asia, via son directeur de l’époque, a versé ou non des rétrocommissions à Najib Razak afin d’obtenir le contrat d’achat par la Malaisie de deux sous-marins en 2002. L’ouverture de l’enquête fait suite à la mise en examen le 15 décembre dernier de l’ancien directeur du groupe pour « corruption active d’agents publics étrangers » et « complicité d’abus de biens sociaux ».

C’est donc un nouveau rebondissement dans cette large affaire connue aussi sous le nom « d’affaire Altantuya », dénoncée notamment par notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus (voir son enquête sur le sujet pour comprendre tous les tenants, aboutissants et rebondissements).

Indonésie : le gouvernement « étudie » la demande d’amnistie des indépendantistes papous

The Jakarta Post – Dix anciens membres du groupe indépendantiste papou connu sous le nom de Free Papua Movement ont déposé une demande d’amnistie et d’aide sociale auprès du gouvernement indonésien qui dit étudier la question. Cette demande rejoint la nouvelle approche « soft » dans le traitement de la cause indépendantiste prônée par le président Joko Widodo (voir notre article sur le sujet) en lieu et place d’une approche plus « dure, incluant l’usage de la force et des armes ».

Thaïlande : un effort pour la régularisation des travailleurs sans-papiers

The Phnom Penh Post – Les autorités thaïlandaises ont annoncé qu’elles allaient redoubler d’efforts afin de combattre le travail des migrants illégaux. Le ministre de l’Emploi a ainsi annoncé que ses services allaient très vite procéder à de vastes recherches dans les zones industrielles afin de démasquer les travailleurs illégaux et que ceux trouvés seraient « sévèrement punis » ; bien qu’il n’ait pas précisé la hauteur de ladite punition. Les employeurs abritant ces travailleurs verront leur entreprise fermée et devront payer une amende de 2 800 dollars par travailleurs ; montant qui sera majoré jusqu’à 11 215 dollars pour les employés de l’industrie de la pêche. Avec ces mesures, la junte entend répondre aux nombreuses critiques sur le sort des travailleurs illégaux du royaume, notamment dans l’industrie de la pêche. La Thaïlande dénombrerait aujourd’hui quelque 1,6 millions de travailleurs migrants, dont une large partie provient du Cambodge voisin.

Malaisie-Indonésie : tractations autour des 126 migrants indonésiens condamnés à mort

The Jakarta Post – Le gouvernement de Jakarta étudie actuellement toutes les mesures possibles afin de « sauver » les 126 travailleurs migrants indonésiens condamnés à la peine de mort en Malaisie pour des infractions liées à la drogue. Grâce aux efforts déployés par les différents ministères concernés, l’Indonésie a déjà réussi à faire rapatrier 282 de ses concitoyens condamnés à mort en Malaisie entre 2013 et 2015.

On dénombre aujourd’hui pas moins de 429 872 travailleurs migrants indonésiens, dont une large majorité (127 827) travaillant en Malaisie, rappelle l’Agence du Placement et de la Protection des Travailleurs migrants indonésiens.

Asie du Sud

Pakistan : une journée de solidarité pour le Cachemire pleine d’interrogations

Dawn« Existe-t-il encore un sentiment pro-pakistanais au Cachemire ? » se demande Dawn. Selon le quotidien pakistanais, la politique d’Islamabad vis-à-vis de la région disputée avec l’Inde depuis 1947 est considérée comme « instable », et la journée de solidarité pour le Cachemire – célébrée ce vendredi 5 février – relève désormais du « symbole ». La volonté de rattachement au Pakistan serait ainsi en déclin chez les jeunes Cachemiris. L’Inde leur apparaîtrait comme un pays beaucoup plus stable et moins violent. Néanmoins, aucune étude empirique n’a été menée sur la question et ce constat de basculement identitaire repose sur les observations et le ressenti de spécialistes du Cachemire, rappelle Dawn.

Inde : les 10 soldats disparus sur le glacier du Siachen sont morts

The Indian Express – C’est le champ de bataille le plus élevé au monde : entre 5 000 et 7 000 mètres d’altitude. Sur le glacier du Siachen, les 10 soldats indiens engloutis avant-hier par une avalanche ont été déclarés morts par les autorités de New Delhi ce vendredi. Le Premier ministre Narendra Modi, qui a exprimé ses condoléances, avait refusé l’aide des secours pakistanais. Les opérations continuent pour tenter de retrouver les corps. Le glacier du Siachen, en plein Cachemire, fait l’objet d’un conflit de souveraineté entre l’Inde et le Pakistan depuis l’opération Meghdoot lancée par New Delhi en 1984.

L’Inde ratifie la convention sur la réparation complémentaire des dommages nucléaires

The Times of India – Rassurer les investisseurs. C’est ce qui a poussé New Delhi à ratifier aujourd’hui la convention sur la réparation complémentaire des dommages nucléaires. Voulant faire passer la part de l’atome dans son mix énergétique de 3% aujourd’hui à 25% en 2050 et projetant la construction de 60 réacteurs, l’Inde tente de créer un environnement favorable aux fournisseurs de matériel nucléaire. La ratification de cette convention « parachève le cadre de prise en charge des victimes civiles en cas d’accident nucléaire », a indiqué le ministre indien des Affaires étrangères.
Par Alexandre Gandil et Antoine Richard, avec Anda Djoehana Wiradikarta à Paris