Revue de Presse Matières Premières – 16 décembre 2015

Double charbon en Inde, yuan chinois et métaux indonésiens

Plantation d’huile de palme en Malaisie.
L'Inde va doubler sa produciton de charbon malgré l'accord de Paris sur le clkimat.. Copie d’écran de Reuters, le 14 décembre 2015.

ENERGIE

Inde : l’accord de Paris sur le climat n’empêchera pas de doubler la production de charbon

Reuters – L’Inde reste déterminée à doubler sa production de charbon d’ici à 2020, et à continuer pendant encore longtemps à compter sur cette matière première. Une confidence lâchée par un officiel du ministère indien de l’Énergie au lendemain de l’accord international sur le climat conclu à Paris le week-end dernier. Troisième plus gros émetteur de carbone au monde, l’Inde dépend du charbon pour les deux tiers de ses besoins énergétiques. Malgré l’engagement de l’Inde dans les énergies renouvelables, son recours de plus en plus important au charbon pourrait entraver la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.

Un « gazoduc de la paix » pour l’Asie du Sud

Nikkei Asian Review – Quatrième réserve de gaz naturel au monde, le Turkménistan a conclu dimanche dernier un projet de gazoduc à plusieurs milliards de dollars en vue d’approvisionner l’Afghanistan, l’Inde et le Pakistan. Avec le TAPI (Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) qui s’étendra sur 1 814 kilomètres, le Turkménistan sera à même d’exporter 33 milliards de m3 de gaz par an et cela pendant trente ans, à compter de 2019. Inde et Pakistan recevront chacun environ 40% de la production, le reste étant affecté à l’Afghanistan. Le parcours du TAPI lui a valu le surnom de « gazoduc de la paix » : le gazoduc atteindra la région de Fazilka dans le nord de l’Inde, en passant par Herat et Kandahar en Afghanistan, et Multan et Quetta au Pakistan. Selon les spécialistes, la sécurité du gazoduc reste un énorme défi.

Le yuan, le FMI et l’avenir des importations chinoises de pétrole

Forbes – En dépit de la baisse rapide de ses importations de charbon, de minerai de fer et d’autres matières premières, la Chine continue d’importer des volumes record de pétrole brut. Indéniablement, Pékin profite des prix actuellement bas pour constituer sa réserve stratégique de pétrole. Les achats de pétrole brut étant réalisés en dollars américains, la décision d’augmenter les importations avant la récente dépréciation du yuan semble aujourd’hui favorable. Le FMI ayant accepté d’inclure le yuan dans ses droits de tirage spéciaux (DTS) l’année prochaine, la devise chinoise s’échangera plus massivement que lorsqu’elle était arrimée au dollar. Forte d’une réserve en devises étrangères de plus de 3,5 milliards de dollars, la Chine a les reins suffisamment solides pour se défendre contre une éventuelle attaque de spéculateurs. Et tout ce qui peut concourir à la défense de la monnaie chinoise face au dollar a aussi pour effet de stabiliser le coût des importations de brut facturées en dollars.

METAUX

L’Indonésien Bumi Ressources Mineral à la recherche de financements australiens

The Jakarta Globe – L’entreprise indonésienne cotée en Bourse Bumi Ressources Mineral, qui est la division or et cuivre du très puissant Bakrie Group, négocie actuellement avec des compagnies minières australiennes dont l’identité n’a pas été révélée, pour assurer un financement à ses sites d’exploitation à Gorontalo, dans le nord de l’île indonésienne de Sulawesi (Célèbes). Selon les estimations, les mines de Gorontalo disposent de plus de 100 millions de tonnes de ressources en minerai.

Les prix des métaux et la Chine n’iront pas mieux en 2016

Metal Miner – Le rôle de la Chine sur les marchés des matières premières est tellement important que l’évolution des prix des métaux dépend complètement de ce pays. Les indicateurs-clés retenus pour 2016 par la revue spécialisée Metal Miner ne laissent pas présager une quelconque amélioration. L’excédent commercial, la chute du yuan à son plus bas niveau face au dollar en quatre ans et la poursuite de la chute des marchés d’actions chinois empêcheront les prix des métaux de repartir à la hausse l’année prochaine, estime l’auteur de l’article.

Rio Tinto pourra-t-il faire face à une aggravation de la situation en Asie ?

Market Realist – Market Realist s’interroge sur les capacités du groupe minier anglo-australien Rio Tinto à franchir le cap de la transition économique en Chine. L’optimisme affiché par Sam Walsh, président du groupe, n’est pas partagé par tous. Walsh croît par exemple que la production d’acier va continuer à se développer en Chine, ce que semble même démentir la CISA (China Iron and Steel Association).

AGRICULTURE

Le Chinois COFCO sur le point de contrôler Noble Group

Reuters – L’entreprise publique et géant alimentaire chinois COFCO (China National Cereals, Oils and Foodstuffs Corporation) est entrée dans des discussions avancées en vue de prendre le contrôle complet du négociant chinois en matières premières agricoles Noble Group, établi à Hong Kong. Selon Reuters, qui s’appuie sur différentes sources, un tel accord permettrait à COFCO de sérieusement rivaliser avec le quartet « ABCD » qui réunit les quatre plus gros négociants de l’agribusiness : Archer Daniels Midland, Bunge, Cargill et Louis Dreyfus. En avril 2014, COFCO avait déjà déboursé 1,5 milliard de dollars pour acquérir 51% de Noble Group. Ce nouvel investissement estimé à environ 750 millions de dollars apportera à COFCO des actifs dans plusieurs régions stratégiques en matière de céréales et de production d’huile végétale, comme le Brésil, l’Argentine, l’Indonésie et la région de la Mer noire.
L’année 2015 aura vu un nombre record d’accords et d’alliances chez les grands négociants en matières premières agricoles, relève Bloomberg qui a comptabilisé plus de 400 deals dans le secteur cette année, pour un montant total estimé à près de 32 milliards de dollars. Car loin de se laisser découragés par les prix à la baisse, les acheteurs cherchent avant tout à sécuriser leur approvisionnement.

Le noir avenir du café indonésien

The Jakarta Post – En Indonésie, les perspectives d’avenir du marché du café sont très incertaines. En cause, une production insuffisante ne répondant pas à la hausse de la demande. Conséquence directe, le pays qui est actuellement un exportateur net pourrait d’ici cinq ans devenir un importateur net. La production de café de l’Indonésie n’a pas dépassé une hausse de 5% ces dernières années, pendant que la consommation connaissait une augmentation annuelle de 14%.

Chine : Trop de coton tue le coton

The Economic Times – Il y a suffisamment de coton dans le monde pour confectionner plus de 127 milliards de T-shirts, c’est -à-dire 17 par habitant de la planète. Selon le journal, c’est une très mauvaise nouvelle pour les investisseurs qui parient sur une hausse des prix. En réduisant ses importations de plus de 30%, la Chine, qui est le plus gros consommateur de coton dans le monde, a favorisé le rétrécissement du commerce mondial de coton pour la quatrième année consécutive, d’après le International Cotton Advisory Committee.

Par Nicolas Sanders