Revue de presse Asie - 8 décembre 2015

Pékin en alerte rouge à la pollution, manifestants arrêtés en Thaïlande et bourbier politique au Népal

Pour la première fois, Pékin a déclenché ce mardi à 7h (heure locale) son alerte rouge contre la pollution.
Pour la première fois, Pékin a déclenché ce mardi à 7h (heure locale) son alerte rouge contre la pollution. Copie d’écran du South China Morning Post, le 8 décembre 2015.

Asie du Nord-Est

Chine : pour la première fois, Pékin déclenche l’alerte rouge face à la pollution

South China Morning Post – Elle est entrée en vigueur ce mardi à 7 heures (heure locale). L’alerte rouge à la pollution, déclenchée pour la première fois à Pékin, implique la mise en place de la circulation alternée, la fermeture des écoles et le gel des constructions extérieures. Mais les citoyens et les activistes ne sont pas satisfaits de ce système : l’alerte rouge n’est déclenchée que si les prévisions météorologiques annoncent une pollution lourde prolongée (plus de 3 jours avec un indice de qualité de l’air supérieur à 200). Ce qui explique pourquoi seule une alerte orange a été déclarée la semaine dernière, malgré 5 jours consécutifs de pollution… Certains habitants de Pékin déclarent même que « l’Airpocalypse » d’alors était plus intense. Quoi qu’il en soit, c’est tout le nord-est de la Chine qui est encore plongé sous un épais brouillard toxique. Et la ville de Hengshui, dans le Hebei, de recenser un indice de qualité de l’air à 500 – le maximum mesurable par les autorités chinoises…

Le Japon n’était finalement pas entré en récession

The Asahi Shimbun avec AP – C’est une révision de chiffres qui rassure Tokyo. Alors que le Japon avait annoncé une seconde contraction consécutive de son PIB au 3e trimestre 2015 (-0,2%), ce qui aurait fait entrer son économie en récession, les nouvelles données font état d’une croissance économique trimestrielle à +0,3%. En cause : une révision à la hausse des investissements des entreprises, des exportations, et surtout des stocks. Mais la demande intérieure reste faible et les entreprises nippones préfèrent investir à l’étranger plutôt que d’augmenter les salaires et de mettre à niveau leurs usines au Japon, rapporte The Asahi Shimbun.

Corée du Nord : les engagements contre le changement climatique enfin dévoilés

Channel News Asia – Mieux vaut tard que jamais. La Corée du Nord n’avait pas soumis de contribution nationale en préparation de la COP21 – mais le discours du ministre nord-coréen des Affaires étrangères au Bourget a voulu y remédier. Le régime de Pyongyang s’engage donc à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 37,4% d’ici 2030 par rapport à 1990 – année de fortes émissions pour la Corée du Nord puisqu’elle précède son effondrement économique, précipité par la chute du bloc soviétique l’année suivante. Assurant la bonne volonté de son pays, déterminé à « assumer ses responsabilités en tant qu’Etat-partie à la CCNUCC (Convention cadre des Nations unies sur le Changement climatique) », Ri Su-yong a également rappelé l’implication totale du leader nord-coréen Kim Jong-un, qui a « déclaré la guerre à la déforestation ».

Taïwan peut-elle être visée par une attaque de Daech ?

Taipei Times – Les avis d’experts divergent mais certains estiment qu’avec la tenue à Taipei des Universiades en 2017, la municipalité de Taipei devra prendre les mesures qui s’imposent en matière de sécurité pour faire face à une « possible » menace terroriste. A l’inverse, d’autres estiment que la possibilité d’une attaque est faible car Taïwan est une société faisant preuve d’une grande tolérance vis-à-vis des autres religions. L’Apple Daily, célèbre tabloid en langue chinoise, note que Daech vient de mettre en ligne un recrutement en langue chinoise visant vraisemblablement la région du Xinjiang, en Chine continentale.

Asie du Sud-Est

Indonésie : menace imminente d’attaques terroristes d’après les autorités

Jakarta Globe – Ces deux derniers jours, le chef des renseignements indonésiens et le ministre pour la Coordination des Affaires politiques, judiciaires et sécuritaires ont publiquement déclaré que l’Indonésie se préparait à une « probable attentat terroriste dans un futur proche », relate le Jakarta Globe. Si la piste d’attaques coordonnées et simultanées comme à Paris est écartée, les autorités indonésiennes s’attendent néanmoins à des attentats de plus faible ampleur en raison du soutien croissant à Daech dans le pays.

Malaisie : Najib Razak réaffirme son autorité devant son parti

The Malay Mail Online – Alors que l’assemblée générale de l’UMNO (parti au pouvoir en Malaisie) s’ouvre aujourd’hui, le président du parti et Premier ministre malaisien Najib Razak a appelé ses membres à maintenir leur soutien : « Je veux que le parti reste uni… Je ne veux pas voir un parti dans le chaos ou désuni… Je veux des membres en rangs serrés. » Plusieurs voix s’étaient élevées à l’intérieur même de l’UMNO alors que Najib Razak est plongé dans un scandale de corruption, soupçonné d’un transfert fraudulaux de 700 millions de dollars impliquant le fonds d’investissement étatique 1MDB. Aujourd’hui encore, le Premier ministre a affirmé qu’il avait la « conscience parfaitement tranquille » et que cet argent provenait d’un donateur anonyme du Moyen-Orient, rapporte le quotidien britannique The Guardian.

Singapour : déploiement d’un avion de surveillance américain

Channel News Asia – La coopération de défense entre Singapour et les Etats-Unis s’approfondit encore. Alors que la cité-Etat accueille un avion de surveillance américain, le P8 Poseidon, les deux gouvernements ont signé un nouvel accord de coopération qui fait suite au Memorandum d’Entente de 1990 et à l’Accord-cadre stratégique de 2005. Objectifs : favoriser l’interopérabilité des armées singapouriennes et étasuniennes et soutenir les opérations de sécurité maritime. Tout cela dans un contexte de tensions croissantes en mer de Chine méridionale, où Pékin assoit sa souveraineté en remblayant des récifs coraliens et en créant, de fait, de nouveaux îlots.

Thaïlande : des manifestations interdites et des activistes détenus autour du scandale du parc Rajabhakti

The Irrawaddy – A force de vouloir étouffer le scandale, la junte continue d’éveiller les soupçons. Près de 40 étudiants et activistes ont été arrêtés hier aux abords du parc Rajabhakti alors qu’ils manifestaient contre la corruption présumée à l’origine de sa construction. L’armée avait alors fermé le parc, soi-disant pour rénovation. Tous ont été libérés dans la nuit d’hier à aujourd’hui en ayant signé un mémorandum d’entente qui implique leur incarcération s’ils « transgressent de nouveau les lois de la junte ». L’armée ne nie plus aujourd’hui que la construction du parc ait pu être financée par de l’argent sale, puisque même Prayuth Chan-ocha, Premier ministre et chef de la junte, a récemment évoqué cette possibilité – mais une nouvelle enquête doit encore être conduite (voir notre revue de presse du 4 décembre.

Asie du Sud

Inde : un code civil uniforme pour tous ?

Scroll.in – La Cour constitutionnelle indienne a déclaré qu’il était du ressort du gouvernement de mettre un place un code civil uniforme pour tous, qui « encadrerait les lois de la personne propres à chaque religion ». Mais pour Scroll.in, cette adoption – si elle se fait – ne doit pas pâtir de la logique des partis. En fait, pour le média en ligne indien, l’émancipation des citoyens peut être assurée sans un tel code civil – peut-être suffirait-il de réformer les lois de la personne propres à chaque communauté. Et de conclure que la société indienne, cosmopolite, n’est peut-être pas encore prête au traitement indifférencié de ses citoyens.

L’inde s’attaque au réseau d’espionnage pakistanais sur son sol

India Today – Les espions pakistanais utilisaient Whatsapp – et c’est ce qui les a perdus. India Today revient sur la longue enquête menée par les reinseignements indiens pour démonter un réseau d’espionnage « profondément enraciné » sur l’ensemble du territoire national. Grâce à l’interception de communications téléphoniques et aux aveux d’un premier espion arrêté (Kafaitullah Khan), les autorités indiennes ont pu progressivement établir le lien entre certains individus et les services secrets pakistanais (ISI). Seules 9 personnes ont été arrêtées jusqu’à aujourd’hui – « la partie visible de l’iceberg », selon India Today.

Népal : les Madhesis refusent le compromis de Katmandou

The Hindu – La délégation Madhesi en visite à New Delhi a refusé la proposition d’accord-cadre faite par Katmandou pour régler la crise intérieure au Népal et internationale avec l’Inde. Les trois parties s’affrontent sur la nouvelle constitution népalaise, adoptée en septembre, qui a regroupé la communauté madhesi au sein d’une seule et même province – ce qui réduit son poids politique à l’échelle nationale. L’Inde, auparavant fervent soutien des Madhesis, souhaiterait aujourd’hui un règlement rapide et pacifique de la crise. Mais l’ancien ministre népalais et membre de la délégation en visite à New Delhi, Rajendra Mahato, reste ferme. Il explique que si un blocus est encore en cours à la frontière indo-népalaise, c’est parce qu’il est assuré par des « centaines de milliers de Madhesis » fatigués de « subir l’humiliation continue de l’élite népalie ».

Par Joris Zylberman et Alexandre Gandil, avec Victor Yu à Taipei, Clea Chakraverty et Anda Djoehana Wiradikarta à Paris.