Revue de Presse Matières Premières – 25 novembre 2015

Chine et charbon en récession, mix energétique nippon et bras de fer UE/Indonésie sur le bois

L’usine d'acier de Tata à Jamshedpur. En Inde, comme en Chine, la crise de l’acier continue. Copie d’écran du site Indo Asian Commodities, 23 novembre 2015

ENERGIE

Déclin du commerce mondial du charbon à cause du recul de la demande en Asie et surtout en Chine

Oil & Gas 360 – Entre 2008 et 2013, le commerce mondial du charbon a connu une croissance rapide grâce à une demande en hausse en Asie pour soutenir des économies régionales en pleine expansion. En 2014, pour la première fois depuis 21 ans, le commerce du charbon a baissé et devrait d’ailleurs poursuivre son déclin en 2015, selon l’Energy Information Administration, l’agence indépendante de la statistique au sein du ministère de l’énergie des États-Unis.
C’est la baisse de la demande d’importations en Chine qui a conduit à la baisse des échanges mondiaux du charbon. Mais c’est sur l’Inde et sa demande énergétique appelée à exploser que reposent les espoirs de reprise, selon le site spécialisé Oil & Gas 360. En Indonésie, les objectifs de production de charbon ne seront pas atteints cette année. Durement touchées par la persistance des prix faibles du combustible fossile dans le monde, les mines de charbon indonésiennes ont réduit de 20% leur production en 2015, prévient le Jakarta Globe

Le très bon mois d’octobre du pétrole brut de la région Asie-Pacifique

The Economic Times of India – En octobre, les importations de pétrole brut en provenance de la région Asie-Pacifique se sont envolées, les raffineurs cherchant des achats meilleur marché ailleurs que chez leurs fournisseurs habituels, dans un contexte d’approvisionnement mondial en surabondance. Les volumes importés depuis la région le mois dernier ont dépassé le double de ceux de septembre. Par rapport à l’année dernière, la hausse est de 70%.

Japon : Le défi énergétique post-Fukushima

East Asia Forum – Le Japon doit importer tout son pétrole, son gaz naturel liquéfié et son charbon. En 2014, le pays a importé plus de 90% de sa fourniture énergétique. La sécurité de l’approvisionnement est donc un enjeu majeur. Car Tokyo doit trouver le mélange idéal entre ressources fossiles, nucléaires et renouvelables, selon Hugh Patrick, auteur de l’article et professeur en commerce international à la Columbia Business School. Mais le Japon de Shinzo Abe entend compter de manière prédominante sur les combustibles fossiles dans les 20 ou 30 prochaines années, comme l’ont récemment confirmé les projections du ministère japonais de l’Économie, du commerce et de l’Industrie. Dans l’après-Fukushima, la réouverture ou la construction de centrales nucléaires impliquera une sérieuse révolution mentale chez les Japonais.

METAUX

Titres miniers asiatiques tirés à la baisse par l’effondrement des cours des métaux

Market Watch – Les dernières prises de position de la Banque centrale américaine ont renforcé le dollar, or de nombreux métaux sont négociés en dollars. Mardi, les prix du cuivre, de l’aluminium et du nickel se sont rapprochés de leurs plus bas niveaux depuis plusieurs années, face à ce dollar fort qui renforce les craintes d’une demande globale en récession.

En Chine comme en Inde, la crise de l’industrie de l’acier continue, selon les agences de notation

Indo Asian Commodities – La restructuration et les réductions de capacité dans l’industrie de l’acier en Chine – déjà mal en point – ne feront que s’accroître à cause du ralentissement de la demande. Tandis qu’en Inde, la moindre amélioration de la consommation d’acier sera soumise aux dépenses d’infrastructures du gouvernement Modi. Ce constat établi par Moody’s et Fitch rend improbable un retournement de situation immédiat dans le secteur de l’acier.

Stabilité des prix de l’or en Asie

Investing.com – Face à des investisseurs volatiles, dans l’attente de la réunion de la Réserve fédérale en décembre, les prix de l’or sont restés stables en Asie au début de la semaine.

AGRICULTURE

Inde : Hausse du prix du riz redoutée

Indo Asian Commodities – Selon Assocham India (l’association des chambres de commerce et d’industrie indiennes) le prix du riz indien devrait grimper dans les prochains mois jusqu’à atteindre un point d’ébullition, les stocks de cette denrée de base se réduisant rapidement à cause d’une chute de la production et du manque de pluie. Une hausse du prix du riz serait un fardeau supplémentaire pour les consommateurs indiens après la hausse du prix des légumineuses, de l’oignon et de certaines huiles alimentaires. Parmi les solutions avancées, l’Assocham préconise le développement des cultures de riz à ensemencement direct qui retiennent mieux l’eau. Mais ce type de culture ne représente actuellement que moins de 10% des rizières en Inde.

Bras de fer entre l’Indonésie et l’Union européenne sur la légalité de la certification du bois

The Jakarta Post – Face au problème international de l’exploitation illégale des forêts et du commerce qui en découle, l’Union européenne a proposé à différents pays un partenariat volontaire sur la base d’un FLEGT, acronyme anglais pour Application des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux (Forest Law Enforcement Governance and Trade). C’est le cas de l’Indonésie. Mais une différence de vue sur le sujet entre Européens et Indonésiens risque de compromettre la mise en route du partenariat. L’UE souhaite que Jakarta applique son système de vérification de la légalité du bois sur l’intégralité de ses produits issus de cette filière. Mais le gouvernement du président Widodo entend faciliter le commerce pour une partie du secteur, notamment les petits exportateurs d’artisanat en bois.

Inde : Les débouchés du sucre inférieurs à la demande, à cause de la sécheresse

Bloomberg – Les débouchés du sucre indien – l’Inde est le 2e plus gros producteur mondial après le Brésil – ne seront probablement pas à la hauteur de la demande, pour la première fois en six ans, le manque de pluies de mousson ayant amoindri le rendement des récoltes.

CHIFFRES

Comprendre la chute des matières premières en un seul tableau

Visual Capitalist – Ce tableau montre différentes catégories d’actifs (actions, marchés des changes, obligations, prix des matières premières) classées de manière cumulée sur l’année et exprimées en dollars par un pourcentage.
Courtesy of: Visual Capitalist
À l’extrême droite de la liste se trouve l’index du dollar. Le dollar américain, utilisé pour fixer les prix des matières premières, a connu une très bonne année 2015, au point d’être la meilleure valeur de la catégorie d’actifs cités dans le tableau, avec près de 10% de croissance. Vient ensuite le Nasdaq. Mais les choses se compliquent quand on regarde à la gauche du tableau…
Les métaux précieux comme l’or et l’argent sont en baisse, ce qui peut être essentiellement attribué à la bonne tenue du dollar. L’énergie et les métaux, en revanche, ont à subir le double effet d’un dollar fort et du ralentissement de la croissance chinoise. De nombreuses matières premières agricoles ont également été impactées. Le rhodium, le nickel, le minerai de fer et le porc maigre sont les plus touchés avec une décroissance de près de 30%.
Par Nicolas Sanders