Revue de presse économique – Vendredi 13 novembre 2015

L'Eco de la presse asiatique

Copie écran du South China Morning Post, le 13 novembre 2015.
Combien pour une femme nue ? Combien pour la beauté ? C’est encore un portrait féminin qui fait exploser les prix du marché de l’Art. Le célébrissime et autrefois scandaleux « Nu couché » d’Amedeo Clemente Modigliani a été adjugé 158,2 millions d’euros – 170,4 millions de dollars – lundi soir lors d’une vente aux enchères chez Christie’s à New-York. On connaît la chanson : des smartphones qui vibrent tout ce qu’ils peuvent dès la mise à prix ; des collectionneurs enfiévrés au bout du fil et, pour finir, une vente qui s’envole ! Le marteau du commissaire priseur a tenu neuf petites minutes avant de s’abattre définitivement sur une offre venue de… Chine ! C’est là que le refrain n’est plus tout à fait le même d’ailleurs. Après les Femmes d’Alger de Pablo Picasso adjugé près de 10 millions d’euros de plus en mai dernier, c’est donc Liu Yiqian qui rafle l’œuvre la plus chère du monde. Longtemps occupés à « récupérer » les trésors de l’empire dispersés à l’étranger, les collectionneurs chinois sont aujourd’hui devenus incontournables pour le marché de l’art dans sa globalité. Un signe de plus de ce basculement du monde qui fait pencher la planète économique vers l’Orient. L’acheteur de la toile du maître italien est un ancien chauffeur de taxi devenu milliardaire. Après tout, c’est cela aussi le « rêve chinois ».

Modigliani à Shanghai, l'e-commerce des célibataires et nouvelle classe moyenne chinoise

L’ambition mise à nue d’un collectionneur chinois

South China Morning Post (10.11.2015) – Il faudra donc patienter jusqu’en 2017 et se rendre à Shanghai afin de voir ou revoir le « Nu couché » de Modigliani. La toile acquise lundi soir chez Christie’s pour plus de 158 millions d’euros sera exposée à l’occasion des cinq ans du Long Museum de Pudong, a fait savoir un porte-parole de Liu Yiqian. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Le musée en question est la propriété du milliardaire ainsi que son épouse Wang Wei. Le très riche collectionneur qui jusqu’à présent préférait rester discret, n’en est pas à ses débuts en matière d’art, explique Mandy Zuo du South China Morning Post. Liu Yiqian s’est déjà offert sept chef-d’œuvres dont le montant dépasse les 100 millions de dollars hongkongais – 12 millions d’euros, précise notre consœur.
Le président du groupe Sunline, âgé de 51 ans, a d’abord été chauffeur de taxi avant de se lancer dans la spéculation boursière dans les années 1990. Sa fortune bâtie sur la finance, l’immobilier, la chimie et la pharmacie, fait aujourd’hui de lui l’un des hommes les plus riches de Chine. Une fortune à la mesure d’une passion très onéreuse. Liu Yiqian ne fait pas que financer la construction de musées, il entend bien les remplir. En novembre 2010, Liu s’est offert un script de Wang Xishi, le prince des calligraphes, pour 308 millions de yuans (45 millions d’euros). L’année dernière en novembre, ce fut une tapisserie tibétaine pour 348 millions de Hong Kong dollars – près de 42 millions d’euros. Liu avait auparavant acheté un bol en porcelaine pour 281 millions de dollars (près de 34 millions d’euros), ainsi que deux rouleaux datant de la dynastie des Ming et des Qing, respectivement pour 169 millions de yuans (25 millions d’euros) et 134 millions de yuans, soit près de 20 millions d’euros.

Chine : le jour des célibataires fait exploser les ventes en ligne

Asia Times (11.11.2015) – Là encore, l’air est connu et rappelle immédiatement le bruit de caisse enregistreuse du célèbre Money des Pink Floyd. Comme chaque 11 novembre désormais, Alibaba annonce un record de vente pour la « fête des célibataires » en Chine. 146 millions d’euros d’achats ont ainsi été effectués en une minute et douze secondes juste après le début de l’opération mardi soir minuit. Les achats ont été effectués aux trois quarts via des téléphones mobiles et des tablettes sur la plate-forme d’achat en ligne Tmall, propriété d’Alibaba. Certains consommateurs sont tellement accros au rendez-vous qu’ils ont passé la nuit derrière leur écran afin de bénéficier des meilleures offres, nous dit l’Asia Times.
Record battu donc : pour l’ensemble de la journée, les ventes du géant du commerce en ligne ont atteint 57,1 milliards de yuans, soit 8,3 milliards d’euros. Un jour faste qui cache la forêt des jours sans pour les commerçants. La croissance des ventes au détail a ralenti ces dernières années rappelle le South China Morning Post. Le total des ventes en magasin a augmenté de 10,5 % dans les neufs premiers mois de l’année ; la croissance était de 12 % sur la même période l’an passé. Le salut de l’économie chinoise viendra-t-il du commerce sur internet ? Le boom des ventes online le jour des célibataires le laisse espérer, poursuit le quotidien hongkongais dans un autre article.

La classe moyenne chinoise plus nombreuse que la classe moyenne américaine ?

South China Morning Post (11.11.2015) – Et le revoilà, le fameux « rêve chinois » du président Xi Jinping ! Pas d’American way of life sans classe moyenne, pas de « rêve chinois » sans une masse de consommateurs chinois à moyens revenus. Selon une étude du Crédit Suisse, 109 millions de personnes disposent d’au moins 28 000 dollars de revenus et font donc partie de la classe moyenne en Chine, contre 92 millions de personnes aux Etats-Unis dont les avoirs oscillent entre 50 000 et 500 000 dollars.
« A mesure que le pouvoir d’achat augmente, la classe moyenne s’étend en Chine, explique Yang Yansui, professeur à l’Université Qinhua à Pékin, cité par le journal de Hong Kong. Mais elle est aussi confrontée à de très grands risques. » Parmi ces difficultés, le quotidien anglophone évoque les taxes élevées dès les premières années de cotisation, les difficultés à accéder aux meilleures écoles qui conduisent les parents à investir dans des logements proches des écoles en question, le prix du foncier enfin qui revient à « prendre en otage financièrement les jeunes professionnels » qui ne sont propriétaires de leurs murs que pendant 70 ans. Dans un tel contexte peut-on vraiment comparer la classe moyenne chinoise à la classe moyenne aux États-Unis ? Pour d’autres experts telle que la sociologue Guo Yuhua, la classe moyenne chinoise n’existe pas encore.

Première visite de Narendra Modi au Royaume-Uni

L’Inde sur les pas de la Chine

Hindustan Times (12.11.2015) – Pas moyen d’y échapper à cette visite du Premier ministre indien au Royaume-Uni (12 au 14 novembre). Avant même d’arriver à Londres, la photo de Narendra Modi sur la passerelle de son avion à New Delhi était dans tous vos journaux et l’Hindustan Times était parmi les premiers à dérouler l’« agenda très serré » du Premier ministre indien qui outre sa rencontre avec son homologue britannique David Cameron, comprend ce vendredi une cérémonie en grandes pompes avec dîner royal à Buckingham. Cela vous rappelle quelque chose ? Normal, Londres a visiblement prévu le même protocole que pour le président chinois le mois dernier. Le 10 Downing Street remet le couvert avec l’ex-grand allier de l’empire britannique. Une visite sauce curry, après le rouge dragon. Narendra Modi s’arrêtera à Parliament Square pour un hommage près de la statue du Mahatma Gandhi. Sa conférence au bureau du Commonwealth sera également suivie, une première pour un PM indien, par deux discours : l’un devant les chambres du parlement, l’autre devant Guildhall, dans le cœur financier de Londres. Car c’est d’abord pour « renforcer les échanges » entre les deux pays que le numéro 1 indien effectue ce déplacement, note The Hindustan Times.
« J’espère que cette visite permettra d’attirer d’avantage d’investissements britanniques en Inde #makeinindia », a tweeté Narendra Modi avant son départ. Un Premier ministre visiblement très porté sur les réseaux sociaux qui rappelle également sur son compte FaceBook que « David Cameron est un grand ami de l’Inde ». M le Modi se souvient ici que le boycott de la Grande-Bretagne à son encontre a été levé il y a trois ans, quand le politicien provincial qu’il était est apparu comme le probable futur leader de la plus grande démocratie du monde. Depuis, le chef du gouvernement indien a nié tous les actes répréhensibles le concernant et a été disculpé par la Cour suprême de l’Inde.

Politique interne et nouvelles ambitions commerciales pour Modi à Londres

The Times of India (11.11.2015) – C’est une autre date que relève The India Times dans le programme chargé de cette visite d’Etat. Ce vendredi 13 novembre, le Premier ministre Indien sera dans les tribunes du stade de Wembley pour une grande messe avec la diaspora indienne qui compte plus de 1,5 millions de membres au Royaume-Uni. 60 000 supporters seront présents sous les feux d’artifice, note encore le journal anglophone, « car la visite en Grande-Bretagne de Modi est aussi un moyen de rebondir après la débâcle électorale dans le Bihar ».
Outre ces enjeux de politiques internes, il s’agit aussi évidemment d’un acte de diplomatie économique fort. Les liens entre Londres et son ancienne colonie se sont distendues ces dernières années. En 2000, la Grande-Bretagne était le troisième partenaire commercial de l’Inde. Depuis, elle a glissé à la 18ème place, derrière la Belgique et le Koweït. Les deux capitales ont fini par être « blasées » l’une de l’autre, explique un expert cité par le journal. Il est vrai qu’il s’agit là de la première visite d’Etat de Narendra Modi et que le chef de gouvernement indien a privilégié les puissances mondiales telles que la Chine et les Etats-Unis pendant ses 18 premiers mois de pouvoir. Désormais, le Premier ministre arrive en super représentant du « Make in India ». Il a assoupli mardi les règles pour les investissements étrangers dans 15 secteurs, dont l’exploitation minière, la défense et l’aviation civile. De son côté, David Cameron cherche à réorganiser les liens économiques avec les pays asiatiques à croissance rapide, comme l’Inde, dans le cadre d’une « real diplomatie » axée sur les affaires.

Modi met les investissements et la défense au menu de cette 1ère visite d’Etat

The Times of India (11.11.2015) – Trois jours, c’est déjà court ! Si les questions liées au changement climatique, aux paradis fiscaux, à la part que prendra l’Inde dans les réformes réclamées par le FMI et au prochain G20 en Turquie seront également sur la table pendant cette visite officielle, c’est d’abord d’investissements et de défense dont devraient parler Britanniques et Indiens. Les échanges indo-britanniques approchent les « 18 milliards de dollars », a indiqué S. Jaishankar, le ministre indien des Affaires étrangères dans une conférence avant le départ de la délégation. « 122 entreprises indiennes ont investi au Royaume-Uni, a encore affirmé le ministre. Nous sommes un créateur important d’emploi là-bas. »
Narendra Modi invite ainsi « la communauté des affaires ( …) à investir en Inde » sur son compte Facebook, et notamment en matière de défense. « Nous avons toujours largement coopéré sur les questions de défense, poursuit le leader indien, et ce sera l’un des thèmes importants de mes discussions. » Le PM indien souhaiterait acheter 20 avions militaires de type BAE Hawk conçus par British Aerospace. Des appareils qui seront produits à Bangalore. Le projet évidemment déplaît au Pakistan voisin qui surveille avec attention l’évolution des armements côté indien. Avant même l’arrivée de Modi au Royaume-Uni, le site d’information pakistanais Dawn dénonçait déjà l’achat par New Delhi de drones américains.

12,7 milliards d’euros de contrats entre l’Inde et le Royaume-Uni

The Hindustan Times (13.11.2015) – Au-delà des contrats records qui font rêver les voisins de la Grande Bretagne en Europe – 9 milliards de pounds de commandes ont été annoncées par les deux capitales -, c’est bien d’un renouveau des relations entre Londres et son ex-colonie qui est au centre de cette première visite officielle de Narendra Modi au Royaume-Uni. Un renouveau qui passe par des liens culturels. En 2017, un vaste programme d’échanges culturels sera organisé entre les deux pays, a annoncé le Premier ministre britannique David Cameron.

Les touristes chinois à l'assaut des bus jaunes tokyoïtes, manque de personnels qualifiés dans les aéroports thaïlandais et Silicon Valley pakistanaise

Les bus Hato à Tokyo, pris d’assaut par les touristes chinois. Copie Ecran du Japan Times.

Japon : les bus touristiques Hato, rayon de soleil de l’économie

The Japan Time (12.11.2015) – On connaît les bus rouges de Londres, on connaît moins les bus jaunes à deux étages de Tokyo. C’est dernier n’ont pourtant jamais eu autant la cote dans la capitale japonaise et notamment auprès des touristes chinois. Yuko Takeo et Tom Redmond nous emmènent faire un tour au milieu d’usines et d’entrepôts de la baie de Tokyo. Sur un parking, attendent des rangées de bus couleur citron, un rayon de soleil dans une économie japonaise qui tourne au ralenti, nous font comprendre nos confrères de Bloomberg dont l’article est repris par le Japan Times. Hato veut dire pigeon ou colombe en Japonais, mais les véhicules à deux étages d’Hato Bus Co ne sont ni gris, ni blancs. C’est le jaune canari qui a été choisi à la fondation de la société en 1948 pour ces véhicules censés être aussi fiables et rapides qu’un pigeon voyageur. Une manière aussi de se faire remarquer dans la grisaille du trafic d’une conurbation qui compte plus de 40 millions d’habitants. Et ça marche, les bus jaunes sont aujourd’hui pris d’assaut par les touristes !
« Les clients chinois ne cessent d’augmenter », a déclaré à nos confrères Yasuhi Nakamura le président de la compagnie. Les ventes de visites en mandarin explosent ! Plus 77 % au dernier trimestre, « c’est six fois plus que la croissance des visites en langue anglaise », précise le Pdg. Lancé à la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour les dignitaires occidentaux dans une « capitale de l’Est » alors marquée par les pénuries d’essence, les bus Hato doivent aujourd’hui leur survie aux touristes venus d’Asie. Stimulé par un yen plus faible et l’assouplissement d’Abe, le boom du tourisme au Japon est le grand succès du gouvernement Shinzo Abe, estiment nos confères de Bloomberg. Le gouvernement nippon a fixé son objectif à 20 millions de visiteurs en 2020 pour les JO de Tokyo. L’objectif est en voie d’être dépassé, avec 14,5 millions de nouvelles entrées dans l’archipel dans les neuf premiers mois de cette année. Du coup, les investisseurs boursiers lorgnent sur la compagnie. Et si plus de 90 % des clients aujourd’hui viennent de l’intérieur du Japon et notamment des campagnes, M. Nakamura voient dans les touristes asiatiques la plus grande réserve de croissance de son entreprise.

L’Europe exige plus de pilotes et de meilleurs standards à l’aviation civile thaïlandaise

Bangkok Post (12.11.2015) – L’Agence Européenne à la Sécurité Aérienne (AESA) demande à ce que les autorités thaïlandaises accélèrent la formation de nouveaux pilotes et mettent en place de nouvelles normes en matière de certifications des aéronefs. L’AESA ne fixe pas de conditions, mais bombarde le bureau thaïlandais de l’aviation civile de recommandations. Fin octobre, l’Administration Fédérale de l’Aviation aux Etats-Unis (FAA) a mené une enquête sur la sécurité aérienne en Thaïlande. Les résultats n’ont pas encore été annoncés, mais fin juillet la même FAA annonçait avoir décelé 41 failles dans les normes de sécurité dans le pays et a donné 65 jours aux autorités pour y répondre. Parmi les failles listées par les Américains, une pénurie de personnels qualifiés pour effectuer les inspections des appareils. L’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) avait déjà déclenché une alerte rouge pour le pays en juin dernier, sans que cela ne soit suivit d’effets.

Pakistan : à la recherche d’une nouvelle Silicon Valley

Asia Rising (12.11.2015) – Encore une bonne raison de croire en la sortie de crise piochée dans The Tribune Express par nos amis d’Asia Rising : l’article remonte au mois dernier, mais il nous avait échappé. Nos confrères du quotidien Pakistanais s’interrogent sur les moyens de faire émerger au Pakistan une zone aussi puissante et créative en matière de nouvelles technologies que la Silicon Valley américaine. Pour cela, plusieurs ingrédients sont nécessaires. A l’image de Stanford aux Etats-Unis, il faut d’abord un pôle universitaire de talents. Ils faut aussi une connexion avec les entreprises et un engagement des autorités. « Dans le monde émergent, le lieu qui ressemble le plus à la Silicon Valley aujourd’hui, c’est Bangalore en Inde », explique The Tribune Express. La ville indienne a sur refaire le fameux cocktail : milieu universitaire + secteur de la finance + grandes entreprises spécialisées dans les hautes technologies.
« Le modèle peut-il être reproduit à Hyderabad au Pakistan ? » s’interroge le quotidien. Et de répondre : « Très certainement ‘oui' ». Trois villes pakistanaises sont potentiellement en concurrence pour accueillir la future Silicon Valley pakistanaise. Lahore accueille ainsi plusieurs universités et centres de formation de renom, dont beaucoup sont spécialisés dans les sciences et la technologie. L’Université des Sciences et de Gestion de Lahore (LUMS), ainsi que la Lahore School of Economics. La capitale du Penjab dispose également d’un tissu assez dense d’entreprises privées tournées vers les nouvelles technologies et notamment Netsol. Islamabad dispose également d’un pôle universitaire sur lequel s’appuie une industrie informatique en développement, et notamment l’Université nationale des sciences et des technologies (NUST) fondée par l’armée et l’Institut Khan Ishaq Ghulam sur les rives du lac de Tarbela.
Islamabad a un avantage sur Lahore : la capitale du pays accueille les quartiers généraux de l’armée, dans son centre et à Rawalpindi sa périphérie. Or les militaires sont de gros clients en matière de nouvelles technologies. Enfin, la troisième ville pourrait être… Karachi. Le grand port méridional et la plus grande agglomération du pays cherche à devenir lui aussi un centre scientifique important. Le problème reste ici celui du manque de sécurité, véritable entrave au développement de la mégalopole. Plus globalement, la Silicon Valley pakistanaise ne pourra émerger, assurent nos confères de The Express Tribune, sans volonté politique.

Les rendez-vous à venir : G20, APEC et AEC

G20 : Chine et Etats-Unis derniers de la classe en matière de transparence financière

South China Morning Post (13.11.2015) – Mimi Lau les qualifie pudiquement de « trous noirs de la corruption », mais ce sont en réalité de véritables zones de non transparence sur la carte mondiale des transactions financières que décrit notre consœur du quotidien anglophone de Hong Kong. Malgré la campagne hautement médiatisée contre les « tigres et les mouches » du président Xi Jinping, la Chine n’a pas assez fait pour lutter contre le blanchiment d’argent et autres formes de corruption, affirme le rapport que vient de publier Transparency International. Selon l’ONG, la Chine et les Etats-Unis sont les pays du G20 qui obtiennent les plus mauvaises notes en termes de transparence dans les transactions financières.
Ce manque de transparence permet aux deux premières économies de la planète de « blanchir » à tours de bras. Pékin et Washington doivent agir de manière « urgente », insiste encore Transparency International, car cela va évidemment à l’encontre des principes du G20 réuni à partir de ce samedi 14 novembre à Ankara. Londres pousse ses partenaires à faire le ménage, affirme de son côté le Tapei Times.

Poutine et Widodo n’iront pas à l’APEC

The Straits Times (12.11.2015) – Joko Widodo ne participera pas au prochain sommet du Forum de Coopération Economique Asie-Pacifique (APEC), aux Philippines a prévenu le ministère indonésien des affaires étrangères. La présidence indonésienne ne donne pas de précisions quant à cette absence de la plus grande économie d’Asie du Sud-Est à ce grand rendez-vous régional annuel. The Straits Times rappelle que le chef de l’Etat indonésien avait du écourter son premier voyage officiel aux Etats-Unis le mois dernier afin de superviser les efforts de son gouvernement pour lutter contre les incendies qui ont causé la fermeture d’écoles et d’entreprises, entraîné l’annulation de vols et créé un important brouillard de pollution en Indonésie et dans les pays voisins. C’est donc le vice-président indonésien, Jusuf Kalla, qui se rendra à Manille les 18 et 19 novembre prochains. De même, le président russe Vladimir Poutine a également décidé de ne pas assister au sommet de l’APEC, là aussi en raison de « questions intérieures », croit savoir le quotidien. Il sera représenté par son Premier ministre Dimitri Medvedev.

Indonésie : des PME pas encore en ordre de bataille pour l’AEC

The Jakarta Post (12.11.2015) – Les petites et moyennes entreprises doivent être mieux armées pour se préparer à la compétition au sein de la future communauté économique de l’ASEAN, l’AEC qui entrera en vigueur en décembre. C’est ce qu’ont annoncé les autorités indonésiennes et notamment le ministère chargé des PME à Jakarta. En préparation : des aides aux crédits et aux investissements notamment.

Mauvais coup de pub à Islamabad, manifestations d'ex-Adidas au Cambodge, hausse des salaires à Singapour et Uber sans odeur à Jakarta

Pub miso au Pakistan. Copie écran du site The Express Tribune.

Pakistan : Une publicité misogyne pour un restaurant fait scandale

The Express Tribune (12.11.2015) – Les publicitaires le savent bien, un mauvais message peut avoir un effet dévastateur pour les marques. C’est ce que vient d’apprendre à ses dépends un restaurant d’Islamabad. Les créatifs ont eu la mauvaise idée de comparer les femmes à des sandwichs sur une publicité pour l’établissement. « Qui crie, qui pleure, qui vous brise le cœur ? » demandait l’affiche à l’entrée. Avec deux réponses possibles : les femmes ou les sandwichs ? Puis nouvelles séries de questions : Entre une femme et un sandwich, qui est le plus abordable, bon pour la santé et qui vous rend heureux ? La publicité a déclenché un véritable tollé dans les journaux et sur les réseaux sociaux, raconte The Express Tribune. Le restaurant a dû formuler des excuses publiques.

Cambodge : les licenciés de Takeo veulent retrouver leur emploi

Cambodia Daily (12.11.2015) – Les marques pour lesquelles ils travaillaient sont inscrites en gros sur les pancartes : « Puma », « Adidas ». 1600 ex-employés de l’usine Hong Sen ont manifesté ce mercredi 11 novembre devant la représentation du ministère du Travail de la province de Takeo au Cambodge. Ces anciens salariés de l’équipementier allemand dénoncent les licenciements dont ils ont fait l’objet. Le 27 octobre dernier, des ouvriers de l’usine avaient osé réclamer une prime de transport mensuelle de 12 dollars, un examen médical gratuit pour les ouvrières enceintes et un panier repas de 0,50 dollars. La grève a duré deux semaines. Résultat : l’entreprise a décidé de les renvoyer. The Phnom Penh Post parle de son côté de 1 000 licenciements.

4 % d’augmentation de salaire prévue à Singapour, 10,5 % au Pakistan

The Straits Times (13.11.2015) – Les salariés ont de quoi se réjouir à Singapour, selon ce sondage publié par le cabinet en ressources humaines ECA International. L’enquête a été réalisée auprès de 160 entreprises basées dans la cité-Etat, y compris les multinationales. Les chefs d’entreprises seraient disposés à ajouter 4 % de plus sur la fiche de paie de leurs employés l’an prochain. Sachant que l’inflation est proche de zéro à Singapour, il s’agira de l’une des 20 plus fortes hausses de salaires dans le monde, explique The Straits Times. C’est la preuve, poursuit le quotidien, que les employeurs souhaitent rester attrayants pour leurs personnels. La plus forte hausse des salaires nominaux est annoncée au Pakistan, où les entreprises s’attendent à une augmentation de 10,5 % en moyenne. Mais une fois l’inflation prise en compte, le Pakistan tombe à la troisième place en matière de hausse des salaires dans le monde.

Indonésie : Uber à moto et sans odeur

The Bangkok Post (12.11.2015) – Il fallait y penser, UberJek l’a fait. Cette énième application pour réserver une moto avec chauffeur dans la capitale indonésienne promet aux clients que tous ses pilotes passent un test « d’odeur corporel » avant d’être autorisés à prendre la route. Appelés localement « Ojeks », les motos taxis de Jakarta sont très souvent sollicitées pour circuler au milieu des embouteillages. Pas facile pour ces derniers de rester frais après de longues journées passées dans le brouillard tropical de cette mégapole de 10 millions d’habitants. La compagnie ne dit pas si elle fournira ou non des douches dans les stations de motos taxis, mais elle espère que son projet de course sans odeur attirera le chaland sur un marché déjà surchargé d’applications taxis. L’une des dernières en date proposait aux clientes d’être conduite par des femmes pilotes.
Par Stéphane Lagarde
A propos de l'auteur
Stéphane Lagarde
Stéphane Lagarde est l'envoyé spécial permanent de Radio France Internationale à Pékin. Co-fondateur d'Asialyst, ancien correspondant en Corée du Sud, il est tombé dans la potion nord-est asiatique il y a une vingtaine d’années.