Revue de Presse Matières Premières – 11 novembre 2015

Importations de pétrole brut en Chine, diversification énergétique au Vietnam et acier en danger en Inde

Le secteur de l’acier en danger en Inde. Copie d’écran du Chicago Tribune, 6 novembre 2015.

ENERGIE

Pétrole : la production de l’Opep équilibrée par la forte demande chinoise ?

CNBC – Les prix bas du pétrole vont probablement stimuler les achats, particulièrement en Asie, et réajuster l’offre et la demande, alors que l’Opep s’accroche à de fermes quotas de production, affirme CNBC. « Pour de nombreux pays asiatiques, les prix du pétrole sont intéressants à court terme. En effet, je pense que le niveau de la demande va bientôt refléter l’attractivité des prix actuels », estime Ali al-Naimi, ministre saoudien du Pétrole, cité par CNBC. Une déclaration qui intervient au moment où l’on apprend que la Chine a importé un peu plus de 6 millions de barils de brut par jour en octobre, ce qui représente selon l’auteur de l’article une hausse de 9,4% par rapport à l’an dernier. Mais selon Channel News Asia citant Bloomberg, le volume des importations de brut réalisées en octobre est aussi le plus faible depuis cinq mois.

Électricité en Inde : meilleurs résultats que prévu pour les producteurs locaux

Nikkei Asian Review – Tata Power, premier producteur privé indien d’électricité, a annoncé de meilleurs bénéfices trimestriels que ceux initialement escomptés, du fait d’une plus grande production électrique et de la baisse des coûts du charbon thermique. La compagnie a publié un bénéfice de 2,47 milliards de roupies (37,2 million de dollars) au second trimestre (fini au 30 septembre). NTPC, la société de production d’électricité qui appartient à l’État peut aussi se prévaloir d’excellents résultats : un bénéfice net en hausse de 40% au second trimestre. Le gouvernement Modi a proposé la semaine dernière un renflouement aux sociétés publiques de distribution de l’électricité qui se trouvent en difficulté. Le secteur de la production énergétique en Inde reste l’un des plus endettés du pays. Car malgré une demande croissante en électricité, explique le journal, le poids de leur endettement rend les distributeurs réticents à acheter de l’électricité, affectant ainsi des producteurs comme Tata Power et NTPC.

Le Vietnam doit développer les échanges énergétiques en Asie

Vietnam Net – Une conférence d’experts internationaux – dont le vice-président régional de la Banque mondiale – s’est tenue récemment à Danang. Dans leurs conclusions, les participants ont appelé le Vietnam à puiser dans différentes sources d’énergie comme le charbon, le gaz naturel, l’éolien et le solaire, afin de permettre une fourniture d’électricité durable à un prix raisonnable. Depuis 1990, le nombre de foyers vietnamiens approvisionnés en électricité a grimpé de 14% à 98%.
L’enjeu est de satisfaire la demande future tout en respectant les engagements du gouvernement en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les énergies renouvelables et l’hydroélectrique comptent pour 42% de la production électrique vietnamienne. Même s’il exploite pleinement son potentiel en énergies renouvelables, le Vietnam ne sera pas en mesure de répondre à la demande. Selon les experts, le pays devrait donc soutenir l’échange d’électricité avec les autres pays asiatiques.

METAUX

La Chine découvre un important gisement aurifère sous-marin

South China Morning Post – Un important gisement aurifère a été découvert au large des côtes du Shandong (province du Nord-Est chinois), rapporte le South China Morning Post. Situé à 2 km en dessous du niveau de la mer, il recèlerait environ 1500 tonnes d’or. Son exploitation par la société Ruihai Mining fera de lui la première mine d’or sous-marine chinoise.

L’Inde veut réveiller l’or qui dort

Indo Asian Commodities – L’Inde souhaite faire revenir dans le système bancaire l’équivalent de près de 200 000 tonnes d’or. De l’or qui se trouve actuellement dans les caveaux funéraires et les coffres-forts des familles indiennes… L’objectif du nouveau plan de monétisation de l’or présenté par le Premier ministre Modi est d’inciter les Indiens à récupérer leur or pour le déposer à la banque, moyennant des taux d’intérêt entre 2,25% et 2,50% selon la durée du dépôt.

L’UE sous la menace des importations d’acier chinois

Reuters – Réunis lundi à Bruxelles, les ministres de l’Économie et de l’Industrie de l’Union européenne ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente pour enrayer l’afflux des importations d’acier chinois de basse qualité. La perte de près de 5 000 emplois dans le secteur ces trois derniers mois conduit les métallurgistes européens à exiger des mesures d’urgence. Les dirigeants de l’acier européen souhaitent que la Commission européenne rétablisse un système de contrôle des volumes et des prix des importations d’acier.
Le ralentissement économique de la Chine, qui se trouve être à la fois premier producteur et premier consommateur d’acier, a réduit la demande intérieure. Conséquence directe, les exportations d’acier chinois vont dépasser cette année les 100 millions de tonnes, contre 93,8 millions de tonnes l’an passé. Les ministres de l’UE ne sont pour l’instant parvenus qu’à s’entendre sur la gravité de la situation et la nécessité d’adopter des mesures à effet immédiat…

L’acier indien en danger

Chicago Tribune – Les métallurgistes indiens subissent le triple choc d’une surabondance de la production intérieure, des importations galopantes, et des prix à la baisse depuis six ans. Pour sauver un secteur de l’acier qui est par ailleurs redevable de plus de 43 milliards de dollars de prêts, le gouvernement indien projette de taxer les importations. Une décision qui selon le Chicago Tribune n’est pas à la hauteur de l’enjeu et intervient trop tardivement.

AGRICULTURE

Hausse du prix des matières premières alimentaires en octobre (FAO)

Indo Asian Commodities – L’indice FAO des prix des produits alimentaires a progressé de 3,9% par rapport à septembre, atteignant 162 points pour le mois d’octobre. En cause, les préoccupations climatiques liées à la production de sucre et d’huile de palme. La sécheresse en Thaïlande pousse à une révision des prévisions de récolte du riz et en Indonésie, El Niño pourrait entraver l’année prochaine la production d’huile de palme.

Huile de palme en Indonésie : à quand une filière durable ?

Malay Mail Online – L’Indonésie et la Malaisie (85% de la production mondiale d’huile de palme à eux deux) ont signé le jeudi 5 novembre un protocole d’entente pour la création d’un nouveau conseil de l’huile de palme, visant à promouvoir l’image du produit, stabiliser les prix, renforcer la coopération entre producteurs, coordonner la production et les stocks.
La nouvelle instance baptisée Council of Palm Oil Producing Countries (CPOP) remplacera le Indonesian Palm Oil Pledge (IPOP), vu par certains comme un cartel dominé par des intérêts étrangers et portant atteinte à l’autorité du gouvernement. L’IPOP avait été signé à New York en septembre 2014, au cours d’un sommet sur le changement climatique, par les quatre plus gros producteurs indonésiens d’huile de palme, qui s’engageaient en faveur de pratiques durables pour l’industrie. Le président Widodo était lui-même présent à cette signature.
A la mi-octobre, le Jakarta Globe soulignait le manque de courage du gouvernement indonésien. Le président Joko Widodo a effectué un important pas en arrière sur les efforts à fournir pour développer une industrie de l’huile de palme durable. Afin d’atteindre son objectif de doubler la production d’huile de palme jusqu’à 40 millions de tonnes par an d’ici à 2020, l’Indonésie veut exploiter à nouveau des forêts auxquelles elle s’était engagée à ne plus toucher. Nationalisme économique oblige, Jakarta a fait passer au second plan l’engagement des cinq plus gros producteurs de cette matière première pour une « déforestation zéro », note le Jakarta Globe.

Cambodge : les ambiguïtés du secteur du riz

Phnom Penh Post – Au Cambodge, le secteur du riz a vécu plusieurs revers cette année, imputables à la sécheresse et à la concurrence régionale. En cette fin d’année, des améliorations sont néanmoins notables et les perspectives restent encourageantes, explique dans un entretien Song Saran, président de Amru Rice, l’un des plus gros producteurs de riz cambodgien.
Par Nicolas Sanders

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