Revue de Presse Asie - 7 août 2015

MH370 et familles chinoises, craintes d’Aung San Suu Kyi et l’Iran bienvenu en Asie du Sud

Copie d’écran du South China Morning Post, le 7 août 2015
Copie d’écran du South China Morning Post, le 7 août 2015

Asie du Nord-Est

Chine : les familles des victimes du vol MH370 manifestent à PékinSouth China Morning Post – La récente découverte de débris aériens sur l’île de la Réunion n’apaise en rien les familles des victimes du vol MH370. Nombre d’entre elles ont manifesté ce vendredi 7 août devant les locaux pékinois de la Malaysian Airlines et de l’ambassade de Malaisie. Elles pointent du doigt le « manque de respect » des autorités malaisiennes, qui ont affirmé que les débris retrouvés provenaient bien du Boeing 777 disparu, alors même que l’enquête française n’a pas encore livré ses conclusions. Selon le South China Morning Post, les familles déplorent également le manque d’implication des autorités chinoises qui représentent la seule source fiable d’informations d’après elles.
Corée du Nord : un nouveau fuseau horaire contre l’impérialismeJapan Times – Le 15 août, les Nord-coréens reculeront leurs montres de 30 minutes. Le président Kim Jong-un a décidé de créer un fuseau horaire propre à la Corée du Nord, à l’occasion des 70 ans de la libération de la Corée, après 35 années de colonisation nippone (1910-1945). L’agence de presse officielle nord-coréenne se justifie ainsi : « Les impérialistes japonais malfaisants ont commis des crimes impardonnables, comme celui d’avoir privé la Corée de sa propre heure normale, écrasant notre patrie sans pitié. » Les Japonais avaient en effet avancé l’heure coréenne de 30 minutes lorsqu’ils ont occupé la péninsule coréenne. La Corée du Sud, qui a gardé la même heure que le Japon (après l’avoir changée entre 1954 et 1961), s’inquiète de la décision de Pyongyang pour des questions techniques, comme la gestion du parc industriel intercoréen de Kaesong.
Mer de Chine du Sud : Pékin dénonce le rapprochement entre Tokyo et ManilleSouth China Morning Post avec Reuters – Pékin n’apprécie pas d’être chahutée sur la politique en mer de Chine méridionale. Ce jeudi 6 août, lors du 5e sommet sur l’Asie de l’Est (EAS), le discours philippin appuyé par Tokyo a profondément irrité le ministre chinois des Affaires étrangères, rapporte le South China Morning Post avec Reuters. Wang Yi a ainsi qualifié de « non constructifs » et de « créateurs de tensions » les propos de Manille accusant la Chine d’avoir « irrémédiablement » dégradé l’environnement maritime régional, notamment via la création d’îles artificielles. Le ministre chinois s’en est également pris à Tokyo dont il n’estime pas avoir de leçon à recevoir car, rappelle-t-il, le Japon a construit une île artificielle dans le Pacifique, Okinotori, sur laquelle il fonde certaines revendications territoriales maritimes. Ces joutes verbales interviennent dans un contexte de plus en plus tendu entre Manille et Pékin, puisque les Philippines ont récemment porté l’affaire des litiges territoriaux en mer de Chine du Sud devant le Tribunal arbitral de la Haye (voir notre revue de presse du 8 juillet).

Asie du Sud-Est

Birmanie : Aung San Suu Kyi craint une désorganisation des élections après les inondationsThe Irrawaddy – Dans une vidéo postée sur son compte Facebook, la leader de l’opposition birmane et prix Nobel de la Paix 1991 Aung San Suu Kyi exprime sa crainte d’une potentielle manipulation des élections générales de novembre suite aux inondations qui ravagent le pays. Elle rappelle les résultats contestés et la mauvaise organisation du référendum constitutionnel de 2008, à cause du passage du cyclone Nargis, ayant fait plus de 138 000 morts et disparus. Aung San Suu Kyi redoute ainsi qu’un tel schéma se reproduise et que l’organisation des législatives de l’automne ne soient entravée. D’après un bilan provisoire, les inondations liées à une mousson particulièrement dévastatrice ont causé la mort de 69 individus et le déplacement d’environ 259 000 personnes en Birmanie.
Indonésie : indignation face au retour possible d’une loi sur l’offense au chef de l’EtatJakarta Post avec l’AFP – Les internautes indonésiens sont furieux et le font savoir. Le gouvernement de Jakarta a annoncé envisager de réactiver la loi sur l’offense au chef de l’Etat, ancien héritage de la dictature, suspendue depuis 2006. Le président indonésien Jokowi, dont la popularité est en baisse depuis son élection l’année dernière, explique qu’il s’agit de protéger les présidents en tant que « symboles de l’Etat indonésien ». Dans des propos rapportés par l’AFP et relayés par le Jakarta Post, le porte-parole du président, Teten Madsuki, a tenté de rassurer la population en indiquant que cette loi ne serait pas appliquée de la même façon qu’auparavant.
Indonésie : le ministre de la Défense autorise la polygamieJakarta Post – Depuis le 22 juillet, les employés du ministère indonésien de la Défense peuvent avoir plusieurs épouses. L’annonce a été effectuée ce vendredi 7 août par son porte-parole, le général de brigade Jundan Eko Bintoro. Néamoins, cette autorisation est soumise à conditions : la première femme ne doit plus être en mesure d’assurer « son devoir d’épouse », être gravement malade, handicapée, ou ne plus pouvoir porter d’enfant. L’homme doit également obtenir une autorisation écrite de son épouse ainsi que prouver sa capacité à assurer financièrement la stabilité du nouveau foyer, rapporte le Jakarta Post.

Asie du Sud

Afghanistan : un camion piégé explose à Kaboul : 7 morts et environ 400 blessésDawn – Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, un camion piégé a explosé en plein coeur de Kaboul, à proximité d’un camp du ministère de la Défense. D’après la police afghane, le bilan est de 7 morts (tous des femmes et des enfants) et de près de 400 blessés. Ce qui vient confirmer un récent rapport de l’ONU, souligne le quotidien pakistanais Dawn. Selon l’organisation internationale, le nombre de femmes et d’enfants victimes (tués et blessés) de la guerre civile en Afghanistan augmente fortement depuis un an : + 23 % pour les premières, + 19 % pour les seconds.
Iran : un futur acteur de poids en Asie du SudThe Indian Express – Après l’accord entre l’Iran et les puissances occidentales, l’Inde et le Pakistan cherchent eux aussi à s’attirer les faveurs de Téhéran. Il faut dire que le gaz naturel iranien suscite les convoitises d’une Asie du Sud aux besoins énormes en énergie. Ainsi, un projet de pipeline reliant l’Iran à la région paraît d’autant plus intéressant que le T.A.P.I. (gazoduc traversant le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde) ne devrait pas voir le jour avant plusieurs années. Côté indien, la réintégration progressive de l’Iran dans la société internationale permet « de lever un certain nombre de contraintes récemment imposées à la politique étrangère » de New Delhi, analyse l’universitaire C. Raja Mohan dans The Indian Express. L’Inde peut de nouveau envisager le port iranien de Chabahar, qu’elle a en partie financé dans les années 1990, comme un point stratégique d’accès à l’Asie centrale et au Moyen-Orient. Ainsi, l’Iran peut aspirer à un double rôle d’importance en Asie du Sud : fournisseur d’énergie et relais de la compétition indo-pakistanaise.
Pakistan : marche arrière d’Islamabad sur le terrorisme ?Firstpost – Le gouvernement pakistanais et les services de renseignements du pays auraient changé leur fusil d’épaule sur le terrorisme. D’après une analyse du site indien Firstpost, la récente arrestation du chef terroriste Malik Ishaq, l’annonce de la mort du Mollah Omar le mois dernier et l’élimination de Ben Laden en 2011 seraient autant de signes de ce changement. En cause : la perte de contrôle du pouvoir central pakistanais sur les groupes terroristes qu’il chaperonnait, l’agacement américain vis-à-vis du comportement ambigü d’Islamabad et un rapprochement entre l’Inde et les Etats-Unis. D’après Firstpost, si le Pakistan continue sur cette lancée, d’autres « pourvoyeurs de terreur » pourraient être inquiétés comme Hafiz Saeed, leader du Jamaat-ud-Dawa (vitrine politique du groupe terroriste Lashkar-e-Toiba).

La rédaction d’Asialyst