Economie
Insécurité au travail

Philippines : Incendie meurtrier dans une fabrique de chaussures

Copie écran Inquirer.net 14 mai 2015
Copie écran de l'Inquirer.net en date du 14 mai 2015
Les témoignages viennent nourrir la colère des proches des victimes aux Philippines. Alors que les policiers enquêtent toujours sur les raisons de l’incendie qui s’est déclaré mercredi à la mi-journée dans une usine de chaussures du grand Manille, les récits des survivants ne laissent guère de doute quand aux conditions de sécurité de l’établissement. Le départ de feu pourrait être lié à des produits chimiques entreposés près de travaux de réparation d’un portail, les étincelles des chalumeaux ont probablement contribué à l’embrasement des vapeurs toxiques affirme la chaîne de télévision ABS-CBN.

Dès lors, les salariés se sont retrouvés pris au piège de cet atelier de deux étages situé dans le district de Valenzuela : « Les ouvriers à l’intérieur du bâtiment ont grimpé aussi vite que possible au deuxième étage de l’usine, où ils étaient coincés rapporte le Philippines Star. Les autorités croient que les victimes sont mortes de suffocations dans l’épaisse fumée noire« . Un panache de fumée noire que l’on retrouve sur la plupart des photos diffusées dans la presse philippines ce jeudi et notamment dans le Manilla Times. Des images et cette phrase terrible de Rexlon Gatchalian, le maire de Valenzuela reprise par le quotidien anglophone : « Il n’y a plus aucun survivant à l’intérieur« .

« Seules cinq personnes ont pu sortir du bâtiment avant d’être transportées dans les hôpitaux les plus proches » précise le Journalreporter. Parmi les blessés, un cadre de l’usine appartenant au groupe Kentex Manufacturing Corporation cité par le Philippines Star sous couvert d’anonymat, affirme que les employés n’ont pas pu échapper à l’incendie, parce que le feu s’est propagé à partir du rez de chaussée, et que toutes les portes de sorties étaient en flammes suite à une série d’explosions : « J’ai poussé une porte et j’ai sauté raconte encore ce manager. Deux employés me suivaient. Je me suis blessé à la jambe, le dernier qui a sauté était gravement brûlé ».

En signe de deuil, le maire de Valenzuela a posé un bandeau noir sur sa page Facebook, ainsi que toutes les institutions de la ville ce jeudi indique le site de CNN Manille. L’incendie a duré près de sept heures sans que les secours ne puissent intervenir rapidement dans l’usine en raison de l’intensité des flammes. Les familles des victimes sont désemparées et ne cachent pas leur colère.

La rédaction d’Asialyst