Politique
Secousses à répétitions

Nouveau séisme au Népal, danger sur la reconstruction

Le 1er tremblement de terre a amené un grand lot de destruction matérielle et de nombreuses familles sont obligées de vivre dans des habitats de fortune. Crédit : CITIZENSIDE/TURJOY CHOWDHURY / citizenside.com
Les semaines se succèdent et se ressemblent tristement au Népal. Alors qu’en ce mardi matin, la police népalaise avançait le chiffre de 8 151 victimes et de 17 860 blessés comme bilan définitif du tremblement de terre dévastateur du 25 avril 2015, le bilan devrait encore sensiblement s’alourdir à la suite du deuxième séisme qui a frappé la région à 7h05 GMT.

Selon le United States Geological Survey, ce séisme est d’une magnitude de 7.3 sur l’échelle de Richter et son épicentre se situe à la lisière de la frontière sino-népalaise, à 18 kilomètre au sud-est de Kodari. La force de ce tremblement de terre est telle qu’il a été ressenti dans toute la zone, du Bangladesh au Bhoutan, en passant par l’Inde et le Tibet. En outre, de nombreuses répliques se sont faites sentir dans l’heure qui a suivi, dont l’une d’entre elles au dessus de 6 sur l’échelle de Richter. Il est encore trop tôt pour dresser un bilan des victimes de ce nouveau tremblement de terre (on parle d’ores et déjà d’une quinzaine de morts), qui pourrait être non pas plus meurtrier mais plus dévastateur que le précédent – selon le South China Morning Post – du fait de la fragilité des structures encore débout.

Par un malheureux hasard de l’histoire, ces secousses sismiques à la frontière sino-népalaise interviennent le jour anniversaire d’un autre tremblement de terre dévastateur : celui de Wenchuan en Chine comme le titre le China Daily. En effet, le 12 mai 2008, un tremblement de terre d’une magnitude de 8.0 sur l’échelle de Richter a touché la province du Sichuan et dévasté le comté de Wenchuan. Selon les chiffres officiels fournis par les autorités chinoises au cours du mois de juillet suivant, 68 636 personnes sont décédées, 374 176 blessées et plus de 18 000 disparues.

Cette concordance des dates n’a pas non plus échappée à Kunda Dixit, l’un des éditeurs du Népali Times, qui appelle dans sa chronique écrite avant le séisme à tirer les leçons de ces désastreux évènements. Il rappelle ainsi qu’à la suite du tremblement de terre de Wenchuan, le gouvernement central chinois a injecté près de 150 millions de US$ dans la reconstruction, la réhabilitation et le relogement des personnes sinistrées. Or, puisque le gouvernement népalais n’a pas les moyens d’investir une somme aussi importante, pourquoi la Banque Asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) ne prendrait-elle pas sa place ? Et pourquoi ne pas faire de la reconstruction du Népal son 1er projet d’envergure dans la région ?

La rédaction