Quel est notre rapport au traumatisme du passé ? Celui par exemple d’un génocide dont nous pouvons être à la fois victimes, témoins et observateurs ? Un demi-siècle après le génocide commis par les Khmers rouges au Cambodge, Soko Phay, professeure d’histoire et de théorie de l’art à l’université Paris 8, explore les liens entre les récits des survivants - au premier rang desquels ceux de ses propres parents - et les œuvres produites par deux générations d’artistes. De Rithy Panh et Vann Nath à Davy Chou, Jenny Teng ou Vandy Rattana, pour n’en citer que quelques-uns, elle montre avec acuité comment ces créations participent à l’élaboration d’une mémoire collective et permettent de penser les blessures encore vives de la société cambodgienne.