Histoire
Analyse

Indonésie : Sjahrir, le troisième homme de l'indépendance

Sutan Sjahrir lors de la session plénière du Comité national central indonésien (KNIP), à Malang sur l'île de Java, en 1947. (Source : VOI)
Sutan Sjahrir lors de la session plénière du Comité national central indonésien (KNIP), à Malang sur l'île de Java, en 1947. (Source : VOI)
Aujourd’hui mal connu des Indonésiens, il fut pourtant la troisième figure du mouvement national dans l’archipel, aux côtés de Soekarno, premier président de l’Indonésie indépendante, et de Mohammad Hatta, son premier vice-président. L’historien belge David Van Reybrouck lui rend justice dans son livre Revolusi. Anticolonialiste de la première heure, bien informé de la montée du fascisme en Europe dans les années 1930, puis résistant à l’occupant japonais, Sutan Sjarhir fut l’éphémère Premier ministre d’une nation à la liberté retrouvée, mais qui allait rapidement tomber dans la dictature.
Nous sommes le 18 août 1947 à Lake Success dans l’État de New York, où se trouvaient alors le siège des Nations Unies. Il lit son texte en anglais sans éclat de voix. Il explique que les Néerlandais ont fait de son fier pays une colonie faible et soumise mais qu’à la fin du XIXème siècle, son peuple retrouve son âme et se met en marche pour se libérer de la domination coloniale.
Invité à prendre la parole à son tour, Eelco van Kleffens, le représentant des Pays-Bas auprès des Nations Unies, exhorte le Conseil de Sécurité à ne pas soutenir ceux qu’il désigne par « ces gens-là », c’est-à-dire la délégation de la République d’Indonésie, qui a proclamé son indépendance le 17 août 1945, mais les « citoyens honorables », les Indonésiens qui ont pris le parti des Néerlandais.
*Prononcer : « chah-rir ». **Clifford Geertz, A History of Modern Indonesia since c. 1200, 2008, p. 239.
Les Néerlandais avancent leur argument : les dirigeants indonésiens ont collaboré avec l’occupant japonais. La réalité est plus compliquée. Quand l’armée coloniale néerlandaise se rend à l’envahisseur japonais en mars 1942, deux des trois principaux dirigeants du mouvement national des années 1930, que les autorités coloniales avaient libérés de leur exil dans les Moluques avant l’arrivée des Japonais, sont des antifascistes convaincus. Ils s’étaient connus en 1928 quand ils étaient étudiants aux Pays-Bas et partageaient les mêmes idéaux démocratiques et progressistes. Ils conviennent de se partager le travail, l’un, Hatta, acceptant de coopérer avec l’occupant pour tenter d’atténuer la dureté de l’occupation pour la population indonésienne, l’autre, Sjahrir*, d’organiser un réseau de résistance qui tenterait d’entrer en contact avec les Alliés**.
*Prononcer : « soukarno ». La graphie néerlandaise « oe » est celle de la signature de l’intéressé et du nom de l’aéroport international de Jakarta Soekarno-Hatta. Nous ignorons pourquoi les auteurs occidentaux écrivent « Sukarno ».
Soekarno*, le troisième dirigeant du mouvement national d’avant-guerre, est lui libéré par les Japonais de son exil dans le sud de Sumatra. La différence entre démocratie et fascisme ne l’intéresse pas. Ce qui compte à ses yeux, c’est la promesse de l’occupant d’accorder l’indépendance à l’Indonésie. Il rejoint donc Hatta dans la coopération avec l’occupant.
Sjahrir est celui qui prononce le discours à l’ONU. Son rôle de dirigeant de la résistance aux Japonais fait de lui une personnalité acceptable pour les Alliés, les Américains au premier chef. Son discours convainc les Nations Unies, qui font pression, ainsi que les États-Unis, sur les Pays-Bas pour que ces derniers négocient avec les Indonésiens. Le 17 janvier 1948, cinq mois après le discours de Sjahrir, l’Indonésie et les Pays-Bas signent un accord à bord du navire de la marine américaine USS Renville, qui a jeté l’ancre dans la rade de Jakarta. Cet accord stipule notamment un cessez-le-feu entre les armées indonésienne et néerlandaise. Sjahrir est confiant que la fin du conflit avec l’ancienne puissance coloniale est proche. C’est dans cet état d’esprit qu’il donne sa bénédiction à l’un des ses neveux, qui part pour Paris faire des études à la Sorbonne. Malheureusement, la suite des événements lui donnera tort.

« Nation indonésienne »

*Pour les enfants indigènes, dans l’esprit de la « politique éthique » annoncée par la reine Wilhelmine dans un discours en 1901, par laquelle les Pays-Bas acceptaient la responsabilité d’assurer le bien-être des indigènes des Indes néerlandaises, le gouvernement colonial avait créé en 1914 les Écoles hollandaises pour indigènes (Hollandsch-Inlandsche Schools). Les rejetons de l’aristocratie indigène étaient admis dans les écoles pour « Blancs » car c’est à celle-ci que le gouvernement colonial confiait l’administration des indigènes, une politique appelée « gouvernement indirect » (« indirect rule ».)
Sjahrir naît en 1909 à Padang Panjang, dans l’ouest de l’île de Sumatra, dans ce qu’on appelle alors les Indes néerlandaises, une colonie des Pays-Bas. Il est le troisième enfant d’une fratrie de six garçons et une fille. Son père, Mohammad Rasad, est conseiller du sultan de Deli, un État princier sur la côte orientale de Sumatra dont le palais est à Medan, et magistrat au tribunal indigène de cette ville. Sa mère descend des princes de Natal, un ancien État princier de la côte occidentale de Sumatra. À Medan, le rang de sa famille permet à Sjahrir d’aller à l’École primaire européenne ou ELS (Europeesche Lagere School) destinée à la population blanche de la colonie*, puis à l’Enseignement primaire plus étendu, correspondant au collège, ou MULO (Meer Uitgebreid Lager Onderwijs).
Après le collège, sa famille envoie Sjahrir poursuivre ses études au Lycée général de Bandung (AMS, Algemene Middelbare School) dans l’ouest de Java. En 1927, il est l’un des fondateurs de Jeune Indonésie (Jong Indonesië), une association dont le but est de promouvoir une « nation indonésienne », alors que les colons néerlandais appellent simplement les habitants d’origine des « indigènes » (inlanders). Le nom « Indonésie » est en effet devenu l’étendard d’un mouvement qui va bientôt devenir « national ».
En 1928, Sjahrir part aux Pays-Bas avec sa sœur et son beau-frère médecin pour étudier le droit à l’université d’Amsterdam. Il y fait la connaissance de Hatta. Celui-ci est aux Pays-Bas depuis 1921 et étudie l’économie à Rotterdam. Il dirige l’Association indonésienne (Perhimpoenan Indonesia), une organisation d’étudiants qui militent pour l’indépendance des Indes néerlandaises. Sjahrir fait également la connaissance de Salomon Tas, membre de l’aile gauche, anticolonialiste, du Parti social-démocrate des ouvriers (Sociaal Democratische Arbeiders Partij).

« La barbarie va faire du monde un enfer »

Aux Indes néerlandaises, le gouvernement colonial arrête en 1929 les dirigeants du Partai Nasional Indonesia, fondé deux ans plus tôt avec comme but l’indépendance, dont son dirigeant Soekarno. En 1931, sur l’injonction de Hatta, Sjahrir rentre aux Indes néerlandaises pour réorganiser le mouvement national. Il fonde l’Éducation nationale indonésienne (Pendidikan Nasional Indonesia), une organisation destinée à former des cadres pour le mouvement. Soekarno est libéré cette même année.
*Paru en 2020 et traduit en français en 2022.
Hatta rentre à son tour des Pays-Bas l’année suivante. Comme l’écrit l’historien belge David Van Reybrouck dans son livre Revolusi*, « les trois plus grands talents politiques de leur génération se trouvaient réunis à Java ». Mais Soekarno est de nouveau arrêté en 1933 et exilé dans l’île de Flores dans l’est de l’archipel. L’année suivante, Hatta et Sjahrir sont à leur tour arrêtés et exilés en Nouvelle-Guinée occidentale. Le mouvement indépendantiste est mort.
*Cité par Van Reybrouck dans Revolusi. Nous reprenons ici le texte de la traduction française du livre.
Sjahrir est dans son lointain exil quand éclate la guerre civile espagnole en 1936. Dans une lettre à la femme qu’il aime, Maria Duchâteau, que le gouvernement colonial a expulsé des Indes néerlandaises en 1932, il s’alarme : « J’ai été totalement abasourdi par les nouvelles de la guerre civile en Espagne […]. Je considère que c’est de loin le fait le plus important en Europe, y compris tous les débats à la Société des Nations sur le réarmement allemand. En Espagne vient de commencer la nouvelle série d’événements qui s’étend déjà à la France et à la Belgique, et va se propager à travers toute l’Europe. Si les forces démocratiques parviennent à se maintenir en Espagne, le reste de l’Europe et la Hollande elle-même ne seront pas immunisés contre cette vague de rajeunissement de la démocratie ; si au contraire ce sont les réactionnaires qui l’emportent en Espagne, la marche triomphale du fascisme à travers le monde entier s’en trouvera accélérée et la défaite des démocraties s’annoncera en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Et alors, c’est vraiment le chaos qui nous attend, alors la barbarie va faire du monde un enfer encore bien pire et on assistera à un anéantissement en vies humaines plus important que jamais. Alors ce ne sera pas seulement un déclin de l’Occident, mais du monde entier, parce que nous avons ici en Orient les grandes réserves de chair à canon et parce que nous avons ici aussi un supranationalisme : le fascisme au Japon. »*
Sjahrir a alors 27 ans. À l’époque, les habitants indigènes de la colonie avaient une image positive des Japonais. En effet, parmi ces derniers, ceux qui vivaient dans les Indes néerlandaises, notamment les médecins ou les photographes, avaient un comportement respectueux et sympathique envers les indigènes qui contrastait avec l’attitude arrogante et méprisante des « Blancs ». Sjahrir, lui, ne s’y était pas trompé. Il était informé des atrocités commises par les Japonais en Chine et avait compris la nature fasciste du militarisme japonais. Cette intelligence politique chez un jeune indigène isolé dans une île de l’est de l’archipel qui se tenait néanmoins informé de la situation en Europe est admirable.

Vers l’indépendance

En mai 1940, l’armée allemande envahit les Pays-Bas, dont le gouvernement s’exile à Londres. Dans les Indes néerlandaises, le gouvernement colonial instaure la loi martiale. En septembre, un pacte scelle l’alliance de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste avec le Japon militariste et expansionniste. Le 7 décembre 1941, l’aéronavale japonaise attaque Pearl Harbor. Les Pays-Bas déclarent la guerre au Japon. En janvier 1942, les troupes japonaises débarquent dans les Indes néerlandaises. Elles sont accueillies en libérateurs par la population indigène. C’est la fin du colonialisme néerlandais dans l’archipel.
La campagne de Guadalcanal, une des îles Salomon à l’est de la Nouvelle-Guinée, commencée en août 1942, est la première offensive alliée d’envergure dans le Pacifique. Le Japon décide que priorité doit désormais être donnée à la mobilisation de masse dans les territoires qu’il occupe. En 1944, le Premier ministre japonais, Koiso, promet l’indépendance aux Indonésiens. En avril 1945, les autorités d’occupation des Indes néerlandaises créent l’Organisation pour l’investigation sur les efforts de préparation de l’indépendance de l’Indonésie (Badan Penyelidik Usaha Persiapan Kemerdekaan Indonesia). Le but de cet organisme est en réalité d’obtenir le soutien de la population de l’archipel à l’empire du Japon en lui promettant l’indépendance. Il est constitué de soixante-deux membres, cinquante-trois Indonésiens et neuf Japonais. Parmi les membres indonésiens figurent notamment Soekarno et Hatta.
Les bombes atomiques de Hiroshima et de Nagasaki vont précipiter la capitulation du Japon, qui a lieu le 15 août 1945. Le lendemain, un groupe de jeunes gens enlèvent Soekarno et Hatta. Ils souhaitent que ceux-ci proclament l’indépendance en dehors de l’organisation créée par l’occupant japonais. Après de longues discussions, les deux hommes acceptent et proclament l’indépendance de l’Indonésie le 17 août au matin.
Fin septembre, des troupes alliées débarquent à Java et à Sumatra, avec pour tâche de désarmer les Japonais. Mais l’opinion indonésienne est persuadée que ces troupes ont également pour mission d’aider les Pays-Bas à rétablir leur contrôle sur leur ancienne colonie. À Surabaya dans l’est de Java, des incidents éclatent entre des groupes de miliciens indonésiens et les troupes britanniques. Un affrontement s’ensuit qui fait plus de 6 000 morts et des dizaines de milliers de réfugiés du côté indonésien. Cette bataille devient le symbole de la résistance nationale. Les Britanniques estiment que toute tentative de retour à l’ordre colonial se heurtera à une farouche résistance de la part des Indonésiens. Ils en prennent acte et décident de ne plus prendre parti dans la confrontation qui s’annonce entre la République d’Indonésie et l’ancienne puissance coloniale. Ils quitteront l’Indonésie un an plus tard.

Premier ministre éphémère

Dans ce contexte, Sjahrir publie en novembre un pamphlet intitulé Notre lutte (« Perjuangan Kita »), dans lequel il expose la nécessité d’une révolution indonésienne qui soit socialiste, démocratique et antifasciste. Il est nommé Premier ministre, alors que Soekarno et Hatta, en raison de leur collaboration avec l’occupant, sont contraints de rester au second plan. Les Néerlandais ne pouvaient plus prétendre que la République d’Indonésie était dirigée par un gouvernement de collaborateurs. En décembre, Sjahrir fonde le Parti socialiste avec Amir Sjarifuddin, qui avait aussi dirigé un mouvement de résistance sous l’occupation japonaise.
Pendant leur occupation de l’Indonésie, les Britanniques font pression sur les Néerlandais pour qu’ils négocient avec les Indonésiens. En novembre 1946, les deux parties se réunissent à Linggarjati, une station de montagne dans l’ouest de Java. Un accord est signé par le Premier ministre Sjahrir et Hubertus van Mook, lieutenant-gouverneur général des Indes néerlandaises. Par cet accord, les Pays-Bas, qui occupent Bornéo et l’est de l’Indonésie, reconnaissent la souveraineté de facto de la République d’Indonésie sur les îles de Java, Madura et Sumatra. Les deux parties s’engagent à coopérer pour établir des « États-Unis d’Indonésie » en 1949.
L’accord de Linggarjati ne plaisait pas à tout le monde au sein du Comité national central indonésien, le KNIP (Komite Nasional Indonesia Pusat), un organisme créé pour assister le président. Au sein du KNIP, l’aile gauche retire son soutien à Sjahrir. Son dirigeant est nommé Premier ministre en juin 1947. Sjahrir part pour l’étranger et les Nations Unies.
*Début 1946, le gouvernement indonésien s’installe à Yogyakarta dans le centre de Java.
En juillet, les Néerlandais lancent depuis leurs bases à Jakarta*, Bandung et Surabaya une offensive qu’ils appellent « Action de police » (« Politionele actie ») pour s’emparer des plantations de Java. À Sumatra, de leurs bases à Medan et Palembang, ils occupent les champs pétroliers et les mines de charbon. Leur objectif est de contrôler les ressources naturelles de l’archipel, car ils avaient besoin de financer leur intervention militaire en Indonésie. La réaction des Américains et des Britanniques les empêche de s’attaquer au reste des territoires « républicains » (c’est-à-dire indonésiens). Les Pays-Bas acceptent un cessez-le-feu demandé par les Nations Unies, qui autorisent alors Sjahrir à prendre la parole.
Sutan Sjahrir (au milieu), dans le fond avec les lunettes et sans chapeau, Soemitro, le père de l'actuel président indonésien Prabowo Subiante, en août 1947 aux Nations Unies. (Crédit : DR)
Sutan Sjahrir (au milieu), dans le fond avec les lunettes et sans chapeau, Soemitro, le père de l'actuel président indonésien Prabowo Subiante, en août 1947 aux Nations Unies. (Crédit : DR)

« Grand format »

De retour en Indonésie, Sjahrir se sépare d’Amir Sjarifuddin pour former son propre Partai Sosialis Indonesia (PSI). Mais moins d’un an après la signature de l’accord du Renville, le 19 décembre 1948, des troupes aéroportées néerlandaises, embarquées à Semarang sur la côte nord de Java, s’emparent de l’aérodrome de Maguwo près de Yogyakarta. C’est la seconde « Action de police » (« Politionele actie »), baptisée « Corbeau » (« Operatie Kraai »). Les militaires néerlandais arrêtent le gouvernement indonésien, dont le président Soekarno, le vice-président Hatta et Sjahrir. IL faut souligner alord que le corps expéditionnaire néerlandais de 120 ou 150 000 hommes acheminés depuis les Pays-Bas était doté de l’équipement le plus moderne, alors que l’armée indonésienne ne possédait que des armes prises aux Japonais au moment de leur capitulation.
Soldats de l'armée indonésienne lors du cessez-le-feu de 1949 avec les Néerlandais. (Wikimedia Commons)
Soldats de l'armée indonésienne lors du cessez-le-feu de 1949 avec les Néerlandais. (Wikimedia Commons)
Cette violation de l’accord va susciter l’indignation de la communauté internationale, au premier chef les États-Unis, qui menacent de cesser l’aide à la reconstruction dont bénéficient les Pays-Bas. Un cessez-le-feu est appliqué en août 1949 et une conférence, dite de la Table Ronde, débute à La Haye. Le 27 décembre, les Pays-Bas transfèrent formellement aux Indonésiens la souveraineté sur leur ancienne colonie.
Les années 1950 sont marquées par une grande instabilité politique, avec de nombreux changements de cabinet et plusieurs rébellions. En 1955 se tiennent les premières élections de l’histoire de l’Indonésie. La participation est de plus de 91 %. Quatre partis : le PNI soekarniste, le Masjumi démocrate-musulman, le parti musulman Nahdlatul Ulama et le PKI (parti communiste) totalisent près de 78 % des voix. Le PSI de Sjahrir n’en obtient que 2 %.
Le résultat de ces élections n’apporte aucune solution à l’instabilité politique. En 1957, Soekarno prend un tour autoritaire et lance la « démocratie dirigée ». Début 1958 à Padang, dans l’ouest de Sumatra, éclate la rébellion du Gouvernement révolutionnaire de la République d’Indonésie (Pemerintah Revolusioner Republik Indonesia, PRRI), à laquelle participent des membres du Masjumi et du PSI, contre la volonté des dirigeants de ces partis, Sjahrir en premier. Ce dernier est mis en résidence surveillée. Son parti est interdit en 1960, ainsi que le Masjumi. Il est finalement arrêté sans jugement en 1962. En prison, il est atteint d’un AVC. Il est autorisé à se faire soigner aux frais du gouvernement à Zurich, où il meurt le 9 avril 1966. Il avait 57 ans.
L’écrivaine Clara Malraux avait rencontré Sjahrir en 1961 à Jakarta. Ils avaient en effet un ami commun, l’écrivain néerlandais Edgar du Perron, né aux Indes néerlandaises et proche du mouvement national indonésien. Dans son livre Java Bali paru en 1963, elle dit avoir parlé à un homme « grand format ».
Par Anda Djoehana Wiradikarta

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A propos de l'auteur
Anda Djoehana Wiradikarta est enseignant et chercheur en management interculturel au sein de l’équipe « Gestion et Société ». Depuis 2003, son terrain de recherche est l’Indonésie. Ingénieur de formation, il a auparavant travaillé 23 ans en entreprise, dont 6 ans expatrié par le groupe pétrolier français Total et 5 ans dans le groupe indonésien Medco.