Revue de presse Chine - 31 octobre 2016

La Chine encore loin des Etats-Unis et de la Russie sur le marché des ventes d'armes

Malgré l'ouverture du Salon aéronautique de Zhuhai, la Chine ne devrait pas voir évoluer sa place dans le classement mondial des pays exportateurs d'armes. Copie d'écran du South China Morning Post, 31 octobre 2016.
Malgré l'ouverture du Salon aéronautique de Zhuhai, la Chine ne devrait pas voir évoluer sa place dans le classement mondial des pays exportateurs d'armes. Copie d'écran du South China Morning Post, 31 octobre 2016.
South China Morning Post – Les équipements militaires chinois s’exposent dans l’espoir de conquérir le monde. Le salon aéronautique annuel de Zhuhai (dans la province méridionale du Guangdong) va ouvrir ses portes demain mardi 1er novembre pour six jours : il présentera de nombreuses nouvelles armes Made in China à de potentiels acheteurs asiatiques ou africains. L’occasion pour le quotidien hongkongais de revenir longuement sur la production militaire chinoise.

Avec plus de 700 exposants venus de plus de 42 pays – dont 400 venus du seul continent chinois, le salon de Zhuhai présentera plus de 900 nouveaux modèles d’armement chinois. Et alors que les experts notent que la qualité des marchandises de Chine s’est fortement appréciée ces dernières années, les producteurs du pays luttent toujours pour s’imposer au plus haut niveau dans un marché fortement dominé par les Américains et les Russes.

Pour Jonathan Holslag, directeur de recherche à l’Institut bruxellois des études chinoises contemporaines, les difficultés financières des pays acheteurs jouent à plein lors de l’acquisition de nouveaux équipements militaires : « Il y a une concurrence féroce et de très nombreux pays sont prêts à faire des offres à des prix cassés. » Mais ce n’est pas le seul écueil, poursuit le chercheur : « La vente d’équipements militaires est conditionnée à des services d’entretien et de formation et dans ce domaine, la Chine a encore un long chemin à parcourir. »

Egalement, comme le rappelle le South China Morning Post, les producteurs chinois devraient avoir de grandes difficultés à réaliser des ventes du fait des échecs récents de leurs produits. Ainsi, en septembre dernier, lors d’un exercice en mer de Java auquel assistait le président indonésien en personne, des missiles antinavires C-705 d’origine chinoise n’avaient pas réussi à atteindre leurs cibles. Les autorités indonésiennes ayant acheté les licences de ce missile, destiné à être produit localement en 2017 ou en 2018, cet échec « pourrait avoir à court terme un impact négatif sur les ventes internationales d’armes fabriquées en Chine », selon des experts militaires chinois cités par le quotidien hongkongais.

Ainsi, d’après Zhou Chenming, chercheur à l’institut d’études stratégiques et de défense Knowfar dans la province du Jiangsu, « de nombreux pays africains ou asiatiques décident d’acheter des armes à la Russie ou aux Etats-Unis en raison des garanties de sécurité, garanties que la Chine est à ce jour incapable de donner ». Cet avis est partagé par Rajeev Ranjan Chaturvedy, professeur associé à l’Institut d’études sud-asiatiques de l’Université nationale de Singapour : « L’industrie militaire chinoise s’est agrandie sans pour autant que la qualité des produits soit devenue meilleure. » Mais la qualité des produits ne fait pas tout, ajoute-t-il :« Les principaux acheteurs d’armes manquent de confiance politique dans le gouvernement chinois. »

Aujourd’hui, plus de deux tiers des pays africains utilisent des armes fabriquées en Chine ; mais pour autant, la part du pays dans les exportations mondiales n’est que 5,9 % pour la période 2011-2015 selon les derniers chiffres de l’institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), très loin derrière les Etats-Unis et la Russie – les deux géants du secteur. Selon ce rapport, la Chine a armé 37 pays entre 2011 et 2015 mais 75 % de ces exportations sont au profit de pays d’Asie du Sud ou d’Océanie avec dans l’ordre : le Pakistan (35 %), le Bangladesh (20 %) et enfin la Birmanie (16 %).

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