Revue de presse Pakistan - 12 octobre 2016

Pakistan : le dernier appel d'Asia Bibi examiné par la Cour suprême

Asia Bibi est dans le couloir de la mort pakistanais depuis six ans. Copie d'écran du Dawn, le 12 octobre 2016.
Asia Bibi est dans le couloir de la mort pakistanais depuis six ans. Copie d'écran du Dawn, le 12 octobre 2016.
Dawn – Voilà six ans qu’elle est dans le couloir de la mort. Asia Bibi, une Pakistanaise chrétienne condamnée à la peine capitale pour blasphème, doit voir son cas réexaminé jeudi 13 octobre par la Cour suprême. Si cette dernière rejette l’appel, l’accusée ne pourra plus espérer qu’une grâce présidentielle. Depuis six ans, Asia Bibi est devenue le symbole des dérives de la loi réprimant le blasphème au Pakistan, où l’islam est religion d’Etat. Si elle prévoit la peine de mort pour les personnes reconnues coupables, de simples accusations se terminent souvent par des lynchages. Or, selon les détracteurs, la loi est régulièrement utilisée pour régler des conflits personnels, en diffusant de fausses accusations. C’est ce qui est arrivé à Asia Bibi, dénoncée par une musulmane après une dispute au sujet d’un verre d’eau.

En 2011, le gouverneur de la province du Pendjab, Salmaan Taseer, a été abattu par son garde du corps pour avoir défendu la cause d’Asia Bibi. Son bourreau a ensuite été exécuté provoquant la colère des extrémistes. Il est à présent considéré comme un héros et un monument en son honneur a été construit près d’Islamabad.

Mais l’affaire a eu un retentissement international. En 2010, le pape Benoît XVI avait publiquement demandé la libération d’Asia Bibi. Cinq ans plus tard, son successeur Francois avait reçu sa fille aînée. Selon Human Rights Watch, 17 personnes se trouvent actuellement dans le couloir de la mort pour blasphème au Pakistan mais personne n’a encore été exécuté. « Il ne fait aucun doute que ce qui est en jeu est véritablement l’âme du pays et de la société pakistanaise : le Pakistan respecte-t-il les droits des plus vulnérables ? Défend-il ces droits contre de fausses accusations, même quand elles touchent à des thèmes sacrés pour la plupart des Pakistanais ? », lance Mustafa Qadri, expert des questions de droits de l’homme. Une décision en faveur d’Asia Bibi « enverrait un message fort au monde, celui que le Pakistan respecte l’Etat de droit et pas la rue. »