Revue de presse Chine - 29 septembre 2016

Chine : Wanda, la firme de l'homme le plus riche de Chine, dans un scandale de corruption

La compagnie est sous les feux des projecteurs après projecteurs après avoir racheté une part majoritaire dans Legendary Entertainment, célèbre société de production cinématographique. Copie d'écran du South China Morning Post, le 29 septembre 2016.
La compagnie est sous les feux des projecteurs après projecteurs après avoir racheté une part majoritaire dans Legendary Entertainment, célèbre société de production cinématographique. Copie d'écran du South China Morning Post, le 29 septembre 2016.
South China Morning Post – A quoi tient la création d’un conglomérat en Chine ? A un pot-de-vin de 300 000 yuans (soit environ 40 000 euros) apparemment. C’est en tout cas ce qui ressort des minutes du procès pour corruption de l’ancien chef du Parti communiste du district de Xigang à Dalian dans le Liaoning. C’est ce même district qui fut aussi pendant longtemps le siège du groupe Wanda (ou Dalian Wanda), conglomérat aux 90 milliards de dollars de chiffre d’affaires aujourd’hui regroupant des actifs liés au tourisme, à l’hôtellerie et au cinéma. Ces derniers temps, le groupe et son pdg Wang Jianlin – l’homme le plus riche de Chine – se sont trouvés sous les feux des projecteurs après avoir racheté une part majoritaire (contre 2 à 3 milliards d’euros) dans Legendary Entertainment, célèbre société de production cinématographique américaine, faisant suite à leur rachat des salles de cinéma AMC Entertainment pour près de 2,4 milliards d’euros aux Etats-Unis.

Or, si Wang Jianlin a toujours réfuté les accusations de corruption, rappelle le South China Morning Post, arguant que le développement de son groupe n’était dû qu’à « son business model et à ses avantages compétitifs », Wanda se trouve aujourd’hui cité dans cette large affaire de corruption. Le prévenu – Jin Cheng – a été condamné plus tôt dans l’année à 13 ans de prison pour corruption après avoir été reconnu coupable d’avoir accepté pas moins de 17 millions de yuans (soit environ 2,28 millions d’euros) et près de 500 mille euros de dessous de table alors qu’il officiait à la tête du district.

Selon le journal hongkongais, parmi tous ces paiements, il y aurait un pot-de-vin versé il y a 8 ans pour aider à « des opérations commerciales » par un cadre du groupe Wanda – connu seulement sous le nom de Leng. C’est grâce à « l’aide » de l’ancien chef du parti communiste local que le groupe aurait pu entamer sa restructuration – et notamment la fusion entre Dalian Wanda Real Estate et Dalian Wanda Real Estate General – et surtout, sortir du giron de l’Etat pour devenir une compagnie privée.

Pour autant, conclut le quotidien, la cour de justice intermédiaire du comté de Benxi n’a pas accusé la compagnie Wanda d’avoir commis une infraction et les minutes du procès n’indiquent pas si l’intermédiaire Leng a été poursuivi.

En réaction à l’article publié ce jeudi 29 septembre, le groupe Wanda « qui n’était pas au courant jusqu’à la publication » a décidé de licencier celui qui était à l’époque le directeur général de Wanda Commercial Property à Dalian, Leng Chuanjin, fait-il savoir via un communiqué publié sur son site Internet en rappelant que Leng « a agi en son nom ». Le groupe annonce également avoir diligenté un « audit interne » au devant des allégations.