Revue de presse Inde - 27 septembre 2016

Inde : Modi lance la "guerre de l'eau" contre le Pakistan

Couper l'eau de l'Indus au Pakistan entraînerait une crise majeure au Pakistan, totalement dépendant de cette ressource. Copie d'écran du Firstpost, le 27 septembre 2016.
Couper l'eau de l'Indus au Pakistan entraînerait une crise majeure au Pakistan, totalement dépendant de cette ressource. Copie d'écran du Firstpost, le 27 septembre 2016.
Firtspost – La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ? Alors que le Premier ministre indien cherche à venger l’attaque de la base militaire indienne d’Uri dans le Cachemire indien, qui a provoqué la mort de 18 soldats, remettre en cause le traité de l’Indus, qui partage les eaux du fleuve entre l’Inde et le Pakistan, semble s’imposer comme l’une des alternatives à une réponse armée. Et les conséquences pour la Pakistan pourraient être dramatiques. Pour cause, 90% de l’agriculture pakistanaise dépend du bassin de l’Indus. Si l’eau venait à manquer, non seulement la population risquerait la famine mais la principal source d’emplois actuelle disparaîtrait. Le pays en proie à une crise économique et où un tiers des Pakistanais vit déjà dans une situation d’extrême pauvreté serait ainsi « réduit à une pile de déchets et tomberait dans l’anarchie », plaide The First Post.

Hier, lundi 26 septembre, le Premier ministre indien Narendra Modi a organisé une rencontre avec les membres des ministères des Ressources en Eau et des Affaires étrangères afin d’étudier ses possibilités d’action sur le traité de l’Indus, rappelle The Hindu. Si aucune décision visant à abroger le traité n’a été signée, l’Inde a décidé de suspendre les discussions bilatérales avec le Pakistan via la Commission permanente sur le partage de l’Indus, qui officie depuis la signature du traité, quant à la gestion des ressources du fleuve. Modi a cependant affirmé accroître son utilisation des fleuves dans l’Etat du Jammu-et-Cachemire. Le Premier ministre indien fait donc fi des dernières contestations du Pakistan face à la construction d’un important projet hydraulique dans le Cachemire indien. Islamabad avait appelé à soumettre l’affaire à la Cour permanente d’arbitrage de la Haye. En 2013, la Cour avait donné raison à l’Inde. Une décision qu’a refusé le Pakistan, demandant à ce que le dossier soit réétudié.

Quoi qu’il en soit, l’Inde ne pourrait pas rompre unilatéralement le traité de l’Indus, rappelle Dawn, dans un entretien avec un avocat de la Cour suprême. Ce dernier rappelle que les deux Etats doivent s’accorder pour appeler à la suspension du traité. Malgré tout, si l’Inde venait à ne plus en respecter les modalités, Islamabad n’aurait aucune marge de manoeuvre pour obliger New Delhi à limiter ses actions. En revanche, traité ou non, aucun Etat en amont n’a le droit de couper l’accès à l’eau au pays en aval et l’Inde se retrouverait dès lors sous le joug de la loi internationale, commente le quotidien pakistanais.

Lors du sommet de l’ONU à New York, la chef de la diplomatie indienne a réitéré son souhait « d’isoler le Pakistan », rapporte le Firstpost dans un second article. Elle l’accuse de nouveau de favoriser le terrorisme et appelle de fait la communauté internationale à rompre les relations avec Islamabad.