Revue de presse Cambodge - 21 septembre 2016

Cambodge : l'opposition propose une trêve à Hun Sen

Les députés de l'opposition reprennent le chemin de l'Assemblée. Copie d'écran du Cambodian Times, le 21 septembre 2016.
Les députés de l'opposition reprennent le chemin de l'Assemblée. Copie d'écran du Cambodian Times, le 21 septembre 2016.
Cambodian Times – Alors que la semaine dernière le Premier ministre cambodgien Hun Sen déclarait vouloir détruire l’opposition s’il le fallait, cette dernière semble aujourd’hui tendre la main au gouvernement afin d’apaiser la situation. Après quatre longs mois de tensions et de boycott des réunions parlementaires, les députés du Parti pour le sauvetage du Cambodge (CNRP) ont décidé de tenter de mettre un terme à la crise politique que traverse le pays. Hier, mardi 20 septembre, l’un des leaders du parti, So Chhay, a déclaré que les députés reprendraient dès cette semaine le chemin de l’Assemblée nationale. Dans un discours particulièrement conciliant, il a précisé que le Premier ministre appelait au dialogue et qu’il était temps de mettre fin aux différends qui les opposent.

Mais il semblerait que si les 55 députés du CNRP sont prêts à enterrer la hache de guerre, le parti lui-même reste autrement plus prudent. D’autant que plusieurs membres de l’opposition ont été arrêtés et sont toujours en prison. Le premier ministre Hun Sen s’est, quant à lui, félicité dans une lettre publique de ce climat d’apaisement et a déclaré qu’il était temps de revenir à une société « basée sur la non-violence, la retenue et la compréhension mutuelle ».

Les observateurs demeurent perplexes. En effet, ces mots de paix sont en contradiction flagrante avec les déclarations belliqueuses du Premier ministre la veille même, le 19 septembre : il avait alors menacé d’exterminer les opposants s’ils maintenaient leur intention d’organiser des manifestations dans les jours à venir… Un avertissement sans ambiguïté. « Vous ne pouvez pas nous menacer. Qu’il soit bien clair que cela ne fonctionnera pas avec moi comme cela ! a-t-il déclaré. D’ailleurs, n’y pensez même pas ! Si on entre dans ce genre de processus, je serai un véritable chien. (…) Vous avez certes le droit de manifester mais moi j’ai le droit de réagir et de réprimer. »

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