Revue de presse Philippines - 15 septembre 2016

Philippines : Duterte "a ordonné les assassinats" à Davao, selon un témoin

Le président philippin tirerait les ficelles de la "brigade de la mort de Davao", responsable entre autre de l'explosion d'une bombe dans une mosquée en 1993. Copie d'écran du Philstar, le 15 septembre 2016.
Le président philippin tirerait les ficelles de la "brigade de la mort de Davao", responsable entre autre de l'explosion d'une bombe dans une mosquée en 1993. Copie d'écran du Philstar, le 15 septembre 2016.
The Philipine Star – Rodrigo Duterte sera-t-il rattrapé par son passé sanglant à la tête de Davao City ? Surnommé « Dirty Harry of Davao », il ne s’est jamais caché d’avoir initié un mouvement d’enlèvements et d’assassinats dans sa municipalité contre les trafiquants de drogue, notamment. Mais personne n’a jamais pu prouver par un document écrit ou enregistré qu’il avait lui-même mis en place les « escadrons de la mort » chargés de cette campagne. Même si c’est de notoriété publique. C’est donc là que le témoignage d’Edgar Matobato, tueur à gages, pourrait avoir son importance. Avouant faire parti de l’une de ces brigades de la mort, Matobato a assuré agir sous les ordres du président philippin. Il aurait été embauché par Duterte pour intégrer cette brigade, dénoncée par les associations de défense des droits de l’homme comme une justice extra-judiciaire, utilisant illégalement des milices de citoyens armés.

Selon les révélations de Matobato, le président Duterte serait ainsi responsable de l’explosion d’une bombe dans une mosquée en 1993 ou encore de la mort d’un terroriste présumé Salim Makdhum. Interrogé sur ces affirmations, le porte-parole du gouvernement Ernesto Abella a appelé à rester objectif et à peser chacun des propos entendus.

Au cours de sa campagne électorale, Rodrigo Duterte avait promis d’éliminer des dizaines de milliers de criminels autorisant les forces de police à « tirer pour tuer » et poussant les citoyens aux exécutions extrajudiciaires. Depuis juin, le nouveau président traduit en acte sa lutte féroce contre la drogue, puisqu’on estime à plus de 2 000 les exécutions de trafiquants dans tout le pays.