Revue de presse Singapour - 8 septembre 2016

Singapour : un président nommé issu des minorités ?

Les futures élections présidentielles singapouriennes seront marquées par des réformes. Premier objectif : assurer la représentation des minorités. Copie d'écran de Today Online, le 8 septembre 2016
Les futures élections présidentielles singapouriennes seront marquées par des réformes. Premier objectif : assurer la représentation des minorités. Copie d'écran de Today Online, le 8 septembre 2016
Today Online – Le prochain président de Singapour sera-t-il issu des minorités ? Les membres du Parlement et des représentants des minorités ont accepté les principales lignes de réformes du système électoral proposées par la Commission constitutionnelle. La question de savoir si cette réforme sera valable dès les élections prévues en août 2017 reste cependant en suspens.

Au programme : quatre changements majeurs résume le Straits Times. La première modification vise à garantir la représentation des minorités à la tête de l’État. Rappelons que la société multi-ethnique singapourienne est composée d’après le dernier recensement de 2015, d’une majorité chinoise (74,3 %), de malais (13,3 %), d’indiens (9,1 %) et de 3,3 % d’autres minorités. Si aucun président issu d’une minorité n’a été élu après cinq mandats, soit trente ans, l’élection suivante sera réservée à des candidats issus de ladite minorité. Selon Felix Tan, observateur politique, il faudrait privilégier un candidat issu de la minorité malaise, le seul président en étant issu, Yusuf Ishak, ayant été élu juste après l’indépendance du pays et décédé en 1970 avant la fin de son mandat.

Deuxième projet : durcir les conditions d’éligibilité. Les candidats doivent maintenant justifier de six ans de travail à la tête d’une entreprise capitalisant au moins 500 millions de dollars singapouriens en actions, et s’illustrant dans les secteurs public ou privé. Le candidat potentiel doit aussi avoir dirigé cette entreprise dans les quinze ans précédant l’élection. Enfin, il doit pouvoir assurer que son entreprise a fait du profit pendant cette période.

Ces critères laisseraient notamment de côté deux des trois perdants des dernières élections, Tan Cheng Bock, de l’ancien parti Action du peuple, et Tan Jee Say explique Today Online. Le premier était responsable d’une entreprise mais cette dernière ne capitalisait pas le nombre d’actions nécessaires. Le second est retraité depuis 2001. Au moment de l’élection, il se sera donc écoulé plus de quinze ans.
La troisième réforme vise à donner un pouvoir plus fort à l’organe de conseil du président. Il sera composé non plus de six mais de huit membres élus pour un mandat plus long.

Toutes ces réformes restent cependant en suspens. La dernière réforme proposée par la Commission constitutionnelle est de nommer le prochain président. L’idée : créer un comité d’experts à l’exécutif et nommer un président qui n’aurait alors plus qu’un rôle symbolique rappelle Channel News Asia.

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