Revue de presse insolite - juillet 2016

La face B de l'actu asiatique

Avez-vous déjà vu… une mosquée à roulettes ? Maintenant, oui. Copie d'écran du Bangkok Post, le 5 juillet 2016.
Avez-vous déjà vu… une mosquée à roulettes ? Maintenant, oui. Copie d'écran du Bangkok Post, le 5 juillet 2016.

Affaires de curiosité

Japon : annulation du premier festival du porno en réalité virtuelle pour cause d’affluence

Un Japonais bienheureux découvre le porno en réalité virtuelle. Copie d'écran de Mirror, le 4 juillet 2016.
Un Japonais bienheureux découvre le porno en réalité virtuelle. Copie d'écran de Mirror, le 4 juillet 2016.
Mirror – C’est ce qu’on appelle être victime de son succès. Au Japon, le tout premier festival du porno en réalité virtuelle – Adult VR Fest 01 – a dû être annulé quelques heures seulement après son ouverture. En cause : la foule immense qui s’était pressée aux portes du bâtiment, et que la police craignait de ne pouvoir maîtriser. Seuls « quelques chanceux » auront donc eu la chance de découvrir « les derniers développements en matière de porno en réalité virtuelle », relate Mirror. Mais que les badauds fassent contre mauvaise fortune bon coeur, commente le tabloïd britannique. Si les « robots dotés d’intelligence artificielle » venaient à « se rebeller », qui sait ce qu’il adviendrait des utilisateurs de ces nouveaux gadgets pornographiques ?

Indonésie : un Français cherche des Pokémon… et s’introduit dans une base militaire

Seuls les initiés savent jusqu'où il est possible d'aller pour capturer un Pokémon rare. Copie d'écran du Jakarta Post, le 19 juillet 2016.
Seuls les initiés savent jusqu'où il est possible d'aller pour capturer un Pokémon rare. Copie d'écran du Jakarta Post, le 19 juillet 2016.
The Jakarta Post – Cela fait plusieurs semaines que Jakarta présente Pokémon Go comme une menace pour sa sécurité nationale. Difficile à croire ? Une preuve concrète est pourtant venue illustrer ces propos quelques jours seulement après la sortie de l’application. Romain Pierre, un Français (cocorico !) en quête de Pokémons, s’est en effet malencontreusement introduit… dans une base militaire sur l’île de Java. Il serait passé outre les interdictions lancées à son égard par les soldats, mais il a été relâché par la police quelques heures après son arrestation. C’est le prix à payer lorsqu’un Pokémon rare s’affiche sur son Pokéradar.

Inde : recensement des vaches au Bengale-Occidental

La vache est un animal sacré dans l'hindouisme. Copie d'écran de The Indian Express, le 18 juillet 2016.
La vache est un animal sacré dans l'hindouisme. Copie d'écran de The Indian Express, le 18 juillet 2016.
The Indian Express – Recenser des vaches, voilà qui pourrait prêter à sourire. Mais parce que cette enquête a lieu en Inde, dans la province du Bengale-Occidental, et qu’elle doit se diviser en deux étapes – l’une à partir du mois d’août, la seconde après la fête musulmane de l’Aïd al-Adha – elle trouve tout son sens dans la promotion du nationalisme hindou. Le recensement sera d’ailleurs effectué par le Comité Gau Raksha, proche du BJP – parti de Narendra Modi qui a souvent soulevé l’enjeu du trafic des vaches à la frontière du Bengale-Occidental avec le Bangladesh. Les éleveurs ne pouvant justifier légalement d’une baisse de leur nombre de vaches entre les deux vagues de recensement pourront subir des poursuites. En décembre dernier, le Comité Gau Raksha avait déjà lancé l’opération « mon selfie avec une vache », rapporte The Indian Express.

Bon appétit, bien sûr !

En Inde, l’urine d’une vache coûte plus cher que son lait

L'urine de vache, un nouvel or liquide ? Copie d'écran de Pakistan Today, le 24 juillet 2016.
L'urine de vache, un nouvel or liquide ? Copie d'écran de Pakistan Today, le 24 juillet 2016.
Pakistan Today – Il n’y a pas que le trafic de vaches entre l’Inde et le Bangladesh qui taraude le gouvernement de Narendra Modi. Afin de protéger l’animal sacré dans l’hindouisme, le Premier ministre nationaliste hindou a également favorisé le développement de l’industrie autour des déchets rejetés par les vaches, informe Pakistan Today. Conséquence : un litre d’urine bovine coûte désormais plus cher qu’un litre de lait. Car les deux liquides ne se récoltent pas aussi facilement l’un que l’autre ! Une productrice non loin de New Delhi explique qu’il faut assister les animaux 24 heures sur 24 : « Quand savez-vous qu’une vache va faire pipi » si ce n’est quelques secondes avant qu’elle ne lève la queue, demande-t-elle ? L’urine est alors distillée afin d’en ôter les impuretés et peut servir par la suite à la préparation « d’une trentaine de remèdes » dont des savons, des désinfectants, des nettoyants pour le sol et même… des elixirs pour yoggis.

Corée du Sud : traduire les menus en anglais, un vrai casse-tête pour les autorités

Vous reprendrez bien un peu "d'ours en deuil" ? Euh, pardon, de "soupe de boeuf avec os" ? Copie d'écran du Korea Times, le 14 juillet 2016.
Vous reprendrez bien un peu "d'ours en deuil" ? Euh, pardon, de "soupe de boeuf avec os" ? Copie d'écran du Korea Times, le 14 juillet 2016.
The Korea Times – En Corée du Sud, on ne fait pas les choses à moitié. La preuve : afin de standardiser la traduction des noms de plats coréens, un groupe de travail a été mis en place par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, d’une part, et celui de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales, d’autre part. Le tout avec le concours de l’Institut national de la Langue coréenne, de la Korean Food Foundation, d’experts en alimentation et de locuteurs anglais, chinois et japonais. L’administration coréenne met en cause l’usage intempestif du traducteur Google, qui peut donner des noms de plats incompréhensibles – « six fois » au lieu de « tartare de boeuf » – si ce n’est embarrassants – « maison des anus de poulets » au lieu de « gésiers de poulets frits ». Les traductions standardisées seront disponibles sur le site internet de l’Organisation coréenne du Tourisme, indique le Korea Times

Chine : des pastèques rebondissantes à la chair jaune et au goût de concombre

Un fermier du Hubei a récolté des pastèques bien particulières... Copie d'écran du South China Morning Post, le 27 juillet 2016.
Un fermier du Hubei a récolté des pastèques bien particulières... Copie d'écran du South China Morning Post, le 27 juillet 2016.
South China Morning Post – Des pastèques traditionnelles à la chair rouge ? Très peu pour un agriculteur du Hubei, au centre de la Chine, qui a fait une récolte étonnante cette année. Normales en apparence, ses pastèques rebondissent sur le sol et n’éclatent qu’au bout du troisième lancer, dévoilant leur chair « d’un jaune crémeux » au « goût de concombre »… Ce qui a éveillé l’intérêt des médias locaux. L’agriculteur se défend pourtant d’avoir planté une nouvelle espèce de cucurbitacée. Mais alors que des experts agronomes mènent l’enquête sur ce fruit hybride, plusieurs internautes ont déclaré que ce genre de pastèques étaient fréquentes au Shaanxi, plus au Nord, où elles sont appelées dagua. Rien de bien mystérieux finalement.

Questions d'accessibilité

Ces Japonais qui paient des inconnus pour leur parler de leur vie

Takanobu Nishimoto se fait payer 9 euros de l'heure pour écouter quelqu'un lui raconter sa vie. Copie d'écran du Japan Times, le 26 juillet 2016.
Takanobu Nishimoto se fait payer 9 euros de l'heure pour écouter quelqu'un lui raconter sa vie. Copie d'écran du Japan Times, le 26 juillet 2016.
The Japan Times – Moins cher et plus informel qu’un psy : le Japon propose ses hommes à louer. Tout du moins le site web de Takanobu Nishimoto, qui permet à tout homme ou femme de passer une heure au café avec un ossan – homme entre 45 et 55 ans – afin de lui parler de sa vie, moyennant 1 000 yens (soit presque 9 euros). Créé il y a quatre ans, son réseau comporte désormais une soixantaine d’ossan, dont lui-même. « Ce service est un hobby avant toute chose » explique Nishimoto, dont la clientèle est à 70% féminine. « Ces personnes me demandent juste de leur tenir compagnie une heure ou deux et de les écouter parler. » Etrange ? Pas tant que ça dans un pays où les conventions sociales peuvent empêcher de « parler librement » à sa famille et à ses amis, écrit le Japan Times. Le fait d’entretenir une « relation commerciale » permet de se départir des convenances visant à « ne pas ennuyer la personne que l’on a en face de soi », explique un psychologue. Finalement, l’entreprise de Nishimoto n’est pas moins saine que celles permettant de louer un faux ami, membre de la famille ou collègue de travail…

Indonésie : 18 morts de fatigue pour un embouteillage interminable

En Indonésie, les embouteillages peuvent s'avérer mortels. Copie d'écran du Japan Times, le 9 juillet 2016.
En Indonésie, les embouteillages peuvent s'avérer mortels. Copie d'écran du Japan Times, le 9 juillet 2016.
International Business Times – 18 morts. C’est le triste bilan d’un embouteillage monstre à Jakarta, qui s’est étendu sur 3 jours et 21 kilomètres. La portion d’autoroute reliant Jakarta à Tegal était entièrement congestionnée : des dizaines de milliers d’Indonésiens avaient pris le bus, leur voiture ou leur scooter afin de rentrer chez eux fêter l’Aïd. 12 personnes sont décédées car bloquées dans les bouchons, 5 dans des accidents et 1 d’une autre cause non dévoilée. Les embouteillages ont rendu l’accès des ambulances aux personnes souffrantes d’autant plus difficiles, explique l’International Business Times. Le président Jokowi espère améliorer les infrastructures routières sous deux ans afin d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.

Indonésie : une « mosquée-mobile » pour ne pas manquer la prière

Une mosquée à roulette pour s'adapter au rythme de vie effreiné des Indonésiens. Copie d'écran du Bangkok Post, le 5 juillet 2016.
Une mosquée à roulette pour s'adapter au rythme de vie effreiné des Indonésiens. Copie d'écran du Bangkok Post, le 5 juillet 2016.
Bangkok Post – S’ils causent des morts dans des cas extrêmes, les embouteillages de Jakarta empêchent plus souvent d’effectuer sa prière… C’est fort de ce constat que l’organisation Archipelago Mosque Foundation a développé sa « mosquée-mobile » – une camionette aménagée circulant dans les rues de la capitale et stationnant près des endroits bondés, où les fidèles peuvent se rendre pour prier avec un imam entre 15h et 19h. Objectif : offrir à chaque musulman la possibilité de prier, où qu’il soit, afin que l’islam s’adapte « à la vie du XXIe siecle ». Pendant le Ramadan, l’équipe de la « mosquée-mobile » a même délivré des en-cas aux automobilistes coincés dans les embouteillages une fois venue l’heure de la rupture du jeûne. Avant d’être lancée à Jakarta, l’opération avait déjà rencontré un fort succès à Bandung.
Par Alexandre Gandil, avec Juliette Morillot

Soutenez-nous !

Asialyst est conçu par une équipe composée à 100 % de bénévoles et grâce à un réseau de contributeurs en Asie ou ailleurs, journalistes, experts, universitaires, consultants ou anciens diplomates... Notre seul but : partager la connaissance de l'Asie au plus large public.

Faire un don