Revue de presse Japon - 3 août 2016

Japon : la nouvelle ministre de la Défense pourrait déplaire à Pékin et Séoul

Le choix de Tomomi Inada, membre nationaliste révisionniste, pour le poste de ministre de la Défense pourrait renouveler les tensions entre le japon et ses voisins. Copie d'écran du Japan Times, le 3 août 2016.
Le choix de Tomomi Inada, membre nationaliste révisionniste, pour le poste de ministre de la Défense pourrait renouveler les tensions entre le japon et ses voisins. Copie d'écran du Japan Times, le 3 août 2016.
Japan Times – Une nationaliste à la Défense. Le Premier ministre Shinzo Abe a procédé aujourd’hui, mercredi 3 août, à un remaniement ministériel qui fait débat avec le choix de Tomomi Inada comme ministre de la Défense. L’actuelle présidente du Conseil pour les recherches politiques du Parti Libéral Démocrate, est en effet perçue comme une « révisionniste » et fervente supportrice du temple Yasukuni – sanctuaire considéré comme un symbole du passé colonialiste et nationaliste du Japon – où elle se rend régulièrement. La visite de ce sanctuaire où reposent notamment d’anciens criminels de guerre est ainsi à l’origine de nombreuses polémiques avec les voisins du Japon, particulièrement avec la Corée du Sud et la Chine.

Le Premier ministre japonais avait déjà confié à Tomomi Inada un bon nombre de postes clefs au sein du PLD et du gouvernement. Certains la voient donc comme prochain successeur d’Abe à la tête du PLD, voir même à la tête du pays. La tâche ne sera cependant pas simple pour Inada qui devra se confronter dès sa prise de fonction à d’inextricables problèmes allant des provocations de la Corée du Nord – qui a une fois de plus envoyé un missile en mer du Japon – à la relocalisation de la base militaire américaine de Futenma.

Quant au reste des ministres, 9 d’entre eux ont été reconduits, dont le ministre des Finances Taro Aso, le ministre des Affaires intérieures Sanae Takaichi, le ministre des Affaires étrangères Fumio Kishida et le secrétaire général du Cabinet Yoshihide Suga. Parmi les nouveaux arrivants, Katsutoshi Kaneda est nommé à la Justice et Hirokazu Matsuno à l’Education.

Shigeru Ishiba, actuel ministre en charge de la revitalisation des régions, a lui décliné la proposition d’Abe de garder son poste. Kozo Yammamoto – l’un des juristes conseillers d’Abe sur les Abenomics – prendra sa place. Sorti du gouvernement, Shigeru Ishiba se trouvera plus libre de le critiquer et de se présenter éventuellement au poste de Premier ministre.

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