Revue de presse Malaisie - 1er août 2016

Malaisie : les nouvelles lois sécuritaires entrent en vigueur

Le Premier ministre malaisien Najib Razak en train de saluer à son arrivée à la cérémonie du jour des Guerriers à Putrajaya, le 31 juillet 2016. Copie d'écran du Straits Times, le 1er août 2016.
Le Premier ministre malaisien Najib Razak en train de saluer à son arrivée à la cérémonie du jour des Guerriers à Putrajaya, le 31 juillet 2016. Copie d'écran du Straits Times, le 1er août 2016.
The Straits Times – La démocratie malaisienne est-elle menacée ? Le National Security Council Act, nouvelle législation en matière de sécurité, entre en vigueur ce lundi 1er août en Malaisie – et ravive les inquiétudes des groupes de défense des droits de l’homme. « Nous sommes profondément inquiets… La loi pourrait encourager les violations des droits de l’homme », a déclaré la semaine dernière Laurent Meillan, qui dirige le bureau Asie du Sud-Est du Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme. Que permet au juste cette nouvelle législation ? La possibilité pour le gouvernement de proclamer une « loi martiale virtuelle » dans les domaines dont la sécurité serait jugée « menacée ». Un Conseil de Sécurité nationale, dirigé par le Premier ministre, pourra dès lors suspendre les libertés civiles dans certains « domaines de sécurité » délimités et allouer aux forces de sécurité des pouvoirs considérables. « La loi va résolument instiller la peur chez les personnes qui souhaitent participer à des manifestations », résume ainsi Saiful Wan Jan, à la tête du think tank malaisien Democratic and Economic Affairs.

La nouvelle loi, votée au Parlement en décembre, pourrait servir d’arme pour le Premier ministre Najib Razak afin d’écarter les nombreux défis politiques et légaux auxquels il doit faire face, analyse le Straits Times. Embourbé dans le scandale financier du fonds étaitique d’investissement 1MDB, le chef du gouvernement est accusé d’avoir détourné des milliards de dollars de ce fonds qu’il dirigeait. Un scandale qui lui a valu de très fortes oppositions, sur le plan politique comme dans la rue. En août 2015, des dizaines de milliers de manifestants avaient paralysé la capitale en réclamant sa démission. Actuellement, les autorités de plusieurs pays enquêtent sur ces accusations. La semaine dernière, le ministère américain de la Justice a lancé une opération pour saisir plus de 1 milliard de dollars d’actifs qui auraient été acquis avec l’argent détourné du fonds, notamment par un « responsable politique malaisien de haut-rang » – référence à peine voilée à Najib Razak. La déclaration américaine a ainsi attisé les protestations anti-Najib en Malaisie. Des protestations qui pourraient être muselées grâce à la nouvelle législation.

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