Revue de presse Indonésie - 28 juillet 2016

Indonésie : la nomination du nouveau ministre de la Sécurité déclenche un tollé

La nomination de Wiranto, ancien commandant de l'armée accusé de violations des droits de l'homme est vivement contestée en Indonésie. Copie d'écran du Jakarta Post, le 28 juillet 2016.
La nomination de Wiranto, ancien commandant de l'armée accusé de violations des droits de l'homme est vivement contestée en Indonésie. Copie d'écran du Jakarta Post, le 28 juillet 2016.
Jakarta Post – Indignation en Indonésie. Le président Joko « Jokowi » Widodo est sous le feu des critiques depuis l’annonce de son remaniement ministériel (voir notre Revue de presse du 27 juillet), qui confie le poste de ministre de la Sécurité à Wiranto, ancien commandant des forces armées accusé d’avoir commis des atrocités. Le nouveau ministre, qui s’était présenté aux élections présidentielles en 2014, a été mis en cause par les Nations unies pour des massacres et des violations des droits de l’homme commis au Timor oriental sous l’occupation indonésienne. Cette décision vient contredire la prise de position du président concernant les abus de droits de l’homme du pays dans le passé, rapporte le Jakarta Post.

« La nomination de Wiranto révèle un avenir sombre pour les efforts de l’Indonésie vers une résolution juste des affaires des violations des droits humains », a déclaré Hendardi de l’institut Setara. La Commission des personnes disparues et victimes de violence (Kontras), quant à elle, s’oppose formellement à la décision du président Jokowi, selon le Jakarta Globe. « Kontras pose la question au président Jokowi et au secrétaire d’État : où est votre engagement pour le professionnalisme et le respect des intérêts du peuple, si vous nommez Wiranto ministre ? » a invectivé le commissaire Haris Azhar.
Le général Wiranto est notamment suspecté d’être impliqué dans la tragédie de Trisakti le 12 mai 1998, les fusillades Semanggi I et II (en 1998 et 1999) à Jakarta, qui ont causé la mort de nombreux étudiants, la disparition d’activitistes politiques et notamment le massacre de Biak (1988), en Papouasie. Des centaines de Papous enchaînés avaient alors été jetés dans l’océan. Ces exactions furent niées par les Forces armées spéciales qui déclarèrent qu’ils s’étaient noyés dans un tsunami qui avait eu lieu à 1000 kilomètres de là.