Revue de presse Chine - 27 juin 2016

La Chine a coupé la communication avec Taïwan

Les autorités de Pékin ont révélé avoir suspendu les canaux de communication avec Taïwan depuis le 20 mai. Copie d'écran du New York Times, le 27 juin 2016.
Les autorités de Pékin ont révélé avoir suspendu les canaux de communication avec Taïwan depuis le 20 mai. Copie d'écran du New York Times, le 27 juin 2016.
Global Times – Coup de tonnerre dans les relations interdétroit. Le porte-parole du Bureau des Affaires taïwanaises, An Fengshan, a annoncé samedi 25 juin que les « mécanismes de communication » entre l’île et le continent avaient été coupés par Pékin dès le 20 mai, date d’investiture de Tsai Ing-wen. En cause : « l’incapacité » de la nouvelle présidente taïwanaise à reconnaître le « Consensus de 1992 », principe selon lequel Taïwan et le continent font partie d’une même Chine, et sur lequel s’est fondé le rapprochement entre Pékin et Taipei sous la présidence taïwanaise de Ma Ying-jeou (2008-2016). Tsai Ing-wen souhaite maintenir le statu quo entre les deux rives du détroit de Taïwan dans le cadre de la constitution de la République de Chine (nom officiel de Taïwan), qui consacre également le principe d’une seule Chine mais laisse une marge de manoeuvre bien plus importante à Taipei, explique le South China Morning Post.

Le parti de Tsai (Parti démocrate progressiste, DPP) n’a pas tardé à réagir. Dès dimanche, ses députés ont assimilé la décision continentale à du « chantage » et à de la « coercition », révèle le China Post. Le président du groupe DPP au Parlement, Wu Ping-jui, a ainsi déclaré que la Chine cherchait à « forcer la main de Taïwan » : « Cela signifie-t-il que [Pékin] veut décider pour nous ? Cela ne se fait pourtant dans aucun pays démocratique… »

D’après le New York Times, l’annonce chinoise « ouvre une nouvelle campagne de pression sur Taïwan » afin d’imposer son propre cadre pour le développement des relations interdétroit. Pékin pourrait ainsi tenter d’imposer des restrictions sur le tourisme continental à destination de l’île, ou encore de rallier à sa cause les derniers alliés diplomatiques de Taïwan à coups de promesses d’investissements lucratifs.

L’annonce d’An Fengshan est d’ailleurs intervenue au moment où Tsai Ing-wen quittait Taïwan pour se rendre au Panama, première étape de sa tournée américaine. Elle a notamment abordé la question de la coopération sécuritaire avec ses alliés diplomatiques centraméricains : les présidents panaméen, guatémaltèque, dominicain et hondurien, ainsi que le vice-président salvadorien, rapporte Focus Taiwan.