Revue de presse Inde - 20 juin 2016

Inde : le gouverneur de la Banque centrale ne briguera pas de second mandat

C'est une première depuis la libéralisation économique du pays : le gouverneur de la Banque centrale indienne ne briguera pas de second mandat. Copie d'écran du Financial Times, le 20 juin 2016.
C'est une première depuis la libéralisation économique du pays : le gouverneur de la Banque centrale indienne ne briguera pas de second mandat. Copie d'écran du Financial Times, le 20 juin 2016.
Financial Times – Il était connu pour avoir « prédit la crise des subprimes ». Raghuram Rajan quittera la tête de la Banque centrale indienne en septembre et retournera enseigner à l’université de Chicago. « C’est un choc pour tout le monde », affirme un analyste politique basé à New Delhi cité par le Financial Times. Contrairement à la coutume depuis la libéralisation des marchés indiens, le Premier minsitre Narendra Modi refuse de reconduire le chef de la Banque centrale pour un second mandat. Les succès de Raghuram Rajan et sa personnalité appréciée des investisseurs auraient pu faire trop d’ombre au chef du gouvernement, suppose le quotidien britannique. Comparé à James Bond lors de son investiture en 2013, Rajan est en effet considéré comme l’homme qui a « restauré la stabilité macroéconomique indienne ». Mais il s’est également attiré les foudres de certains grands groupes industriels, mécontents du « ménage » organisé dans le secteur bancaire par Rajan, notamment en matière de prêts irrécouvrables.

Sur le site indien Firstpost, le commentateur politique K Yatish Rajawat écorche l’image d’un Raghuram Rajan sauveteur de l’économie indienne. Certes, il s’agit d’un « homme fort », ce qui lui a valu une forme de désapprobation par les autorités de New Delhi. Mais malgré son action, le système bancaire indien continue d’être « dysfonctionnel », miné par des « créances douteuses », de « piètres bilans », et « incapable de diversifier ses opérations de prêts ou d’accorder des crédits là où cela s’avère nécessaire ». Une tribune qui dissonne dans une masse de papiers élogieux.

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