Revue de presse Inde - 3 juin 2016

Inde : l'affaire de la Gulbarg Society "montre le besoin de société civile"

Le verdict a été rendu dans l'affaire qui avait vu la découverte de 69 cadavres en 2002. L'occasion pour le Firstpost de souligner l'importance de la "société civile". Copie d'écran de “Firstpost”, le 3 juin 2016.
Le verdict a été rendu dans l'affaire qui avait vu la découverte de 69 cadavres en 2002. L'occasion pour le Firstpost de souligner l'importance de la "société civile". Copie d'écran de “Firstpost”, le 3 juin 2016.
Firstpost« Les 24 personnes condamnées dans l’affaire de la Gulbarg Society nous montrent combien il est important d’avoir une société civile vibrante pour faire fonctionner la démocratie. » C’est ainsi que s’ouvre l’article du quotidien indien Firstpost. L’affaire de la Gulbarg Society remonte à 2002, lorsque 69 cadavres avaient été découverts dans le quartier de Gulbarg, dans la ville d’Ahmedabad. En février 2002, une foule d’Hindous avait attaqué la Gulbarg Society, le quartier musulman de Chamanpura. Ces violences répondaient à la mort de 59 pèlerins hindous décédés dans l’incendie d’un train qui aurait été commis par des musulmans. Sur les 66 personnes poursuivies, seules 24 ont été condamnées – les autres ont toutes été relaxées.

Firstpost se satisfait tout de même que « 14 années de travail laborieux, en dépit de risques et de menaces, [aient] débouché sur un semblant de sentiment de justice pour les survivants ». Le journal indien rappelle que les massacres se sont tenus dans la province du Gujarat, à l’époque gouvernée par Narendra Modi, l’actuel Premier ministre indien. Mais Firspost égratigne aussi le parti du Congrès, principale force d’opposition au BJP de Modi, jugé peu aidant envers les survivants du massacre.

Pour le quotidien, c’est à la société civile indienne que revient le mérite d’avoir soutenu les familles toutes ces années. D’où la question suivante : « Pourquoi le gouvernement Modi continue-t-il d’affaiblir la société civile alors que le système politique est tellement mis à mal ? » Les partis politiques, affirme Firstpost par ailleurs, n’ont jamais protégé les droits de l’homme en Inde, mais ont plutôt « contribué à les violer ». La société civile a néanmoins toujours comblé le vide laissé par les partis et pris la défense des personnes qui ont vu leurs droits bafoués. Conclusion de cet article à charge contre le milieu politique indien : « Sans une société civile vigilante, l’Inde serait encore une plus mauvaise démocratie. »

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