Revue de presse Cambodge - 31 mai 2016

Cambodge : accord conclu entre la police et l'opposition, les tensions restent vives

La police, équipée de bombes lacrymogènes et de tenues anti-émeute, bloque la route qui mène au Palais royal. Copie d'écran du “Phnom Penh Post”, le 31 mai 2016.
La police, équipée de bombes lacrymogènes et de tenues anti-émeute, bloque la route qui mène au Palais royal. Copie d'écran du “Phnom Penh Post”, le 31 mai 2016.
Phnom Penh Post – C’est une manifestation qui n’aura pas lieu. Environ 1 000 personnes étaient attendues ce mardi 31 mai devant le Palais royal du Cambodge pour présenter une pétition au roi Norodom Sihamoni. Motif de l’indignation : les intimidations récurrentes du gouvernement face à l’opposition. Mais un accord conclu entre la police et le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), dans l’opposition, a empêché la manifestation d’avoir lieu. C’est finalement un convoi de parlementaires issus du CNRP qui est venu présenter au roi ladite pétition.

Les pressions du Premier ministre cambodgien Hun Sen contre l’opposition s’exercent en vue des élections générales de 2018, selon l’agence de presse américaine Associated Press. Lui qui est à la tête du gouvernement depuis 1985 a en effet gagner seulement d’une courte tête lors des dernières élections, en 2013. L’opposition afirme même qu’il aurait pu alors être battu si le vote s’était déroulé sans fraude.

Mais l’accord conclu entre la police et l’opposition n’apaise pas toutes les tensions – notamment celles autour de Kem Sokha, leader du CNRP accusé d’adultère la semaine dernière. Cette importante figure de l’opposition risque non seulement de perdre son siège de député, mais également d’écoper de plusieurs années d’emprisonnement. Le Phnom Penh Post rapporte ainsi que le CNRP menace d’une manifestation de masse si Sokha est arrêté, ce qu’a autorisé le Parlement lors d’une session boycottée par le parti d’opposition la semaine dernière. Or ce boycott invalide le vote des députés, indique un membre du CNRP : une telle décision requiert une majorité des deux tiers en vertu de l’article 80 de la Constitution. De son côté, l’Union européenne, qui a dépensé 10 millions d’euros pour la bonne tenue des élections au Cambodge, demande un « arrêt du harcèlement juriciaire envers les dirigeants de l’opposition et les représentants des organisations de la société civile ».