La Chine va-t-elle changer de modèle de croissance ?

En Chine, une source "qui fait autorité" a informé le Quotidien du peuple que les dirigeants du Parti communiste souhaitent modifier la direction de la politique économique du pays. Copie d'écran du “South China Morning Post”, le 10 mai 2016.
En Chine, une source "qui fait autorité" a informé le Quotidien du peuple que les dirigeants du Parti communiste souhaitent modifier la direction de la politique économique du pays. Copie d'écran du “South China Morning Post”, le 10 mai 2016.
South China Morning Post – L’interprétation des édito du « Quotidien du Peuple » est l’un des jeux préférés des observateurs de la Chine. Ce mardi 10 mai, le South China Morning Post ne boude pas son plaisir. Le site hongkongais relate ainsi le dernier éditorial du quotidien officiel du PC chinois : selon une « source qui fait autorité », les dirigeants chinois souhaiteraint modifier l’orientation de la politique économique du pays. Une économie alimentée par la dette pourrait provoquer une crise financière, affirme en substance le Quotidien du Peuple. Il s’appuie donc sur une « source proche du pouvoir », pour qui stimuler la croissance par l’injection de crédit revient à faire « pousser un arbre dans l’air ». Est-ce le signal d’un changement de modèle de croissance pour la deuxième économie mondiale ?

Ces déclarations anonymes interviennent en effet après que Pékin a injecté au premier trimestre 2016 une quantité inédite de prêts pour booster une croissance au ralenti. Ce qui a non seulement déclenché la flambée des prix de l’immobilier et des marchandises, mais aussi mis en veille tout projet de restructuration économique, et notamment de « nettoyage » des créances douteuses. Le South China Morning Post pose la question : qui est derrière cet édito ? Celui qui est visé ne serait autre que le Premier ministre Li Keqiang, qui a porté la politique économique de ces derniers mois. Il se pourrait alors que la « source » soit l’un des conseillers économiques de Xi Jinping, alors que des rumeurs parlent de « lutte des clans » entre le président et son Premier ministre. Tout cela relève pour l’instant de la « pékinologie » dans un régime toujours aussi opaque. Mais les observateurs économiques, eux, sont aux aguets.