Birmanie : les boat-people noyés "n'étaient pas des Rohingya"

Le naufrage d'une embarcation le mois dernier au large de l'Arakan met la lumière sur les musulmans Kaman, ethnie distincte des Rohingyas. Copie d'écran du “Myanmar Times”, le 2 mai 2016.
Le naufrage d'une embarcation le mois dernier au large de l'Arakan met la lumière sur les musulmans Kaman, ethnie distincte des Rohingyas. Copie d'écran du “Myanmar Times”, le 2 mai 2016.
Myanmar Times – Tous les Birmans musulmans de l’Arakan ne sont pas des Rohingyas. S’ils ne se sont pas vu retirer leur citoyenneté et leurs droits électoraux, les Kaman font tout autant les frais de la ségrégation imposée dans l’Etat de l’Ouest birman à la suite des émeutes entre musulmans et Arakanais ethniques en 2012. Conséquence : en voulant fuir les violences, nombre d’entre eux ont perdu leurs papiers et se sont retrouvés dans des camps de déplacés. Ainsi parqués, les Kaman ne peuvent jouir d’une liberté de circulation qu’extrêmement réduite. Cela leur impose, pour rendre visite à leur famille, d’emprunter des voies maritimes dangereuses. Ce qui explique pourquoi – contrairement aux annonces faites précédemment dans les médias, par des diplomates et des officiels – le navire qui s’est échoué le 9 avril au large des côtes arakanaises ne transportait pas des Rohingyas (pas plus que des « Bengalis » selon leur dénomination officielle), mais bien… des Kaman, révèle une enquête du Myanmar Times. Les membres de ce groupe ethnique reconnu par l’Etat birman estiment ainsi être lésés par l’attention portée quasi exclusivement sur le sort des Rohingyas et se considèrent comme les « victimes oubliées » des persécutions religieuses en Birmanie.