Corée du Sud : liaisons dangereuses entre la Maison Bleue, les services secrets et les chaebol

La Korea Parent Federation soutient les réformes et actions les plus contestées du gouvernement. Copie d'écran de “Korea Herald”, le 27 avril 2016.
La Korea Parent Federation soutient les réformes et actions les plus contestées du gouvernement. Copie d'écran de “Korea Herald”, le 27 avril 2016.
The Korea Herald – Le terrain est de plus en plus glissant à un an de l’élection présidentielle. Le gouvernement de Park Geun-hye doit répondre d’accusations de manipulation : la présidente serait en effet impliquée dans des manifestations ultraconservatrices avec le soutien d’un lobby de grandes entreprises, les chaebol, nom des conglomérats surpuissants en Corée du Sud. L’organisateur officiel de ces rassemblements, qui se répètent depuis 2014, est la Korea Parent Federation (KPF). Cette dernière soutient les réformes et les actions les plus contestées de Park : le retour des livres scolaires d’Etat, l’accord compensatoire sur les « femmes de réconfort » (les esclaves sexuelles de l’armée nippone pendant la Seconde Guerre mondiale) signé récemment entre Séoul et Tokyo, ou encore la loi antiterroriste.

Selon la presse locale, la KPF aurait perçu 520 000 wons (450 000 dollars) de la part de la Federation of Korean Industries afin d’orchestrer ces manifestations pro-gouvernement. Cette Fédération est un goupe réprésentant de puissants intérêts privés parmi lesquels les chaebol Samsung ou LG. Le plus grave selon le Sisa Journal cité par le Korea Times, c’est qu’un officiel de la Maison Bleue, le palais présidentiel sud-coréen, aurait demandé au secrétaire général de la Korea Parent Federation d’organiser une manifestation en soutien de l’accord signé par Park avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe sur les « femmes de réconfort ». Jusqu’à présent, Park et la Maison Bleue nient en bloc toutes ces accusations.