Dossier des Taiwanais expulsés en Chine : Taipei et Pékin coopèrent

Pour le président taiwanais, l'affaire n'est pas liée à un déni de souveraineté mais à un problème de coopération . Copie d'écran du “China Post”, le 22 avril 2016.
Pour le président taiwanais, l'affaire n'est pas liée à un déni de souveraineté mais à un problème de coopération . Copie d'écran du “China Post”, le 22 avril 2016.
China Post – À l’issue des négociations entamées par le ministère taïwanais de la justice, dont une délégation s’est déplacée jusqu’à Pékin, une issue au dossier des 45 Taïwanais suspectés de fraude téléphonique internationale a été trouvée. Taipei et Pékin travailleront ensemble pour mener l’enquête sur ces fraudes, a annoncé le gouvernement taïwanais. En l’absence de relations diplomatiques entre Nairobi et Taipei, les 45 Taïwanais arrêtés par la justice du Kenya ont été expulsés le 8 et 12 avril vers la Chine plutôt que vers Taïwan – et le tout sans consulter Taipei. Dans un cas similaire en Malaisie, 18 autres Taïwanais ont connu le même sort. L’affaire a provoqué un tollé à Taïwan, notamment du fait de l’absence de transparence avec laquelle Pékin avait géré ce dossier.

Selon le président sortant Ma Ying-jeou, « cet incident n’est techniquement pas une affaire de souveraineté mais plutôt une affaire de division du travail » relaye de son côté le Taipei Times qui note néanmoins que ce dernier est mécontent du manque de transparence dont fait preuve Pékin sur cette affaire. Et pour cause, un accord signé entre Pékin et Taipei en 2009 (Cross-Strait Joint Crime-Fighting and Judicial Mutual Assistance Agreement) exigerait que chaque délit de ce type donne lieu à des négociations entre les deux gouvernements afin de déterminer quelle partie doit se charger du cas.

« Si la Chine voyait l’affaire comme un problème de souveraineté, elle n’aurait jamais signé cet accord, ou accepté de négocier avec nous » a ajouté Ma, insistant sur l’importance de gérer l’affaire avec sagesse et patience.

Pour Ma Ying-jeou, les peines de la justice taïwanaise considérées « trop légères » par Pékin expliquent l’attitude du gouvernement chinois. Il ne le voit pas comme un moyen de pression face à l’entrée en fonction de la future présidente Tsai Ying-wen le mois prochain.