Thaïlande : les universitaires contre le projet de Constitution

L'opposition des universitaires au projet de Constitution s'organise en Thaïlande où les critiques à l'encontre du texte se multiplient. Copie d'écran du “Bangkok Post”, le 18 avril 2016.
L'opposition des universitaires au projet de Constitution s'organise en Thaïlande où les critiques à l'encontre du texte se multiplient. Copie d'écran du “Bangkok Post”, le 18 avril 2016.
Bangkok Post – Semaine après semaine, le second projet de Constitution thaïlandaise s’attire de nouvelles critiques. C’est au tour d’un groupe d’universitaires, le « réseau des académiciens pour les citoyens », d’organiser leur contestation. Lors d’une conférence de presse à l’université de Thamasat à Bangkok, l’un de ses meneurs, le doyen de la faculté de sociologie et d’anthropologie, Anisorn Anno, s’est positionné contre le projet qui fragiliserait selon lui la démocratie. Expliquant que la Constitution bénéficierait d’abord à un groupe d’individus en particulier et non à l’ensemble de la société, les universitaires ont jugé liberticides plusieurs mesures du texte. Le projet nuit selon eux aux droits du peuple au nom de la sécurité nationale et à la séparation des pouvoirs avec des institutions judiciaires qui domineraient le Parlement et le gouvernment.

Si le projet de loi était rejeté lors du référendum qui doit avoir lieu le 7 août prochain, le groupe demande à ce que le Conseil national pour la paix et l’ordre rende le pouvoir au peuple et appelle à la tenue d’élections législatives. Les réformes seraient ainsi menées par le Parlement nouvellement élu. Le groupe va continuer à organiser des activités et des séminaires pour discuter du projet de Constitution, tout en se conformant à la loi, comme l’a rappelé Anusorn. Un projet de loi qui interdit de faire campagne en faveur ou contre le projet de Constitution, voté par l’Assemblée législative le 7 avril dernier, attend en effet d’être approuvé par le roi. Une loi qui, selon Pichit Likitkijsomboon, autre meneur du mouvement, risque d’être appliquée de manière discriminatoire à la faveur des défenseurs.

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