Thaïlande : le projet de constitution continue de faire des remous

Menaçant, le général et Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-Ocha est certain que son projet de constitution sera adopté par référendum. Copie d'écran du "Bangkok Post", le 12 avril 2016.
Menaçant, le général et Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-Ocha est certain que son projet de constitution sera adopté par référendum. Copie d'écran du "Bangkok Post", le 12 avril 2016.
Bangkok Post – La sonnette d’alarme résonnerait-elle de plus en plus fort en Thaïlande ? Des voix s’élèvent contre le gouvernement militaire et sa main-mise sur le projet de Constitution et l’ajout d’une question au référendum prévu le 7 août qui laissent entrevoir le régime souhaité du Premier ministre Prayuth Chan-ocha. Les membres du Sénat seraient tous nommés par le Conseil national pour la paix et l’ordre, ce qui reviendrait à confier la moitié du pouvoir législatif aux alliés des militaires. Le Conseil souhaiterait également, et c’est l’objet de la seconde question ajoutée au référendum, que le Sénat puisse voter pour choisir le Premier ministre. Dans un éditorial signé par Atiya Achakulwisut, le Bangkok Post rappelle néanmoins que si le Premier ministre semble croire que le projet sera voté sans encombre, ce sont bien les deux principaux partis du pays, les démocrates et le Peua Thai qui se sont opposés au texte et à la question supplémentaire. Et l’éditrice de rappeler qu’aux élections de 2011, les deux partis avaient rassemblé pas moins de 26 milions de suffrages sur 46 millions d’électeurs inscrits.
Une opposition qui agace tout de même le Premier ministre qui a refusé lundi 11 avril de répondre aux Démocrates qui avaient demandé au régime militaire ce qu’il adviendrait si le projet était une nouvelle fois rejeté. Le Premier ministre a également balayé la volonté des partis d’organiser un débat sur le projet de la Constitution. « Que feront-ils si je ne leur donne pas la permission ? Souhaitent-ils être arrêtés ? Ceux qui iront contre le référendum seront condamnés à une peine allant jusqu’à 10 ans de prison. Gardez ça en tête » a-t-il menacé. Certains s’amusent du rapprochement du Peua Thai et des Démocrates pourtant rivaux, mais pour le Bangkok Post c’est peut-être un signe que la résistance s’organise et que le Premier ministre pourrait à l’avenir faire face à plus de défis.