Revue de presse Asie - 11 février 2016

Parc intercoréen fermé, économie indonésienne ouverte et Daech avec les Taliban au Pakistan

Sécurité Sud Coréenne
Mieux vaut mourir dans l'honneur que survivre dans la disgrâce." C'est le dernier message qu'a livré Ray Wong, le chef des "Indigènes" hongkongais et participant aux émeutes de Mong Kok, dans une vidéo postée ce jeudi sur Facebook. Copie d'écran du South China Morning Post, le 11 février 2016.

Asie du Nord-Est

Corée : fermeture du parc industriel de Kaesong

The Chosunilbo – C’était le plus puissant symbole du rapprochement intercoréen. Suite au lancement d’une fusée par Pyongyang dimanche dernier, Séoul a décidé d’interrompre ses opérations dans le parc industriel de Kaesong, en Corée du Nord. Objectif : priver le régime nord-coréen des « millions de dollars qu’il prélève sur les salaires de ses ouvriers » – et tarir une source de financement pour son programme nucléaire. La réaction de Pyongyang ne s’est pas faite attendre : expulsion immédiate des 184 Sud-Coréens présents dans le parc, évacuation des employés nord-coréens vers la ville de Kaesong, imposition du contrôle militaire sur les infrastructures. Le Comité nord-coréen pour la Réunification pacifique a vertement critiqué la décision de son voisin qu’il a qualifiée de « dangereuse déclaration de guerre » et de « déclaration de rupture du dernier lien vital des relations Nord-Sud », rapporte le South China Morning Post.

Hong Kong : le chef des « Indigènes » livre son dernier message

South China Morning Post« Mieux vaut mourir dans l’honneur que survivre dans la disgrâce. » C’est le dernier message qu’a livré Ray Wong, le chef des « Indigènes » hongkongais et participant aux émeutes de Mong Kok, dans une vidéo postée ce jeudi sur Facebook. Il y explique ne plus reconnaître le Hong Kong dans lequel il a grandi, si bien qu’il est incapable de différencier la région administrative spéciale avec le continent. Wong appelle donc le peuple hongkongais à « employer ses propres moyens pour défendre sa mère patrie », avec la même ferveur et la même détermination que lors du mouvement des parapluies. Les membres des « Indigènes » craignent que leur leader ne soit arrêté aujourd’hui, ayant constaté la présence de nombreux véhicules de police devant son lieu de résidence, note le South China Morning Post.

Les jeunes Chinois manqueraient « d’éducation patriorique »

The New York Times – Pas assez patriotes, les jeunes Chinois ? C’est ce qu’estime le ministère de l’Education, d’après une directive adoptée fin janvier et dévoilée mardi par l’agence de presse Xinhua. Son ambition : « instiller l’esprit patriotique » dans « toutes les matières et tous les cursus, depuis le cycle primaire jusqu’à l’université », à savoir « la morale, les langues, l’histoire, la géographie, le sport, et ainsi du suite ». Un vaste programme que Xi Jinping veut étendre au-delà de ses frontières. Car les étudiants chinois à l’étranger sont également concernés via la « constitution d’un réseau de contact multidimensionnel les reliant avec la mère patrie ». Et cela alors même que Pékin est déjà accusé par certains de pression sur ses étudiants en échange.

Japon : les JO de 2020, et après ?

Japan Today – C’est indéniable : la préparation des JO de Tokyo pour 2020 donne un coup de fouet à l’économie nippone. Mais n’est-ce pas une stratégie de court terme ? Cela fait plusieurs mois que des voix dissonantes se font entendre. Car en se focalisant sur 2020, le Japon se détourne des problèmes de fond, lui reproche-t-on : la modernisation de son économie, ainsi que la prise en charge d’une population vieillissante et d’une main-d’oeuvre en réduction constante. D’autant plus que les coûts d’organisation seraient bien plus élevés que les 3 milliards de dollars prévus… Les plus pessimistes prévoient donc un effondrement de l’immobilier voire une crise financière liée à l’explosion de la dette nippone.

Asie du Sud-Est

Indonésie : Jokowi promet une ouverture « spectaculaire » de l’économie aux investissements

Jakarta Globe – Un « big bang ». Voilà comment le président indonésien Jokowi qualifie l’assouplissement des restrictions liées à l’investissement étranger dans 50 secteurs de son économie. Parmi eux : l’agriculture, l’énergie, la communication, les transports et la santé. Il s’agit de la plus importante mesure prise par son gouvernement depuis 6 mois pour stimuler la croissance nationale – et d’un important tournant dans la politique économique indonésienne, traditionnellement protectionniste. L’assouplissement doit notamment permettre à l’Indonésie de se préparer à rejoindre les accords de libre-échange transnationaux comme le TPP, note le Jakarta Globe.

Thaïlande : inquiétudes sur le projet de constitution

Bangkok Post – Dans un entretien exclusif accordé au Bangkok Post, l’un des principaux leaders politiques thaïlandais fait part de ses inquiétudes concernant le projet de constitution actuellement élaboré par un comité de juristes désigné par la junte au pouvoir. Abhisit Vejjajiva, chef du parti Démocrate et ancien Premier ministre, relève notamment une clause du projet qui permet au chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, de conserver ses « pleins pouvoirs » jusqu’à l’installation d’un nouveau gouvernement après des élections à la fin de l’an prochain. Cela veut-il dire que Prayuth pourrait par exemple bloquer la convocation du parlement, s’interroge Abhisit, qui souligne de nombreux autres aspects problématiques du projet de charte fondamentale.

Philippines : le Congrès porte un coup au processus de paix avec les rebelles Moro

Inquirer – Le gouvernement philippin et les rebelles Moro restent confiants. Alors que 17 années de négociations ont enfin abouti à la signature d’un accord de paix en 2014, le Congrès philippin a repoussé le vote de la Bangsamoro Basic Law (BBL), qui doit retranscrire cet accord en droit interne – et permettre la création d’une entité politique autonome au sud de l’archipel. En cause : les débats liés à l’opération antiterroriste Mamasapano, qui avait causé la mort de 44 membres des Forces philippines d’action spéciale et de 15 combattants du Front Moro islamique de Libération en janvier 2015. Le vote de la BBL aura donc lieu après les élections générales du 9 mai, qui modifieront la composition des deux chambres.

Asie du Sud

Inde : le soldat miraculé du Siachen est finalement décédé

The Hindu – Son sauvetage avait suscité une vague d’espoir dans tout le pays. Le soldat indien Lance Naik Hanamanthappa, retrouvé vivant avant-hier après avoir passé 6 jours sous 8 mètres de neige, est finalement décédé ce jeudi 11 février dans un hôpital de New Delhi. Sa condition s’était progressivement dégradée en raison de multiples défaillances d’organes. Le Premier ministre Narendra Modi a salué sa mémoire en twittant : « Il nous laisse tristes et dévastés. RIP Lance Naik Hanamanthappa. Le soldat en vous reste immortel. Fier que des martyrs tels que vous aient servi l’Inde. »

Inde : Ishrat Jahan était bien liée au LeT

The Economic Times – Nouveau rebondissement dans l’affaire Ishrat Jahan. La jeune femme de 19 ans était bien liée au groupe terroriste Lashkar-e-Taiba (LeT) et aurait même projeté d’être kamikaze, a affirmé le terroriste américano-pakistanais David Coleman Headley lors de son procès sur l’organisation des attentats de Bombay (2008). Ishrat Jahan avait été tuée au Gujarat (Etat à l’est de l’Inde) en 2004 avec trois autres hommes par la police locale, soupçonnés d’appartenir au LeT et de vouloir assassiner le ministre-en-chef de l’Etat à l’époque et actuel Premier ministre, Narendra Modi. Une enquête ultérieure menée par le tribunal municipal d’Ahmedabad (Gujarat) a pourtant affirmé que les quatre individus avaient été arrêtés à Bombay avant d’être déportés et tués au Gujarat, et que leurs liens avec le LeT ne pouvaient être formellement établis, indique The Times of India.

Pakistan : les Taliban et Daech main dans la main ?

International Business Times – Ennemis en Afghanistan, alliés au Pakistan ? Selon le chef des renseignements pakistanais, Aftab Sultan, les Taliban (TPP) et Daech travailleraient de concert dans le pays. C’est la première fois qu’un officiel pakistanais reconnaît la présence de Daech sur son sol – plus précisément au Pendjab (Ouest), note Dawn. Aftab Sultan a également souligné que d’autres groupes terroristes pakistanais auraient des accointances avec le groupe Etat islamique : le Lashkar-e-Jhangvi et le Sipah-e-Sahaba notamment.
Par Alexandre Gandil, avec Arnaud Dubus à Bangkok